«On a pris la mesure qui s'imposait»... Le président de Bordeaux explique la mise à pied de Gustavo Poyet

FOOTBALL Le président de Bordeaux a justifié la mise à pied de Gustavo Poyet en conférence de presse...

W.P., avec C.C.

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Le président des Girondins
Le président des Girondins — ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Les retombées de la conférence de presse lunaire de Gustavo Poyet​ auront eu le mérite de ne pas se faire attendre. Le président de Bordeaux Stéphane Martin a mis à pied pendant une semaine son entraîneur uruguayen, lui reprochant vendredi « d’avoir dépassé les bornes » lors de sa conférence de presse jeudi après la victoire (2-1) contre les Ukrainiens​ de Mariupol et la qualification pour les barrages de la League Europa. Le dirigeant girondin a lui-même tenu une conférence, vendredi. On y était.

Comment se sont déroulées vos discussions vendredi matin avec Poyet ? A-t-il eu des revendications ?

C’est à vous de le questionner là-dessus. Nous, on a estimé que lors de la conférence de presse, les bornes avaient été dépassées. Donc le club a pris cette décision de mise à pied. Après, ce qui l’a amené à faire ces déclarations, il lui appartient de vous répondre là dessus.

Est-ce que cette situation illustre un conflit larvé qui existe depuis un moment ? C’est étonnant d’agir ainsi après une victoire…

Depuis deux mois, vous avez pu voir qu’il y a plus de tensions qu’auparavant. Lors des six premiers mois, il n’y en avait eu aucune. Le début du mercato a marqué des tensions qui n’ont fait que s’envenimer avec le point d’orgue d’hier (jeudi). Ça reste une surprise après une victoire d’avoir une sortie aussi violente. On a pris acte et pris la mesure qui, de mon point de vue, s’imposait. Après de telles déclarations, cela me paraît compliqué de faire comme si de rien n’était.

Y avait-il des dissensions au sujet du recrutement ?

C’est essentiellement une frustration par rapport au mercato qui a démarré lentement mais pas des dissensions sur l’identité des joueurs. Et probablement un stress lié à l’absence de recrues pendant tout le mois de juillet.

Cela peut-il créer une onde de choc au sein du club ?

Ce ne sont pas des situations que l’on est heureux de vivre ou que l’on souhaite quand on est dirigeant, surtout quand les résultats sur le terrain sont très bons. Ce n’est pas nous qui avons souhaité en arriver là.

Les investisseurs américains de GACP ont-ils été consultés avant cette prise de décision ?

Nicolas de Tavernost a été assez clair sur le fait qu’il y a une période de cogestion du club. Par rapport à ce qui s’est passé hier, on n’est pas dans le domaine du sportif. C’est un écart par rapport à ce qu’on peut attendre d’un cadre supérieur d’une entreprise. Que ce soit M6 ou GACP, on ne peut pas tolérer qu’un cadre supérieur tienne de tels propos sur l’institution. Il y a consensus là-dessus.

Cherchez-vous un nouvel entraîneur ?

Pour l’instant, on est dans une procédure qui n’est pas encore terminée. Avant de parler du futur entraîneur, on va attendre vendredi prochain. Pour l’instant, on ne parle que d’une mise à pied. Jusqu’à hier soir (jeudi), changer d’entraîneur n’était pas une hypothèse. Là, on est un peu pris au dépourvu avec des circonstances particulièrement atypiques. Attendons vendredi prochain.

Est-il possible que Poyet reprenne sa place sur le banc dans une semaine ?

Tout est possible

Vous connaissiez son gros caractère en le recrutant, son passé agité dans ses anciens clubs. Êtes-vous surpris uniquement par le timing ou par sa réaction ?

C’est quelqu’un qui a de la personnalité mais c’est bien aussi pour faire bouger les choses. On ne lui reproche pas d’avoir trop de personnalité. Pour être entraîneur, il vaut mieux en avoir, ce n’est pas un métier de tout repos. Mais cela n’exclut pas de respecter les règles de base.