FC Nantes-Bordeaux : Même plus au sud, Enock Kwateng ne trouve pas encore la lumière

FOOTBALL Le défenseur bordelais doit retrouver la Beaujoire et son club formateur de Nantes, dimanche à 17 h

D.P. avec C.C à Bordeaux

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Enock Kwateng face à Marco Verratti.
Enock Kwateng face à Marco Verratti. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Enock Kwateng a quitté le FC Nantes pour rejoindre les Girondins de Bordeaux l'été dernier.
  • En fin de contrat à Nantes, il était parti libre en Gironde.
  • Le défenseur de 22 ans vit une saison compliquée non seulement sur un plan personnel mais aussi sportif.

Un exode dans l’anonymat qui n’a ni ému les supporteurs, ni généré une levée de bouclier des suiveurs du FCN. L’été dernier, Enock Kwateng a quitté Nantes libre pour s’engager pour quatre ans aux Girondins de Bordeaux. Comme son prédécesseur au poste de latéral droit Léo Dubois, il n’a rapporté aucune indemnité à son club formateur puisque son contrat arrivait à échéance en juin 2019, mais les critiques envers la direction nantaise ont été plus rares que pour le départ du Lyonnais. Souvent la cible des fans sur les réseaux sociaux, le joueur, pas rancunier pour un sou, avait quand même tenu à faire des remerciements entre autres « à la famille Kita, à Matthieu Bideau et Samuel Fenillat [recruteur des jeunes au FCN et directeur du centre de formation], coach Cardoso et coach Vahid et les supporters nantais » à son arrivée en Gironde.

Au FCN, tout n’a pas été rose pour le défenseur, originaire de Mantes-la-Jolie. Passé professionnel en 2015, Kwateng a dû patienter jusqu’à la saison 2018-2019, soit celle juste avant qu’il ne rallie Bordeaux pour enfin réaliser une saison quasi complète en Ligue 1 (30 matchs). Dans l’ordre, Der Zakarian, René Girard, Sergio Conceição et Claudio Ranieri ne lui ont guère fait confiance, lui préférant souvent Léo Dubois. « Son départ de Nantes était inévitable et souhaitable », souffle un de ses proches.

Nantes a voulu (timidement) le prolonger

Les Girondins de Bordeaux sentent très vite le coup (sans indemnité) à réaliser : un latéral droit - poste très prisé par les clubs –, un jeune élément (22 ans à l’époque) et un international (dans toutes les catégories de jeunes). Même si des clubs anglais et allemands manifestent un intérêt et instillent le doute dans son esprit, Kwateng est vite « séduit par le projet bordelais », comme il a pu l’affirmer lors de sa présentation. Le volet financier finit de le décider.

« Il a signé un vrai beau contrat [prime à la signature] alors qu’à Nantes, il était toujours au salaire d’un premier contrat pro », souligne un proche du dossier. La direction du FC Nantes, qui avait déjà laissé partir Léo Dubois libre quelques mois auparavant, revient vainement à la charge avec une proposition de prolongation de contrat, mais referme vite le dossier quand elle se rend compte qu’elle ne pourra pas s’aligner sur la proposition bordelaise.

Une saison compliquée à Bordeaux

L’opération séduction bordelaise est déjà lancée. Le discours de l’entraîneur bordelais Paulo Sousa plaît au joueur, tout comme celui d’Eduardo Macia, directeur du football chez les Girondins. « Ce dernier le suivait déjà du temps où il était à Leicester avec Claudio Ranieri… », rapporte cet ancien proche du joueur. Pour l’anecdote, le technicien italien, même s’il n’a pas beaucoup aligné Kwateng durant sa saison sur le banc nantais, a toujours apprécié le profil du joueur.

Enock Kwateng vit néanmoins une saison mitigée en Gironde. Compliquée sur un plan personnel, inaboutie sur un plan sportif. Contacté, il a répondu à 20 Minutes qu’il n’avait « pas très envie de parler en ce moment ». Le défenseur a vécu un drame. Il vient de perdre son frère à la suite d’une longue maladie. En début de semaine, il a repris l’entraînement après dix jours de repos attribués par la direction des Girondins. « Enock vit très bien dans le groupe depuis son arrivée cet été, confie un proche du vestiaire bordelais. Il s’entend avec tout le monde. Il n’y a eu aucun problème d’intégration. Il n’est pas trop timide, il parle pas mal et ça lui arrive même de prendre la parole avant les matchs dans le vestiaire même s’il joue peu. » En attendant, lors de ses sept titularisations seulement en Ligue 1, Kwateng a globalement donné satisfaction.

« Nous espérons que sur la deuxième partie de saison, il continue à grandir à nos côtés en s’imposant dans le onze titulaire », conclut Eduardo Macia, qui loue la mentalité du joueur. Et Kwateng espère lui accélérer une saison au ralenti et faire décoller une carrière toujours bloquée au stade des promesses.