OM: Reims donne une (petite) leçon défensive... dans un Vélodrome qui enfile son gilet jaune

FOOTBALL Les South Winners sont solidaires du mouvement des «gilets jaunes» et s'agacent de voir leur équipe, l'OM, concéder un match nul face au promu Reims (0-0)...

Jean Saint-Marc
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Florian Thauvin galère pour rattraper le Rémois Yunis Abdelhamid.
Florian Thauvin galère pour rattraper le Rémois Yunis Abdelhamid. — C. Paris / AP / SIPA
  • Le podium de la Ligue 1 reste en vue : l'OM n'a que deux points de retard sur la troisième place, occupée par Lyon. 
  • Mais après une déroute en Ligue Europa, les supporters s'énervent sérieusement.

Chez Nagui, c’est le genre d’approximations qui vous fait perdre des points. Mais à la sortie du virage sud du Vélodrome, ça passe : Denis galère pour se rappeler des paroles du nouveau « tube » des South Winners. Il vérifie sur son portable et corrige ses potes, Lorenzo et Clément : « C’était “ Emmanuel Macron… Oh tête de con… On vient te chercher chez toi !”» Il y en a eu d’autres, évidemment, qu’on ne pourra retranscrire ici, mais vous avez l’idée générale : les supporters de l’OM sont grognons, eux aussi, et rallient le mouvement des «  gilets jaunes. »

Avant de remixer le hit « Jean-Michel Aulas », les Winners avaient troqué leur orange habituel contre quelques paletots jaune fluo. « Ça montre qu’on est intelligent, qu’on ne s’intéresse pas qu’au football », nous explique Hassen, la trentaine. « On est là pour l’OM, pour supporter l’OM, uniquement, mais on est comme tout le monde : on touche un SMIC et on galère en fin de mois », explicite Denis, un peu plus jeune mais plus bavard.

Les dirigeants du groupe dénoncent les atteints aux « droits des supporters » après un déplacement avorté à Francfort et s’en prennent à « l’UEFA Mafia ». Trois « encartés » parmi tant d’autres nous racontent qu’ils venaient se défouler au stade. Et ils en ressortent encore plus énervés :

C’est une honte d’être aussi nuls et de galérer autant contre Reims. C’est scandaleux, ça fait vraiment ch… »

Coupons la litanie avant qu’il ne soit trop tard et confirmons, plus poliment : le modeste Stade de Reims, promu en Ligue 1, a donné une leçon… défensive à l’OM. Excessivement solidaires au pressing, parfois roublards et portés par un bon gardien, ils ont arraché un nul (0-0) et mérité les compliments de leur président, Jean-Pierre Caillot : « Je vous rappelle que 75 % de ma défense est nouvelle… Ils ont tout de même de sacrés automatismes ! » Rudi Garcia confirme : « Reims défend très bien ».

Adil Rami s’emmêle un peu avec les « clean-sheets »

L’entraîneur apprécie d’autant plus qu’il dirige, lui, une équipe qui a encaissé 35 buts en 20 matchs cette saison. Ce qui n’a pas empêché Adil Rami d’oser un étonnant : « Ce que je retiens, c’est qu’on a réussi un troisième clean-sheet… Il ne faut pas oublier qu’on revient de loin. » Avec ce nul, l’OM réussit… un troisième match sans défaite en Ligue 1 (après des victoires à Amiens et face à Dijon) Mais pour le clean-sheet, on repassera : l’Amiénois Bakaye Dibassy avait surpris Mandanda en début de match. Et on parle d’une équipe qui vient d’en prendre quatre à Francfort.

Ce match-là, les Marseillais veulent l’oublier : « Je crois beaucoup aux ondes positives, c’est ce que j’ai essayé de transmettre au groupe », sourit Adil Rami, blagueur face aux médias. Dimitri Payet était plus sobre : « La claque a été sévère, mais le point positif, c’est que de toute façon, on était éliminés dans tous les cas ! » Le genre de sortie qui ne réconforte pas vraiment les supporters. Mais pour Rudi Garcia, « ils n’ont pas été dans la démesure » ce dimanche. Ça pourrait venir.