Coupe de France: La fête puis la débandade... Huit mois après leur finale, Les Herbiers ont bien changé
FOOTBALL•Le club vendéen, finaliste surprise de la dernière édition face au PSG, est reparti cette saison en National 2 avec une équipe complètement chamboulée...William Pereira (avec Nicolas Camus)
L'essentiel
- Finaliste surprise de la Coupe de France la saison dernière, le club des Herbiers est encore au rendez-vous des 32e de finale, ce week-end.
- L'équipe a bien changé depuis cet exploit, car trois jours après la finale, le club a été relégué en National 2.
- Après quelques mois très difficiles, Stéphane Masala et ses joueurs sont en train de redresser la barre.
Que les supporters de l’AS Monaco cessent de se plaindre, on a trouvé pire qu’eux dans le genre effectif dépouillé après belle épopée. Les Herbiers, en l’occurrence. Présents pour la troisième année consécutive en 32es de finale de Coupe de France, les finalistes surprise de l’édition précédente se présenteront samedi à Tours avec une tout autre équipe que celle qui avait vaillamment résisté au Paris Saint-Germain au Stade de France en mai dernier. Au total, 20 joueurs se sont fait la malle à l’intersaison sur un groupe de 28 éléments. Un chambardement tempéré par le président Michel Landreau : « Il y a eu beaucoup de mouvement à tous les étages, comme souvent l’été dans les championnats en National. »
Il y a un peu plus que ça, tout de même, dans cette fuite des talents. Si l’épopée nationale des Herbiers en est en partie responsable, c’est surtout un ultime match en National contre Béziers, trois jours après Paris, qui provoquera la réaction en chaîne. En proie à la relégation, les hommes de Stéphane Masala ratent leur retour sur terre (défaite 4-1) et, après les avoir tutoyés du haut de leur nuage, voient les cieux leur tomber dessus : Cholet, Pau et Concarneau grattent dans le même temps un point précieux et surtout, surtout, le candidat grenoblois à la montée en Ligue 2 se vautre étonnamment à la maison face à l’Entente SSG, 15e. Résultat, les Franciliens se maintiennent tandis que les Vendéens sont priés de descendre par la cage d’escaliers. Landreau : « On avait fait le plus dur en battant Laval à domicile et on avait 8 % de chances de descendre, mais c’est comme ça, c’est la loi du sport. »
Quatre joueurs ont filé à Chambly
Les Vendéens fêtent tout de même leurs joueurs pour leur parcours en Coupe, mais chez les joueurs, le cœur n’y est pas. « On avait tous la tête dans les chaussettes et pas envie de fêter quoi que ce soit », se souvient Sébastien Flochon, emblématique capitaine de l’épopée. Au début de l’été, on digère comme on peut en espérant un miracle administratif. « Chaque année, en National, il y a un club avec des soucis, administratifs ou financiers. On avait entendu des bruits de couloirs comme quoi on pourrait être repêchés… mais ça ne s’est pas fait. On a été beaucoup à attendre la décision, et puis quand elle a été officielle on est nombreux à être partis », reprend le milieu de terrain, parti à… Chambly, que Les Herbiers avaient sorti en demi-finale de la Coupe. Trois autres coéquipiers (Diaranké Fofana, Guillaume Dequaire et Joachim Eickmayer) ont fait le même choix.
« Une fois la descente actée, pour moi c’était compliqué de rester à l’échelon inférieur. Je me suis décidé dans le courant du mois de juillet. J’ai été en contact avec des clubs, notamment de Ligue 2, mais ça ne s’est pas fait. Je me suis laissé le temps de faire le bon choix, et j’ai signé à Chambly », justifie celui qui avait été invité par Thiago Silva à soulever le trophée avec lui.
L’ironie du destin de son ancien quatuor, si elle ne lui laisse aucune amertume, fait quand même sourire Stéphane Masala. « C’est la preuve qu’ils avaient vécu quelque chose de fort et qu’ils voulaient continuer de le vivre ensemble ailleurs », estime ce dernier. Preuve de cette bonne foi réciproque, le coach admet être resté en contact avec ses anciens éléments. Flochon en fait de même. « J’échange toujours avec Romuald Marie ou Quentin Bonnet, qui sont des amis. On suit de près leurs résultats. »
Leurs galères, aussi. Le départ groupé plonge rapidement dans les Herbiers dans ce que Masala qualifie d’« incertitude ». « Et l’incertitude n’est jamais bonne au football », ajoute-t-il. Tout est à refaire, à commencer par le recrutement et le fond de jeu. « Les départs se sont faits tardivement, donc notre mercato aussi. » Sans surprise et malgré des renforts de poids comme Charly Charrier (ex Guingamp et Amiens), le début de saison est douloureux. La preuve, il faut attendre le 22 septembre et la septième journée pour trouver la trace d’un succès des Herbiers en National 2 (ils pointent aujourd’hui au 11e rang). C’est qu’en plus de cette transition radicale, la formation vendéenne traîne sa finale de Coupe de France comme un boulet. Masala :
« Le bon côté, c’est qu’on est très bien accueillis quand on se déplace, les équipes nous félicitent pour notre parcours de l’année dernière. Le moins bon côté, c’est que tous nous attendent de pied ferme, tous veulent nous battre. On l’a ressenti en championnat, où ça a été plus difficile. » »
En Coupe, le fardeau est encore plus lourd à porter, bien que la structure du club, Michel Landreau le premier, se charge de véhiculer les valeurs de la Coupe de France et l’amour du match couperet où tout se joue souvent à l’impact et au courage. « Je l’ai dit ce matin (jeudi) aux joueurs. Vous avez un maillot à porter à Tours… On essaye de trouver les mots pour motiver, pour transmettre tout ça. » Kévin Diogo, un des nombreux arrivants, a lui très vite saisi de quoi il en ressortait. « Nous, les nouveaux, on a posé pas mal de questions aux anciens, le fait de jouer devant 80.000 personnes, etc., on voulait savoir ce qu’ils avaient vécu », racontait-il en novembre à Ouest-France. Masala à la conclusion : « Ces joueurs, il faut qu’ils sachent qu’ils ont aussi leur propre histoire à écrire. » Et si tout (re)commençait à Tours?


















