Strasbourg-FC Nantes : « Il n’y a pas deux parcours comme le mien », raconte Lionel Carole

INTERVIEW Le défenseur strasbourgeois retrouve le FC Nantes, son club formateur, ce vendredi à 20h45, à la Meinau. Pour l’occasion, il revient sur son départ agité de la Jonelière et son parcours atypique

David Phelippeau

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Lionel Carole à la relance contre Francfort en août.
Lionel Carole à la relance contre Francfort en août. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA
  • Le FC Nantes (3e) affronte Strasbourg, ce vendredi, à 20h45, à la Meinau.
  • Lionel Carole sera opposé à son ancien club, qu’il avait quitté sur fond de tensions en 2011.
  • Depuis son départ de Nantes, le défenseur a « roulé sa bosse ».

Ce 18 janvier 2011, Gilles Favard, ancien conseiller officiel du président du FCN  Waldemar Kita, sort de ses gonds. Dans le viseur du chroniqueur de L’Equipe du soir :  Lionel Carole. A cette époque-là, l’actuel latéral gauche du RC Strasbourg (28 ans) quitte le FCN, son club formateur (2007-2011), sans avoir signé pro, et rejoint Benfica. Son choix exaspère la direction.

Un peu plus de huit ans plus tard et alors qu’il s’apprête à affronter Nantes (ce vendredi, à 20h45, à la Meinau), Lionel Carole revient sur cet épisode en préférant en sourire et évoque surtout ce qu’il s’est passé ensuite.

Quelle différence existe-t-il entre le Lionel Carole du FC Nantes et celui d’aujourd’hui à Strasbourg ?

J’ai beaucoup plus de maturité, d’expérience, et une certaine vision de la vie. J’ai roulé ma bosse ! Quand je suis parti de Nantes, j’étais un jeune professionnel qui découvrait ce monde. Maintenant, je suis plus rodé, je sais comment ça fonctionne.

Quels souvenirs gardez-vous de votre départ compliqué ?

Bizarrement, ma mémoire sélective ne garde pratiquement que de bons souvenirs. Mon départ du FC Nantes reste anecdotique. Je retiens plus les années de formation, mes débuts en pro, les matchs de haut niveau avec le FCN plutôt que les moments de tension.

Vous n’avez aucun regret d’avoir quitté votre club de formation sans être passé pro (il était encore stagiaire) ?

Je pense qu’à ce moment-là, c’était la meilleure décision. J’ai toujours pesé le pour et le contre, mais il y a néanmoins comme un sentiment d’inachevé.

Suivez-vous toujours l’actualité du FCN ?

J’aime bien regarder ce qui se passe dans les clubs dans lesquels je suis passé, savoir quelles sont les recrues, comment s’est passé le mercato, savoir quels sont les entraîneurs car ils changent beaucoup là-bas (rires).

Avez-vous croisé Gilles Favard depuis votre départ ?

Récemment, oui, on a parlé un peu. Il m’a félicité pour mon parcours. Ses propos ? Je connais le personnage. Je ne suis pas rancunier. Il faut savoir passer à autre chose.

Benfica, Sedan, Troyes, Galatasaray, le FC Séville… Votre parcours est riche après Nantes. Comment passe-t-on de Sedan à Istanbul ?

Ce sont des choix de carrière, des opportunités. Quand je suis parti à Sedan, j’étais en prêt. C’était un peu bouché à Benfica. Ensuite, Galatasaray me voulait. Troyes devait vendre impérativement pour pouvoir rester en Ligue 1. Je suis assez fier de mon parcours atypique. Je ne pense pas qu’il y en ait deux comme celui-là. J’ai encore pas mal de choses à faire dans le foot. Je n’en ai pas fini avec tout ça.

Vous dites ne regretter aucun choix, mais vous aviez pourtant laissé entendre que vous n’étiez pas heureux au FC Séville (2017-2018)…

C’est toujours facile une fois qu’on a le résultat. Quand je prends la décision d’aller là-bas, je considère que c’est le meilleur des choix. Oui, les derniers mois ont été difficiles avec les dirigeants qui ne sont plus en place maintenant. J’ai pourtant été très bien accueilli et les six premiers mois ont été très agréables à vivre. J’ai trouvé un club extraordinaire, des personnes extraordinaires. On ne retrouve pas ce haut niveau partout.

Sur un plan personnel, comment vous sentez-vous à Strasbourg depuis votre arrivée à l’été 2018 ?

Plutôt bien. J’ai fait une première saison avec un titre [Coupe de la Ligue], certes un peu anecdotique, mais agréable. En tout cas, ça fait du bien d’être plus proche de la famille, de retrouver la France. Il faut maintenant que je puisse enchaîner sans blessure car j’ai été gêné physiquement la saison dernière.

Strasbourg n’a toujours pas gagné cette saison. Votre début de saison est-il plombé par parcours en Europa League (le RCS a été éliminé en barrages) ?

Tous ceux qui ont connu des tours préliminaires savent que ce n’est pas facile. On commence très tôt notre saison, les matchs officiels arrivent vite et ça a un peu faussé notre préparation. On a enchaîné les matchs et les longs voyages. Ça nous a pris pas mal d’énergie. On est en quête de plus de fraîcheur et ça devrait se voir très vite.