VIDEO. Transat Jacques Vabre: De l'arrêt forcé à la remontée fulgurante, Thomas Ruyant raconte son début de course mouvementé

VOILE Advens for Cybersecurity, le bateau d’Antoine Koch et de Thomas Ruyant, dont est partenaire 20 Minutes, essaie de rattraper son retard dans la Transat Jacques Vabre

Francois Launay

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Thomas Ruyant à la barre de son bateau, dernière génération.
Thomas Ruyant à la barre de son bateau, dernière génération. — Pierre Bouras.
  • Thomas Ruyant et Antoine Koch ont connu un départ mouvementé dans la Transat Jacques Vabre.
  • Victime d’une panne de pilote automatique, leur bateau a dû s’arrêter quelques heures au port de Cherbourg pour être réparé.
  • Le retard accumulé dès le départ oblige les deux marins à prendre des risques tactiques pour essayer de recoller sur la tête de course. 

D’abord l’euphorie, puis l’inquiétude avant de retrouver l’espoir. En l’espace de trois jours, Thomas Ruyant et Antoine Koch sont passés par toutes les émotions. A bord d' Advens for Cybersecurity, leur bateau ultra-moderne, les deux marins ont vécu un début de Transat Jacques Vabre mouvementé. Au départ du Havre dimanche, ils étaient pourtant plein d’ambitions avant de déchanter quelques minutes à peine après avoir démarré la course. La faute à un pilote automatique récalcitrant.

« On se sentait bien à bord du bateau, on allait plutôt vite mais on a eu un problème de vérin au large d’Etretat. On a essayé de voir ce qu’on pouvait faire à bord pour régler le souci. Mais on ne pouvait pas faire grand-chose car on n’avait pas les pièces pour réparer à bord. Faire une transat sans pilote automatique aujourd’hui sur ce genre de bateau, c’est juste impossible. On a donc beaucoup barré pour rejoindre Cherbourg et s’arrêter pour réparer et repartir dans de bonnes conditions », raconte Thomas Ruyant.

150 miles de retard sur la tête de course

Un arrêt forcé au port qui leur a fait perdre beaucoup de temps. Si le vérin du pilote a été réparé en moins de deux heures, le règlement de la Transat oblige les marins qui s’arrêtent à repartir au minimum quatre heures après leur stop. Conséquence : dès le premier jour, Advens for Cybersecurity a pris 150 miles de retard sur la tête de course.

« C’est beaucoup car les écarts se creusent rapidement dans ce genre de course. On a réussi à recoller un petit peu même si on est obligé de prendre des risques mesurés. On a pris une trajectoire différente de la tête de course mais c’était la meilleure au vu de notre position actuelle. Ce n’est sans doute pas la route optimale mais on fera avec », poursuit le skipper dunkerquois fataliste mais loin d'être abattu par ce coup du sort. 

Thomas Ruyant à bord de son bateau
Thomas Ruyant à bord de son bateau - Antoine Koch

Une route risquée vers l’ouest pour revenir à hauteur des meilleurs

Alors que les onze premiers ont pris une route vers le sud-est, Ruyant et Koch, désormais à la 20e place de la catégorie Imoca, se sont orientés à l'ouest toute. Pas sûr que cela suffise à rattraper le retard accumulé d’entrée mais les deux marins ne s’en formalisent pas. S’ils ont évidemment envie de bien figurer au classement, cette Transat a d’abord comme objectif de tester le bateau comme jamais, un an avant le départ du Vendée Globe, le but ultime de Thomas Ruyant.

Ruyant est parti tout à l'Ouest
Ruyant est parti tout à l'Ouest - Jean-Michel Paint

« Le bateau a été mis à l’eau il y a seulement un mois et demi ce qui est très court pour ce genre de machine très technique. On est au début de quelque chose. C’est super de passer enfin un peu de temps avec un bateau qu’on a pensé et conçu. Les premières sensations sont très bonnes. Il y a évidemment plein de choses à améliorer dans le confort ou la performance. Mais cette Transat est là pour ça, nous donner des idées afin d’améliorer encore la machine en vue du Vendée Globe » insiste le skipper.

Même si les deux marins n’ont pas abandonné l’idée d’un top 10 dans une course qui ne les a pas épargnés depuis le départ.