FC Nantes: Pourquoi le président Kita ne recrute quasiment jamais de joueurs français?

FOOTBALL Ça n'a jamais été dans les habitudes de la maison...

David Phelippeau

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Le Brésilien Lucas Evangelista, une des 8 recrues du mercato estival nantais.
Le Brésilien Lucas Evangelista, une des 8 recrues du mercato estival nantais. — Elyxandro CEGARRA/SIPA
  • Cet été, le FC Nantes n’a pas recruté de joueurs français.
  • Le réseau du président Kita et celui de l’entraîneur Miguel Cardoso ont orienté le marché nantais de l’été.

L’entraîneur portugais Miguel Cardoso le martèle : dans le vestiaire du FCN, c’est la langue de Molière qui prévaut. Pourtant, les joueurs franco-français sont en minorité depuis la fin du mercato estival. La colonie brésilienne, composée de Diego Carlos, Girotto et Lucas Lima, a été renforcée par trois nouveaux (Boschilia, Evangelista et Fabio) à l’intersaison. Le portugais est sans aucun doute la deuxième langue la plus pratiquée dans les couloirs de la Jonelière.

Cet été, sur les 8 recrues, aucun joueur tricolore n’a signé au FCN. Il y a un an, seul Pallois faisait figure de joueur français, estampillé L1, dans la liste des arrivées. Pourquoi le président Kita ne privilégie pas les joueurs français pour son recrutement ?

Parce que Kita travaille avec son réseau… étranger

« Il y a des étés où on recrute plus français qu’étranger, là c’est l’inverse… », explique Franck Kita, directeur général délégué du FCN et très impliqué dans le recrutement. Le FC Nantes de l’ère Kita n’a pourtant jamais été adepte d’un recrutement estampillé bleu-blanc-rouge. « Le président Kita travaille avec son réseau et ce dernier est davantage tourné vers les joueurs étrangers », explique un agent, voulant être anonyme. L’été dernier, WK avait collaboré avec l’agent belge Mogi Bayat (très influent en Belgique) et le Marocain Abdallah Lemsagam (plutôt tourné vers l’étranger). Cet été, Mogi Bayat (encore lui) et Jorge Mendes (agent portugais) dans une moindre mesure ont eu l’oreille du président nantais. « De nombreux agents français n’ont pas toujours envie de parler ou de négocier avec Monsieur Kita, note un autre représentant de joueurs, souhaitant rester anonyme. Nantes n’a pas une super cote pour beaucoup de joueurs de L1. » Le refus de Grenier de rejoindre Nantes l’hiver dernier illustre ce constat.

Parce que Kita écoute un coach… étranger

Conceição, Ranieri et maintenant Cardoso. Les recherches pour le mercato estival ont inévitablement été orientées vers le Portugal ou le Brésil. « Et c’est normal, explique Philippe Mao, qui compose à lui seul la cellule recrutement du club. Le coach a une bonne connaissance du Portugal et a plus d’affinités avec des joueurs brésiliens que des joueurs français [compte tenu de la langue]. Il doit avoir des résultats vite, il se rassure donc avec des joueurs qu’il connaît ou des éléments qui peuvent comprendre et transmettre sa philosophie de jeu. » Mao avait dressé une liste de joueurs français pour cet été. Bouanga, Grandsir, Eysseric, Rosier, Reine-Adélaïde en faisaient partie. Cardoso n’en a pas voulu. « Ce n’est pas le joueur qui est remis en question, mais il estimait que ces joueurs ne rentraient pas dans son projet de jeu. » Les Boschilia, Waris ou Limbombe faisaient partie d’une liste plus élargie de Philippe Mao.

Parce que les joueurs français sont peut-être un peu plus chers

La valeur marchande du joueur français semble monter d’années en années. Franck Kita avance souvent cet argument pour expliquer l’absence de joueurs tricolores. Et il n’a pas tout à fait tort. « Ça coûte très cher en transfert et en salaire », confirme un agent français. Rosier, latéral droit de Dijon, était par exemple estimé à près de 10 millions d’euros ! « Il y a pourtant moyen de faire des coups en France », est persuadé Philippe Mao. « Pour cela, Nantes doit travailler en amont les dossiers, l’absence de vraie direction sportive n’aide pas… », estime un agent. Il y a trois ans, la cellule de recrutement du FCN (Monterrubio et Ayache) - supprimée en décembre 2016 - avait flairé un bon coup français pour 800.000 euros. Son nom : Adrien Thomasson.

Parce que recruter en National ou L2, ce n’est « pas assez sexy » pour WK?

Et si Nantes s’inspirait de temps en temps d’Angers SCO ? Toko Ekambi, Romain Thomas, Cheikh N’Doye, Ismaël Traoré, le voisin recrute malin (très souvent). Et généralement, en Ligue 2 ou en National. Pourquoi Nantes n’emprunte pas cette voie? « Prendre en L2, ce n’est pas assez sexy pour Waldemar Kita », explique un agent français. Il y a un an et demi, le nom du jeune défenseur lavallois (National) Nordi Mukiele avait été soufflé à WK. Aucune suite n’avait été donnée par la direction du FCN. En janvier 2017, Mukiele rejoignait Montpellier pour 1,5 million d’euros. Cet été, le joueur a été vendu à Leipzig pour 16 millions d’euros…

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