TFC : « Ils m’attendent tous le lundi matin pour me chambrer »… Pas facile d’être supporteur toulousain cette saison

ILS ONT LA PAROLE Sollicités par « 20 Minutes », des supporteurs du TFC ont confié leur ressenti face à la saison de leur équipe favorite, dernière de Ligue 1 après dix défaites d’affilée, série en cours

Nicolas Stival

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Le TFC vit une saison catastrophique.
Le TFC vit une saison catastrophique. — Pascal Pavani / AFP
  • 20 Minutes a lancé un appel à contributions pour sonder l’état d’esprit des supporteurs du TFC, lanterne rouge de Ligue 1.
  • S’ils entendent rester fidèles à leur équipe, la majorité témoigne d’une incompréhension face à la gestion du club.
  • Certains fans avouent se faire chambrer par leurs proches après chaque nouvelle défaite.

Comme un besoin de s’épancher… Plusieurs dizaines de supporteurs du TFC ont répondu à notre appel à contributions lancé mercredi. Ils étaient invités à s’exprimer sur la saison dans les abysses de leur équipe favorite. La lanterne écarlate de Ligue 1 a perdu ses dix derniers matchs de championnat, et le déplacement de dimanche à Lyon n’incite pas à un fol espoir.

Bien sûr, les joueurs en prennent pour leur grade, mais c’est surtout la direction, et en premier lieu le président Olivier Sadran, en poste depuis 2001, qui est ciblée. « Une page doit se tourner, insiste ainsi Guillaume, 35 ans. Il n’est plus le capitaine de son navire. On ne l’entend plus et on ne le voit plus. » « Ne soyez pas frileux, messieurs les investisseurs, la ville en vaut la peine, poursuit "Nono", 50 ans. Un club compétitif est la garantie d’un minimum de 20.000 spectateurs en moyenne. »

Compétitif, pour l’heure, le TFC est loin de l’être. Car l’exercice actuel n’a rien d’un orage dans un ciel bleu, mais vient après plusieurs années à batailler, déjà, pour ne pas descendre en Ligue 2. Et apparemment, ce n’est pas facile tous les jours d’arborer ses couleurs. « Quand tu portes le survêtement du Tef dans la rue, tu prends des réflexions désobligeantes, assure Guy, 61 ans. Maintenant, je regarde de loin. J’ai du mal à subir les critiques qui viennent de partout. »

Le sexagénaire a trouvé un compagnon de galère en Houari, 40 ans, pas ménagé par ses collègues :

« Ils m’attendent tous le lundi matin à l’hôpital pour me chambrer, je fais partie de ces supporteurs qui sont montés à Angers [épilogue de la remontada signée Pascal Dupraz au printemps 2016]. Et je le répète, on va encore se sauver. »

« Même si je me fais chambrer par les collègues et mon entourage, je resterai supporteur que l’on soit premier en Ligue 1 ou en Ligue 2 », promet Sébastien, 26 ans.

Un problème de transmission

La plupart des fans actuels n’entendent pas lâcher l’affaire, même si « le supporteur de toujours que je suis depuis ma prime adolescence se lamente chaque semaine » (Thierry, 70 ans). Le problème, c’est la transmission, comme le glisse malicieusement Arié, Toulousain de 43 ans expatrié de longue date en Ile-de-France : « Mon fils de sept ans est fan du TFC par héritage depuis tout petit. Bizarrement, il commence de plus en plus à regarder d’autres équipes, comme le FC Barcelone. »

« Vivant depuis toujours en région parisienne, j’ai retourné ma veste et j’ai abandonné le club familial, confesse Al, 40 ans, qui se revendique désormais fan du PSG. Par contre, j’ai beaucoup de peine pour mon père, qui souffre tous les week-ends. Il se martyrise en se plaignant de l’arbitre qui favorise toujours les gros clubs, du ballon qui aurait pu changer le match à deux centimètres près, ou du manque d’âme de cette équipe. »

Serge, 70 ans dont « près de 40 ans comme abonné », amène de temps à autre ses petits-enfants au Stadium. « J’ai du mal à les fidéliser, avoue-t-il. Je ne tiens pas à ce qu’ils se tournent vers Marseille ou le PSG, mais c’est difficile ! Il ne faut pas être surpris de trouver plus de la moitié des spectateurs pour l’OM lorsqu’on accueille ce club ! » En résumé, le moral des supporteurs toulousains est à peu près aussi élevé que l’indice UV à Mourmansk mi-novembre.

Le message d’un supporteur rennais

Mais le réconfort vient parfois d’ailleurs. « Je ne suis pas fan du TFC mais du Stade Rennais, lâche Thibault, 28 ans. Je ne me souviens que vaguement de l’époque où le SRFC faisait l’ascenseur régulièrement dans les années 1990. Dans les années 2000, mon club de cœur a frôlé la relégation [en 2002-2003]. Alors je vous le dis, n’abandonnez pas, continuez de supporter votre équipe, soutenez les joueurs et l’entraîneur même s’ils vont de défaite en défaite. Ne lâchez rien, ils ont besoin de vous. »

Olivier Sadran et Denis Zanko, troisième technicien toulousain de la saison, n’auraient sans doute pas dit mieux.