Equipe de France: Au bout de la nuit et du stress, les Bleues s'offrent le Brésil et foncent en quarts

FOOTBALL Mais bon sang que ce fut dur

Aymeric Le Gall, au Havre

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L'équipe de France après le but d'Amandine Henry
L'équipe de France après le but d'Amandine Henry — F. FIFE/AFP

De notre envoyé spécial au Havre,

Que de peur, que de stress, mais qu’importe, le bonheur n’en est que plus grand. Dimanche soir, l’équipe de France s’est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde, aux dépens d’une sélection brésilienne bien plus fringante que ce que nous avions imaginé. Vendredi, les Françaises seront au Parc des Princes (face aux Etats-Unis ou à l’Espagne) pour entrevoir le dernier carré.

Peu de foot, beaucoup de fautes

Mythique sur le papier, ce France-Brésil qu’on imagine toujours soyeux, samba, presque poétique, a finalement accouché d’une rencontre hachée, rugueuse au possible et d’une inconstance dans le jeu côté français, notamment en première période. Rugueux, donc, à l’image de ce contact énorme en pleine surface entre la gardienne brésilienne Barbara et Valérie Gauvin, qui laissa les deux joueuses au sol pendant de longues minutes et obligea l’arbitre à faire appel au VAR pour, logiquement, annuler ce qu’on pensait être le premier but français (23e). Quelques instants plus tard, Wendie Renard était proche de garder le tibia de Debinah en souvenir, avant que Tamires y aille elle aussi de son tacle les deux pieds décollés sur Asseyi. A l’arrivée, il a fallu attendre le temps additionnel de la première période pour voir un peu de foot mais ni Cristiane, pour le Brésil, ni Majri, pour la France, ne trouvèrent la faille.

Heureusement il y a Diani

Comme nous l’avions pressenti dans la semaine précédant le match, la sélectionneuse Corinne Diacre a décidé dimanche soir de se passer de Gaëtane Thiney, et d’opter pour un 4-4-2 avec Viviane Asseyi à droite, Le Sommer à gauche et le duo Gauvin-Diani en attaque. Et on ne peut pas dire que ce pari fut forcément payant au départ, tant les Bleues ont paru en difficulté pour produire du jeu et se créer de véritables occasions de but. Gros bémol cependant concernant la flèche du PSG, Kadiddiatou Diani, l’une des meilleures Tricolores depuis le début du Mondial et à l’origine de l’ouverture du score de Gauvin, après un déboulé supersonique côté droit. Il va falloir la suivre de très près, car la Parisienne de 24 ans a un potentiel monstrueux pour devenir une star de ce sport.

Henry au bout de la nuit

L’égalisation brésilienne signée Thaisa, après une relance manquée de Wendie Renard plein axe (64e), a rendu cette soirée havraise beaucoup plus stressante que prévu et tout s’est finalement joué durant la prolongation. Après avoir beaucoup donné pendant 90 minutes, les Brésiliennes ont fini la soirée sur les rotules, n’attendant alors plus qu’une chose, que la séance de tirs au but ne vienne jouer un mauvais tour aux Françaises. Mais le destin et le pied gauche d’Amel Majri en ont finalement décidé autrement. A la suite d’un superbe coup-franc (l’arme fatale des Bleues depuis le début du Mondial) tapé par la latérale gauche lyonnaise, la capitaine Amandine Henry libérait tout un stade, que dit-on, tout un pays, d’un plat du pied après une course à la limite du hors-jeu. L’équipe de France ne pouvait s’arrêter là et nous laisser avec un goût de trop peu en bouche. Finalement, on va bien y avoir droit, à notre quart de finale au Parc des Princes vendredi.