TFC-Reims : Supporters en colère, dirigeants (presque) muets… Comment la soirée a basculé dans le chaos

FOOTBALL Le TFC a enchaîné une huitième défaite en Ligue 1 ce samedi contre Reims (0-1). Furieux, des supporters se sont dirigés vers la tribune présidentielle, et tout s’est enchaîné

Nicolas Stival, au Stadium de Toulouse

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Des supporters du TFC en colère contre la direction du club à la fin du match de Ligue 1 contre Reims, le 14 décembre 2019 au Stadium de Toulouse.
Des supporters du TFC en colère contre la direction du club à la fin du match de Ligue 1 contre Reims, le 14 décembre 2019 au Stadium de Toulouse. — Pascal Pavani / AFP
  • Battu par Reims au Stadium, Toulouse, dernier de Ligue 1, a concédé sa huitième défaite d’affilée en championnat.
  • Des incidents ont éclaté lorsque des supporters se sont dirigés vers les loges présidentielles.
  • Les dirigeants du TFC ont joué au chat et à la souris avec la presse à la fin du match.

Le TFC, plus que jamais dernier de Ligue 1, a concédé sa huitième défaite d’affilée, samedi contre Reims (0-1). Mais ce n’est pas ce que les 12.577 spectateurs officiellement recensés retiendront de cette soirée au Stadium, qui a basculé après la 80e minute. Au cri de « Direction, démission », une vingtaine de supporters toulousains se sont dirigés vers les loges où se trouvait le président Olivier Sadran. Certains ont pu lui parler, d’autres ont été repoussés de manière musclée par le service de sécurité, initialement débordé par cette initiative.

« On a vu les Indians arriver, témoigne un supporter placé au-dessous du patron du club. On a été surpris, mais pas terrorisés. On comprend qu’ils veuillent exprimer leur mécontentement. » Dans la cohue, une femme a été touchée, a priori au genou. « Un vigile a blessé une maman en bousculant les gens », ajoute le même témoin.

Sadran est d’ailleurs allé s’enquérir de son état, une fois la tension (un peu) retombée. Quelques minutes plus tôt, les ultras des Indians Tolosa avaient déserté leur virage Brice-Taton, après avoir copieusement chanté, et chambré leur club en pleine décrépitude. Petit florilège, parmi les messages les plus chastes : « Vous êtes ridicules », « On va en Ligue 2 », « Merci Sadran », « Et six, et sept, et huit défaites »…

Kelvin Amian : « Il ne faut pas s’en prendre à la direction »

Après coup, le défenseur Kelvin Amian, l’un des rares Toulousains à s’exprimer devant les micros, endossera au nom de l’équipe le fiasco actuel. « C’est à cause de nous, a lâché l’international Espoirs, formé au club. Franchement je les comprends mais il ne faut pas s’en prendre à la direction. » « Je comprends la déception et la colère des supporters mais il faut faire attention à la manière dont on agit, a asséné Antoine Kombouaré. Pour moi, ça ne se fait pas, mais ils sont libres de faire ce qu’ils veulent. Je me concentre sur mon travail. »

Justement, l’entraîneur, débarqué mi-octobre en relais d’Alain Casanova, a parlé sans sourciller des deux matchs à venir cette semaine (mercredi à Lyon en Coupe de la Ligue, samedi à Nice en championnat) et du mercato à venir. Comme si de rien n’était, ou presque. Est-ce qu’il s’inscrit dans la durée, malgré le marasme actuel ? « Ce n’est pas à moi de répondre à cette question », a répliqué le technicien, qui est donc monté avec le TFC dans le grand huit de la lose, après son succès initial face à Lille (2-1).

Oui il a parlé avec le président dans les vestiaires. Mais non, il ne dira pas ce qui s’est murmuré entre casiers et douches.

« Un ultimatum ? L’ultimatum, c’est de faire de notre mieux et de ramener un point de Nice. L’ultimatum, il est là. Je me le mets à moi. Je n’attends pas que le président me mette la pression. »

Et Olivier Sadran dans tout ça ? Chahuté, le patron du club depuis 2001 est longtemps resté dans les vestiaires, avec son bras droit Jean-François Soucasse. Il est passé plusieurs fois devant une dizaine de journalistes, avides d’entendre (enfin) le patron, qui sait si bien les esquiver.

A 22 h 11 très précises, il a fait demander au journaliste de La Dépêche du Midi de monter dans les bureaux du club, avant de le rejoindre. « A tout à l’heure », a-t-il glissé aux autres médias. Allait-il s’adresser à quelqu’un d’autre qu’au quotidien régional, partenaire du club ? « Je n’ai pas dit oui, je ne pense pas. » Effectivement, il ne s’est pas arrêté quand il est repassé en zone mixte environ une demi-heure plus tard, pas plus que Soucasse. Cela ressemble donc à ça, le silence des abysses.