VIDEO. Transat Jacques Vabre : « On a conçu le bateau autour des foils », explique Thomas Ruyant

VOILE Le skipper nordiste a fait construire son propre bateau avec des immenses foils, dernière évolution technologique

David Phelippeau

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Thomas Ruyant et Antoine Koch à la barre de leur monocoque. Lancer le diaporama
Thomas Ruyant et Antoine Koch à la barre de leur monocoque. — Pierre Bouras
  • Le 27 octobre, Thomas Ruyant (avec Antoine Koch) sera au départ du Havre pour la transat Jacques Vabre.
  • Le skipper nordiste va tester pour la première fois sur une course officielle le bateau qu’il a construit de A à Z.
  • Le monocoque sera doté de foils immenses, dernière grande évolution technologique de la voile.

« Il est beau mon bateau ? » Thomas Ruyant n’est pas peu fier sur le ponton de la base des sous-marins de Lorient. Dans une dizaine de jours, le skipper nordiste prendra le départ de la transat Jacques Vabre avec Antoine Koch sur son nouveau monocoque qu’il a pu construire (avec son équipe) à sa guise. A 38 ans, c’est la première fois qu’il est à la fois créateur et skipper d’un bateau. « J’ai toujours récupéré celui des autres par le passé, admet le vainqueur de la Transat 6.50 en 2009 et de la Route du Rhum en 2010. Cela fait entre deux et trois ans qu’on le pense, l’imagine et consulte pour le façonner… »

Vient assez vite néanmoins l’épineux problème du financement de la construction du bateau. L’écueil n’en est pas un pour Thomas qui se lance sans garantie d’avoir le financement intégral. Advens for Cybersecurity, qui le suivait déjà sur le Vendée en Globe en 2016 (à bord de Souffle du Nord), s’engage finalement à prendre la moitié des fonds nécessaires. Et le reste ? Thomas a bon espoir que des partenaires se manifestent. « La classe IMOCA ne s’est jamais aussi bien portée », positive-t-il.

« J’avais une philosophie assez précise de ce que je voulais»

Malgré l’incertitude des moyens financiers, le Nordiste ne lésine pas. Guillaume Verdier, dessinateur des bateaux vainqueurs des dernières éditions du Vendée Globe, enfile le costume d’architecte. Homme de l’ombre mais ô combien important dans l’aventure de Ruyant. De trois à quatre assistants, le skipper passe à douze personnes. « J’avais une philosophie assez précise de ce que je voulais, mais aussi besoin de m’entourer de spécialistes pour la voilerie, l’informatique, l’électronique… La face visible de la course au large, c’est solo, mais le travail d’équipe en amont est hyper important. »

Thomas Ruyant à la barre de son bateau, dernière génération.
Thomas Ruyant à la barre de son bateau, dernière génération. - Pierre Bouras.

Tout en respectant « la jauge qui régit les bateaux », Thomas Ruyant apporte sa patte au « nouveau-né ». « Un bateau, robuste, polyvalent qui peut aller vite un peu tout le temps, facile à manœuvrer. » Et le grand plus ? Les foils. « Sur la dernière génération, on avait construit des bateaux et rajouté des foils sans trop savoir où ça allait, il se trouve que ça avait marché. Donc, cette fois-ci, on n’a pas fait des bateaux avec des foils, mais des foilers, c’est-à-dire des bateaux conçus autour de ça. »

Les bateaux avec ces immenses foils vont voler sur l'eau

Un peu de pédagogie. C’est quoi des foils ? « C’est la grosse évolution technologique de la dernière génération d’IMOCA. Ce sont des appendices se trouvant sur le côté du bateau, un peu comme des ailes d’un avion. Ils permettent d’alléger le poids du bateau et de sustenter la coque. On ne vole pas complètement, mais il y a des phases où le bateau ne touche plus l’eau. On bascule dans une nouvelle ère, c’est super d’en faire partie… »

Le foil, un peu comme les ailes d'un avion.
Le foil, un peu comme les ailes d'un avion. - Pierre Bouras

Sur la Jacques Vabre, sept ou huit monocoques seront munis de ces foils géants, accélérateurs de vitesse. « Sur la deuxième sortie du bateau, on est montés à 33 nœuds, se souvient Thomas Ruyant. Cela ne m’était jamais arrivé sur un monocoque, on augmente de 10 % la vitesse des bateaux… C’est un énorme cap de franchi. » Le Nordiste a la chance de pouvoir le passer dès le 27 octobre sur la Jacques Vabre avec dans un coin de sa tête… le Vendée Globe 2020, son objectif prioritaire.

20 secondes de contexte 

20 Minutes est partenaire du bateau de Thomas Ruyant durant cette Transat Jacques Vabre. Vous pourrez ainsi lire dans nos pages plusieurs articles avant et pendant la course sur le skipper Nordiste et son aventure depuis le Havre jusqu'à Salvadore de Bahia, au Brésil.