Castres - Toulouse: Un an après la catastrophe, le Stade Toulousain a retrouvé la lumière

RUGBY Depuis le 29 avril 2017 et une défaite-fleuve à Castres (52-7), Toulouse a remonté la pente. Samedi, le Stade retrouve le CO dans le Tarn…

Nicolas Stival

— 

Le 29 avril 2017, Castres avait balayé le Stade Toulousain en Top 14 (52-7).
Le 29 avril 2017, Castres avait balayé le Stade Toulousain en Top 14 (52-7). — R. Gabalda / AFP
  • Contrairement à l’an passé, le Stade Toulousain se présente en position de force à Castres.
  • Derby ou pas ? Les avis divergent côté Rouge et Noir.

C’était il y a près d’un an, le 29 avril 2017. Le Stade Toulousain, déjà hors course au bout d’une saison en enfer, prenait une rouste à Castres, qui s’ouvrait en grand la route des phases finales du Top 14 (52-7). Près d’une année a passé et les situations se sont inversées, ou presque. Le CO, huitième du championnat, est dans l’obligation de dominer son encombrant voisin samedi pour ne pas voir sa saison s’arrêter prématurément. Quant au Stade, troisième, il vise une septième victoire en huit matchs.

« On a bien sûr parlé de cette défaite, mais aujourd’hui, nous sommes dans une autre position », observe l’arrière Maxime Médard, sorti blessé juste avant la pause lors de la déroute de 2017.

« Il y a eu beaucoup de changements avec un nouveau président [Lacroix à la place de Bouscatel], des joueurs qui sont partis tandis que d’autres sont arrivés et nous ont apporté beaucoup. Les matchs que l’on perdait l’année dernière, on les gagne. Cela se joue à pas grand-chose… On n’a pas la Coupe d’Europe, et nous avons le temps de nous reposer. L’effectif tourne beaucoup avec de la concurrence. »

Bien sûr, le ciel n’a pas encore viré au grand bleu au-dessus de Toulouse, pas gâté par le calendrier des quatre dernières journées et miné par de complexes querelles d'actionnariat. Entre les deux rendez-vous dans le Tarn, le CO est d’ailleurs venu culbuter le Stade début décembre, dans un stade Ernest-Wallon également dominé par les supporters castrais (31-41).

« On s’est appuyés sur ces deux dernières défaites toute la semaine, assure Romain Ntamack, qui débutera à l’ouverture samedi du haut de ses 18 ans. Cela nous procure une motivation supplémentaire. Il y a une rivalité entre deux villes assez proches. Depuis tous petits, on a l’habitude de faire de belles oppositions. Alors pouvoir jouer ce derby avec les plus grands, c’est un plaisir. »

La boutade d’Ugo Mola

A 44 ans, Ugo Mola ne partage pas l’enthousiasme ni l’opinion de « NTK junior ». « Il y avait plus une notion de derby contre Colomiers, assure le patron sportif des Rouge et Noir, qui a joué et entraîné au Stade comme à Castres. J’ai cru entendre que ce match, c’était les riches contre les pauvres. Je peux dire que j’étais plus riche en partant du CO que de Toulouse. » Cette dernière boutade est lâchée dans un grand sourire. « N’allez pas faire un titre là-dessus », lâche-t-il à l’adresse des journalistes, qui -c’est proverbial- crachent rarement sur un bon mot.

Promis, et malgré les affirmations de ses joueurs, la raclée de 2017 n’était pas au programme de la semaine de préparation, tant le contexte est différent. « A l’époque, Castres était un qualifié potentiel, alors que nous ne jouions plus rien, rappelle Mola. Le rugby est un sport passionnant quand chaque équipe a quelque chose à jouer. » Le derby, vrai ou faux, de samedi au stade Pierre-Fabre promet d’être palpitant, dans ce cas.