Nice : « Être deux femmes facilite les choses », la navigatrice Alexia Barrier a embarqué sur le seul équipage féminin de la transat Jacques Vabre

INTERVIEW La Niçoise Alexia Barrier a bouclé la transatlantique avec Joan Mulloy

Propos recueillis par Mathilde Frénois

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La navigatrice niçoise Alexia Barrier et sa coéquipière Joan Mulloy ont traversé l’Atlantique en 18 jours.
La navigatrice niçoise Alexia Barrier et sa coéquipière Joan Mulloy ont traversé l’Atlantique en 18 jours. — Jean-Marie Liot / Aléa / Transat Jacques Vabre

Sur cette transat Jacques Vabre, elle traversait l’Atlantique pour la 17e fois en course. Alors on aurait pu croire qu’ Alexia Barrier connaît les moindres secrets de cet océan. Mais la navigatrice niçoise a dû faire face, entre Le Havre et Salvador de Bahia, à une traversée « particulièrement intense » faite de problèmes techniques et de conditions météo difficiles. Si elle a tenu bon et s’est classée 25e (arrivant en 18 j, 5 h 22 m), c’est en grande partie grâce à la force de son binôme. Alexia Barrier et Joan Mulloy formaient le seul duo 100 % féminin de la traversée.

Vous êtes arrivées le 14 novembre. Comment s’est passée la course ?

Ce n’était pas la transatlantique la plus simple. Du début à la fin, les conditions météorologiques ont fait que nous avons été très sollicitées. On a dû barrer souvent dehors, c’était assez physique. On a aussi eu une avarie du pilote donc on a perdu en efficacité.

Malgré ces péripéties, vous finissez devant quatre équipes masculines…

Pour la vie à bord, être deux femmes a facilité beaucoup de choses. Chacune a fait attention à sa coéquipière, a pris le relais quand l’autre était fatiguée. Nous avons bien anticipé les situations. Joan était super contente de faire à manger pour deux et moi de barrer pour deux. Ce sont aussi nos deux caractères qui s’exprimaient.

La voile est l’un des rares sports où hommes et femmes concourent ensemble. Physiquement, est-ce un inconvénient d’être deux filles dans un même équipage ?

Je pense que dans le fonctionnement du bateau, en termes de compétences techniques, ça ne change rien. On est comme les autres marins. Notre petit gabarit n’est pas un problème. Par exemple, les voiles font des centaines de mètres carrés. Ce n’est pas par la force mais par la technique qu’on les hisse. Sans la technique, on ne peut rien faire. Il faut anticiper les manœuvres et savoir exactement comment elles vont se dérouler. S’il y a le moindre problème, on peut mettre des heures à le rétablir et à trouver une solution.

Quand avez-vous commencé la voile ?

J’ai déménagé à Nice à l’âge de trois ans. Mes parents ont trouvé un voilier de six mètres. Avec des amis, on allait se promener aux îles de Lérins par exemple. J’étais fan de basket-ball et pas spécialement de voile. Puis j’ai eu une révélation. J’avais 12 ans quand j’ai décidé faire le tour du monde. Je ne l’ai dit à personne.

Aujourd’hui, vous racontez dans des écoles vos aventures. Qu’avez-vous envie de dire aux petites filles qui souhaiteraient devenir navigatrice ?

On a conscience d’être un exemple pour des petites filles. Il faut juste foncer et ne pas écouter les machos ou les gens qui estiment que ce n’est pas possible. On a créé en 2010 l’association « 4 my planet »​. On a la volonté de dire aux enfants qu’il faut s’accrocher à ses rêves.