Stade Toulousain: Club des 100, mental d'acier... Loin du XV de France, Cyril Baille se reconstruit

RUGBY Déjà victime de deux graves blessures à 25 ans, le pilier international Cyril Baille essaie de retrouver une place de titulaire au Stade Toulousain

Nicolas Stival

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Cyril Baille, le pilier gauche du Stade Toulousain.
Cyril Baille, le pilier gauche du Stade Toulousain. — R. Gabalda / AFP
  • Contre Montpellier samedi, Cyril Baille disputera son 101e match avec le Stade Toulousain.
  • Pas gâté par le sort, le pilier gauche aux onze sélections tente déjà de retrouver son meilleur niveau, avant de penser de nouveau au XV de France et à la Coupe du monde.

Depuis dimanche, et l’éclatante victoire sur le synthétique du Racing 92 (29-34), Cyril Baille a intégré le très prisé « club des 100 ». Le pilier gauche de 25 ans, entré en jeu à la 49e minute, a disputé son centième match sous les couleurs du Stade Toulousain depuis octobre 2012.

« C’est une grande fierté, sourit l’enfant de Lannemezan, en Rouge et Noir depuis 2009. Toulouse, c’est un club que j’admire depuis tout petit. Le fait d’arriver à ce cap et voir les noms à côté, ça fait un peu bizarre. »

A entendre les humbles propos de Baille, on croirait presque que le jeune homme a atteint cette belle barre par effraction. Pourtant, l’un des meilleurs Français à son poste affiche aussi onze sélections en Bleu, les trois dernières lors de la tournée d’été 2018, en Nouvelle-Zélande.

Privé de plus d’un an de rugby à cause des blessures

Il en compterait bien davantage si le sort ne lui avait pas déjà volé plus d’un an de rugby, avec deux lourdes opérations : tendon rotulien du genou gauche en avril 2017 (plus de huit mois d’arrêt), ischio-jambier gauche en août dernier (plus de quatre mois d’indisponibilité).

« Cela fait partie du truc », lâche simplement le Haut-Pyrénéen, conscient que la carrière d’un rugbyman ressemble de plus en plus à une longue partie de Dr Maboul. Son pote et capitaine Julien Marchand, gravement blessé à un genou le 1er février lors de France-Galles (19-24), peut en témoigner. « Je vais le voir tous les jours, indique le pilier. Ce n’est jamais facile, je suis passé aussi par là. J’essaie de lui parler de mon expérience. »

Contre les All Blacks, lors de la fessée (52-11) reçue par les Bleus à l'Eden Park d'Auckland, le 9 juin 2018.
Contre les All Blacks, lors de la fessée (52-11) reçue par les Bleus à l'Eden Park d'Auckland, le 9 juin 2018. - D. Lintott / Rex / Shutterstock / Sipa

Le jeune talonneur stadiste ne verra pas la Coupe du monde au Japon (20 septembre - 2 novembre). Et Baille ?

« Mon premier objectif, c’était déjà de rejouer avec le Stade. Les deux ou trois premiers matchs, c’était un peu difficile, j’avais une appréhension par rapport à mon ischio. J’ai retrouvé plus de confiance face au Racing. Le reste, on verra. Si les choses doivent se faire, elles se feront. »

Il s’agit déjà de redevenir titulaire en club, ce que le Toulousain n’a été qu’une fois depuis son retour, le 5 janvier à Agen (20-27), pour quatre entrées en jeu. A son poste, les coachs ont l’embarras du choix avec Clément Castets, Lucas Pointud, voire Rodrigue Neti.

Régis Sonnes, souligne « la force de caractère de son joueur ». « Pour un pilier, à son âge, 100 matchs, c’est beau, poursuit le co-entraîneur stadiste. Et puis j’aime bien les joueurs qui font partie d’un club, qui s’y attachent. Ils créent des liens et ça renforce une motivation collective. »

Montpellier, ça sent la revanche

Avant d’affronter Montpellier samedi avec le leader du Top 14, qui vise un onzième match d’affilée sans défaite en championnat, Baille n’a pas besoin d’aller chercher bien loin ladite motivation. « On a quand même pris 66 points à l’aller, une leçon de rugby [66-15 le 23 septembre, en son absence]. Cela permet de dire qu’il ne faut pas s’emballer. Si on perd deux ou trois matchs, on se retrouvera dans une période de doute. »

Le MHR y est en plein dedans, avec sa piètre neuvième place après le fiasco à domicile contre Perpignan, la lanterne rouge (10-28).