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TFC : Nombre de points et de défaites d’affilée, défense aux abois… Et si c’était la saison de tous les records ?
FOOTBALL•Statisticien de métier et supporter du TFC, Cédric Granel décrypte pour « 20 Minutes » l'« annus horribilis » que traverse le club, actuelle lanterne rouge de Ligue 1Nicolas Stival
L'essentiel
- Après 18 journées de Ligue 1, le TFC a égalé le record du plus petit nombre de points, mais aussi celui de défaites consécutives, depuis la création du club, en 1937.
- Le statisticien Cédric Granel, alias @TFCDatabase sur Twitter, ne peut que constater les dégâts, match après match.
Dans la vie, Cédric Granel (38 ans) compile des statistiques sur le football pour Canal+. Sur Twitter, il raconte aussi en chiffres la vie du Toulouse FC, via le compte @TFCDatabase. Le trentenaire supporte les Violets depuis le début des années 1990. Un verbe plus que jamais à double sens, en ces temps troublés où l’équipe d’Antoine Kombouaré se traîne à la dernière place de Ligue 1, avant l’ultime rendez-vous de la phase aller, samedi à Nice.
« C’est très compliqué de trouver des stats positives en ce moment », avoue-t-il. La dernière remonte au 9 novembre, et on vous la met ci-dessous, comme une bouffée de bonheur évanoui, car le reste de l’article risque de décourager le plus jovial des fans d’Issiaga Sylla. L’actuel exercice pourrait être en effet le pire du club dans l’élite depuis sa naissance, en 1937.
La lanterne rouge ne compte que douze petits points en 18 journées. « C’est le pire total de l’histoire à ce stade de la saison, à égalité avec 2003-04 », observe Cédric Granel. Voici 16 ans, les Pitchouns d’Erick Mombaerts avaient atteint la trêve avec ce très faible capital. Ils avaient malgré tout réussi à se maintenir à l’issue de la saison, ce qu’aucun club n’avait fait auparavant.
Cependant, les Violets se trouvaient alors sur la dynamique d’une double montée depuis la chute en National en 2001, et les Revault, Aubey et Emana s’étaient préparés à souffrir pour leur retour dans l’élite. Pas sûr que leurs lointains héritiers aient le même mental.
Autre performance historique, le nombre de défaites d’affilée du TFC sur une seule saison de Ligue 1, qui est de huit depuis le revers de samedi contre Reims (0-1), série en cours. On n’en est pas encore au record absolu et antédiluvien de la première division : douze par le CA Paris entre octobre 1933 et janvier 1934. Mais la « perf » des Violets lors de la fin de saison 2004-2005 est égalée. Sauf qu’à l’époque, cette avalanche de défaites avait « simplement » provoqué une dégringolade de la sixième à la 13e place, et pas mis en danger la survie de l’équipe dans l’élite.
Par ailleurs, la formation de Kombouaré a perdu ce week-end son quatrième match de suite à domicile. « C’était déjà arrivé à cheval sur la saison 2004-2005 (trois revers) et 2005-2006 (un), mais sur une seule saison, c’est un record », reprend le statisticien. Il faudra attendre 2020 et la venue de Brest, le 11 janvier, pour voir si Toulouse fait pire.
Une moyenne de deux buts encaissés par match
Et la défense dans tout ça ? Le gardien Baptiste Reynet, pourtant l’un des rares à échapper au naufrage collectif, a déjà encaissé 36 buts, soit deux par match en moyenne. Dans les grands championnats européens, seuls les Anglais de Southampton rivalisent en porosité (36, mais en 17 journées) et les Allemands de Mayence (38 en 15 matchs) font pire.
« C’est le quatrième plus mauvais total de l’histoire à ce stade, après 1946-47 [42 buts], 1950-51 et 1961-62 [37 les deux fois] », développe Cédric Granel. Lors de ces trois lointains précédents, le TFC n’était descendu qu’une fois, en 1951. Mais on parle d’une époque où les scores fleuves étaient beaucoup plus fréquents qu’aujourd’hui.
Entre blessures, suspensions et choix, Alain Casanova et son successeur Kombouaré ont aligné 19 compositions d’équipe différentes en autant de matchs (en comptant le succès à Niort en Coupe de la Ligue), aligné 13 lignes défensives et utilisé dix joueurs différents en défense. Vous avez dit fébrilité ?
Jamais plus de deux entraîneurs dans la même saison
Enfin, si le nombre de buts marqués (19), pas follichon, correspond pourtant à l’exacte moyenne depuis le début de l’ère Sadran en 2001, un autre record « historique » pourrait bien battu, sauf rétablissement de la situation par Kombouaré.
Car si le TFC a déjà changé d’entraîneur à onze reprises en cours d’exercice (L1 et L2 confondus) depuis 82 ans, dont quatre fois depuis mars 2015, jamais le club n’a connu plus de deux techniciens dans la même saison.
Conclusion de cette avalanche de données ? « Je suis très inquiet », lâche simplement Cédric Granel. Tous les supporters toulousains, férus de stats ou pas, le sont tout autant.



















