OM-Guingamp: Avec ses socios, l'En Avant a un temps d'avance... Pourquoi est-ce plus lent à Marseille?

FOOTBALL Bon dernier de Ligue 1, l’En Avant Guingamp est devant l’OM dans un domaine. : l’actionnariat populaire. On vous explique...

Jean Saint-Marc

— 

Le rouge va bien aux supporters de l'OM (ici à Lyon lors de la finale de la Ligue Europa).
Le rouge va bien aux supporters de l'OM (ici à Lyon lors de la finale de la Ligue Europa). — Daniel / phcimages / SIPA
  • 15 206 « Kalon » détiennent  un petit bout de l'En Avant Guingamp. 
  • Le PSG vient d'annoncer lui aussi son projet de «socios».
  • C'est un peu plus lent à Marseille, mais c'est en bonne voie.

Zéro point, mais 6 %. L’En Avant Guingamp est dernier de Ligue 1 avant d’affronter l’OM, ce dimanche. Mais les Bretons peuvent débarquer sur le Vieux-Port avec fierté : Guingamp est le seul club de l’élite dont une partie du capital est détenue par ses supporters. Depuis un peu plus d’un an, 15 206 «  Kalon » détiennent un petit bout de leur club.

« L’association qui les rassemble est le premier actionnaire privé », se félicite le président Bertrand Desplat, qui trouve toujours dix minutes dans son emploi du temps chargé pour parler de ce projet : « Je sais que de nombreux clubs s’intéressent à l’actionnariat populaire, on entend régulièrement des choses… Mais nous, on l’a fait ! »

« Faire, c’est faire taire », aime à dire Jacques-Henri Eyraud. Pour l’instant, sur ce projet, il se tait… Des discussions sont en cours entre les porteurs du projet Massilia Socios Club et la direction. Ça avance bien.

Le serpent de mer du musée de l’OM

La direction de l’OM apprécie le « sérieux » des porteurs du projet, porté par un noyau dur d’une dizaine de personnes. Une source proche du Massilia Socios Club​ dit aussi le plus grand bien de la direction olympienne : « Jacques-Henri Eyraud a tout compris au fonctionnement d’une entreprise moderne ! L’OM a longtemps vécu isolé de son univers direct… » Ce n’est plus le cas aujourd’hui : la direction sait exploiter les compétences. Celles des Socios concernent notamment l’histoire du club et la formation.

On parle, très concrètement, du serpent de mer du musée de l’OM. Ou de l’organisation d’événements pour les clubs de foot marseillais. On parle, mais ça prend du temps. « A Guingamp, c’est le club qui était à l’initiative des Kalon. C’est louable, mais les deux projets sont radicalement différents », reprend notre interlocuteur anonyme. « Pour mener un tel projet, il faut qu’il y ait un consensus fort de tous les acteurs, souligne l’économiste du sport Christophe Lepetit. Je n’ai pas entendu de prise de parole claire de l’état-major olympien sur une ouverture du capital ! »

Le PSG, les tokens et les fumigènes

La tendance est toutefois nationale, puisque le PSG s’y met aussi : le club de la capitale a lancé une plateforme de « socios 2.0 », grâce à des tokens générés par la blockchain. En Français, ça donne : une crypto-monnaie (des jetons, quoi) qui donne le droit de participer à des votes en ligne ou à des expériences plus ou moins exclusives. Christophe Lepetit :

Les supporters deviennent acteurs des clubs. Avec les dirigeants, ils se rencontrent plus souvent, et pas seulement quand ça va mal : le club qui demande d’allumer moins de fumigènes, ou les supporters qui demandent la tête du président ! »

En général, les petits actionnaires sont des gens sages, effectivement.

>> A lire aussi : «C'est un mec brillant!»... Relisez notre portrait de Laurent Colette, l'ancien «cerveau» du Barça, nommé à l'OM

>> A lire aussi : David a son propre musée de l’OM dans le couloir de son appart