Chaque socio guingampais aura son nom sur le «mur des Kalon», à l'entrée du stade de Roudourou.
Chaque socio guingampais aura son nom sur le «mur des Kalon», à l'entrée du stade de Roudourou. — F. Tanneau / AFP

FOOTBALL

Supporters: Le projet guingampais Kalon vu d'un très bon œil du côté de Marseille

Le Massilia Socios Club se réjouit de l'actionnariat populaire qui va bientôt naître dans les Côtes-d'Armor...

L’En Avant de Guingamp, més que un Klub. À partir du 25 février, date de la réception de Monaco en Ligue 1, tout supporter de l’EAG pourra devenir actionnaire, moyennant 40 euros. Soit le coût de l’adhésion à l’association Kalon (« cœur » en breton), laquelle s’ajoutera aux 141 entreprises déjà intégrées au capital de l’institution costarmoricaine.

Malgré l'ambition de son instigateur, le président Bertrand Desplat (« On avait envie de marquer l’histoire »), ce projet, calqué sur le modèle des socios en Espagne, ne constitue pas une première en France. « Depuis 2008, la fédération des supporters du HAC qui regroupe les associations des supporters du club, est actionnaire de la SASP Havre Athletic Club […] Le HAC est donc bien un pionnier dans la collaboration qu’il nourrit au quotidien avec les premiers de ses fans », a ainsi rappelé le club doyen dans un communiqué, lundi.

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Plus médiatisée, la démarche bretonne - et la concrétisation qui en découle, fait en tout cas des envieux à Marseille, où l’équipe d’Antoine Kombouaré est attendue ce mercredi pour y affronter l’OM (21 h). Créée en juin 2016, l’association Massilia Socios Club, qui, comme son nom l’indique, milite pour un fonctionnement type Barça ou Real Madrid, tient d’abord à féliciter l’éclosion de Kalon. « On aurait aimé être les premiers (sic), finalement c’est Guingamp, donc bravo à eux », déclare Arnaud Thibault auprès de 20 Minutes.

Un effet boule de neige escompté

L’un des cinq fondateurs du MSC avoue ensuite son étonnement quant au lieu de naissance dudit bébé, quitte à s’attirer les foudres des aficionados made in Breizh. « Les vraies terres de football, ce sont plutôt Marseille, Saint-Étienne ou Lens, pas Guingamp. Néanmoins, on se retrouve complètement dans les valeurs qu’ils défendent. » Lancé avant l’arrivée de l’investisseur américain Frank McCourt, le Massilia Socios Club compte aujourd’hui quelque 2.300 membres, prêts à enrayer les dérives du foot business.

« Les supporters y sont mis à l’écart, il suffit d’aller dans les stades anglais pour bien le comprendre, affirme Thibault. On est confiants pour que ça aboutisse aussi à l’OM, parce qu’on a des gens intelligents en face de nous [un dossier a été transmis à la nouvelle direction phocéenne]. Après, on n’est pas dupes non plus, on sait que ça ne va pas se faire du jour au lendemain. Notre objectif n’est pas de compter 100.000 socios marseillais l’été prochain, mais la réussite du projet guingampais va aider à concrétiser le nôtre. D’une manière générale, nous sommes convaincus que c’est une bonne chose pour le foot français. »

Les fans guingampais préfèrent rester neutres

Quid des groupes de supporters à proprement parler ? Si certains d’entre eux sur la Canebière soutiennent officiellement l’action d’Arnaud Thibault & co, l’heure est au silence du côté du Roudourou. « On a décidé de ne pas communiquer là-dessus, prévient Lucas Le Bour, président du Kop Rouge 1993. Ça n’a rien à voir avec nous, c’est quelque chose qui provient du club. On ne veut donc inciter personne à y adhérer ou pas, chacun fait ce qu’il veut. »

Le Kop Rouge guingampais lors du derby face au Stade Rennais, le 21 janvier 2017.
Le Kop Rouge guingampais lors du derby face au Stade Rennais, le 21 janvier 2017. - F. Tanneau / AFP

Même son de cloche chez l’Armoric Clan Gwengamp. « Notre groupe ne se prononcera pas sur le sujet. Chacun est libre de participer ou non au projet. Nous ne donnons pas de consigne pour ou contre. Nous gérons nos affaires et c’est très bien comme ça. » Tout juste Le Bour concède-t-il au final que l’initiative permettra « sûrement aux expatriés de faire partie de l’association ». De quoi, peut-être, assouvir le rêve de Bertrand Desplat. Le patron de l’En Avant souhaite en effet avoir « autant de Kalon que d’habitants dans la ville de Guingamp [7.003 âmes] »…