Toulouse : Un jeune joueur des Spacer’s volley visé par des cris racistes?

SOCIETE Abdel-Aziz Doumbia, volleyeur du centre de formation des Spacer’s de Toulouse, aurait été ciblé par des cris de singe lors d'un match de Nationale 2 contre Brive

Nicolas Stival
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Un match de volley. Illustration.
Un match de volley. Illustration. — Juan Mabromata / AFP
  • Avant son match de Ligue A de volley vendredi, le club des Spacer’s Toulouse a fait acclamer son jeune joueur Abdel-Aziz Doumbia.
  • Le 24 novembre, l’espoir de 18 ans aurait été la cible de cris de singe lancés par un spectateur d’une rencontre de l’équipe réserve toulousaine, face à Brive.
  • Dans « La Montagne », le CAB, le supporter incriminé et l’arbitre réfutent tout acte raciste

Vendredi, avant la rencontre de Ligue A de volley contre Chaumont, le jeune Abdel-Aziz Doumbia a été ovationné par le public du Palais des sports de Toulouse. Le club des Spacer’s a voulu ainsi apporter son soutien au réceptionneur-attaquant de 18 ans, ciblé par des insultes dans la même enceinte le 24 novembre, lors d’un match de Nationale 2 (quatrième division) entre la réserve haut-garonnaise et Brive.

L’espoir toulousain, également international U20 de beach-volley, aurait été visé par des cris de singe alors qu’il s’apprêtait à servir. « Ce devait être au troisième set, raconte Benoît Ognier, entraîneur du centre de formation. Quand j’ai entendu ça, j’ai eu un réflexe. Je me suis approché de la tribune et j’ai dit au gars : « Tu vas te taire ! ». Je ne sais pas s’il n’était pas un peu bourré… Mes joueurs, je les protège ! »


Même si, selon des témoins, l’intéressé qui venait supporter l’équipe corrézienne aurait continué à proférer des insultes, en créole, contre le coach toulousain, le match s’est ensuite achevé sans souci supplémentaire.

Un carton jaune pour l’entraîneur

Mais cinq jours plus tard, Ognier se voyait notifier une semaine de suspension par la Fédération de volley. Il avait en effet reçu un carton jaune lorsqu’il s’était emporté contre l’insulteur. Ce qui, combiné à un autre jaune reçu voici moins d’un an, lui a valu cette sanction, dont il devrait faire appel.

Dans la foulée, les dirigeants du club décidaient de se saisir du dossier, et de mettre en avant Abdel-Aziz Doumbia avant le match de Ligue A contre Chaumont. « D’autres jeunes de notre équipe pourraient être ciblés, et c’était important, par rapport à eux et au groupe en général, de rappeler que les Spacer’s ont des valeurs, indique le coprésident Jean Azéma. D’une façon plus globale, on sent bien monter ces attitudes racistes, xénophobes et homophobes dans le sport. »

« Les dirigeants ont décidé de marquer le coup, reprend Ognier, également entraîneur-adjoint de l’équipe première, huitième de Ligue A. Cela me va très bien. Mais si Abdel était avec le groupe pro vendredi, c’est parce qu’il le méritait sportivement, après ce qu’il avait montré dans la semaine à l’entraînement. » Si le coach protège logiquement son jeune joueur, il assure n’avoir rien contre l’équipe briviste : « Cela se passe très bien, d’ailleurs on s’échange des vidéos avec l’entraîneur. »

Le supporter parle de cris de « mouette » pour « déconcentrer les serveurs »

Dans La Montagne, le CAB volley, par la voix de son président Patrick Clauzel, déplore « une interprétation erronée » des cris de la part des Spacer’s, alors que le supporter antillais incriminé assure qu’il faisait « la mouette » afin de « déconcentrer les serveurs » comme à son habitude. Toujours dans le quotidien régional, l’arbitre du match réfute lui aussi toute connotation raciste des cris.