20 Minutes Paint Production ravive les pires cauchemars des fans de l'OM.
20 Minutes Paint Production ravive les pires cauchemars des fans de l'OM. — J.E.E. / SIPA (Montage : 20 Minutes)

LAST ACTION EYRAUD?

OM: Supporters fâchés, convocation de McCourt... Jacques-Henri Eyraud risque-t-il se faire virer?

Des chants très hostiles au président de l’OM se font entendre au Vélodrome. Deux ans après son arrivée à la tête du club, l’homme fort de Frank McCourt est-il en danger ? L’ambiance risque d’être tendue ce mercredi pour OM-Strasbourg…

  • Deux des groupes de supporters les plus chauds boycottent OM-Strasbourg, ce mercredi, au Vélodrome. Les relations entre les fans et la direction olympienne sont très tendues, cette saison.
  • Les supporters peuvent-ils obtenir « la tête » de Jacques-Henri Eyraud, comme en 2004 avec Christophe Bouchet ? Pour l’instant, le président semble avoir la confiance de son actionnaire Frank McCourt.

C’est une vieille blague de journalistes. Surgir en zone mixte en gueulant aux bizuts : « t’as loupé Rudi Garcia, il vient d’annoncer sa démission ! » Jeudi soir, au Vélodrome, on a eu sa version premier degré avec une vedette de RMC Sport. Dans son beau costard, il a débarqué en braillant qu’il venait d’obtenir une incroyable interview du président marseillais Jacques-Henri Eyraud. « Du lourd, du très très lourd. » En fait d’incroyable ? 42 secondes, douche comprise, de l’habituelle langue de bois. De « l’immense déception » et l’espoir « que les supporters vont continuer à nous soutenir. »

Ce n’est pas gagné, en vérité : des chants très hostiles sont descendus de la tribune Jean-Bouin, où étaient massés Ultras, Winners, MTP et Fanatics, notamment. Des groupes désormais très hostiles à Rudi Garcia… et de plus en plus en colère contre leur président. En deux ans, il n’avait encore jamais été chahuté ainsi, malgré quelques banderoles acides à l’automne dernier.

Jacques-Henri Eyraud est-il menacé ? Le président de l’OM était reçu ce week-end aux Etats-Unis par son boss Frank McCourt… Une réunion prévue de longue date au sein de l’état-major olympien, qui fait régulièrement le point sur le projet. « L’OM n’est pas encore irrémédiablement décroché au classement… Je pense qu’il s’agissait surtout d’ajuster l’enveloppe pour le mercato d’hiver », estime Vincent Chaudel, observateur du sport business. « Le tir peut encore être corrigé, par contre, si l’OM échoue à se qualifier pour la Ligue des champions, le duo Eyraud-Garcia sera peut-être en danger cet été », poursuit l’économiste, qui rappelle qu’on « ne connaît pas encore assez McCourt pour savoir s’il peut être sanguin comme certains propriétaires ».

« Il nous parle mais il n’y a pas de dialogue »

Sanguin comme Robert Louis-Dreyfus, par exemple ? En novembre 2004, il avait cédé aux demandes des groupes de supporters et poussé le président Christophe Bouchet à la démission. Désormais maire de Tours, Bouchet esquisse une comparaison :

Robert était avisé, intelligent, avait du recul et de la stratégie dans les affaires… Mais dans le sport, il était dans l’affect, il bougeait trop vite. Il était fébrile. McCourt est, je crois, un homme différent. Il gère le football froidement, comme son business. »

Autre différence, selon Christophe Bouchet : l’influence des groupes de supporters. « Ils ont perdu une grosse partie de leur pouvoir maintenant qu’ils n’ont plus la gestion de la billetterie », estime-t-il. Ce qui ne les empêche pas de grogner, et plutôt méchamment. Ce mercredi, l’OM affrontera Strasbourg sans le soutien des deux groupes les plus chauds :

  • Le Commando Ultra 84 boycotte après que l’OM a décidé de faire payer une « amende » de 10 euros par place, pour punir les Ultras qui ont craqué des fumis face au PSG.
  • Les Fanatics boycottent la Coupe de la Ligue, « une compétition sans histoire, instaurée par une ligue gangrenée ».

« Franchement, je boycotte aussi pour gueuler contre la direction, embraye Daniel, membre des Fanatics. La politique du président me fait peur. Il veut mettre les virages sous cloche ! Et sportivement, Rudi Garcia m’inquiète… On est dans le néant, là ! »

Des cadres des groupes de supporters ont rencontré Jacques-Henri Eyraud à l’issue de l’humiliante défaite contre Limassol (1-3), jeudi dernier. « C’est comme d’habitude, il nous parle, mais il n’y a pas vraiment de dialogue », lâche dans une jolie formule le leader d’un gros groupe du virage Nord.

Les relations sont encore plus tendues avec les groupes du virage Sud, et notamment avec le Commando Ultra. Le CU 84 ne digère pas la politique 100 % répressive de la direction face aux fumigènes, partie intégrante de sa « vision Ultra de l’animation d’une tribune. »

Un ancien leader du CU84, Alex, dégaine contre Jacques-Henri Eyraud :

Depuis les années 1980, j’en ai vu passer des brochettes de présidents… La plupart d’entre eux avaient une olympite aiguë. La tête qui enfle, l’excès de pouvoir, se donner beaucoup d’importance… Je pense qu’Eyraud tombe dans ce syndrome-là. Au début, j’appréciais son côté réformateur… Mais en faisant le gendarme, il va dans le mur ! »

Pour Alex, Jacques-Henri Eyraud « n’a pas encore la tête sur l’échafaud », mais « le malaise avec l’ensemble des supporters est tout de même très inquiétant pour lui. » Car comme le dit Christophe Bouchet, qui en sait quelque chose, « pour un président, les supporters de l’OM, c’est le grand bonheur de ce club… Et une somme de petits malheurs, aussi ! »