Ligue 1: Strasbourg rejoint le club de ceux qui ont compris l'importance de l'eSport

FOOTBALL Alors que le Racing club Strasbourg joue à Caen ce dimanche (15h), le club alsacien teste l'eSport au stade de la Meinau lors d'un premier événement dédié...

Alexia Ighirri

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Compétition d'eSport, finale du championnat de France de Fifa football. (Archives)
Compétition d'eSport, finale du championnat de France de Fifa football. (Archives) — Tristan Reynaud/SIPA
  • Alors que son équipe joue à Caen dimanche (15h), le Racing club de Strasbourg accueille son premier événement eSport dans son stade de la Meinau.
  • Comme de plus en plus de clubs de football, le promu n’est pas insensible à ce phénomène. Avec dans l'idée, non pas de recruter des joueurs pros, mais d'accompagner les pépites locales dans une sorte de centre de formation.
  • Si chacun a sa propre façon de se lancer dans l'eSport, les clubs semblent tous avoir compris l'importance de la discipline aujourd'hui.

Ce dimanche, 15h, Strasbourg joue à Caen pour le compte de la 28e journée de Ligue 1. Pourtant, ce même jour, il y aura bien de l’activité au stade de la Meinau : le club alsacien organise son premier événement eSport. Au programme : les quarts et demi-finales de l’ Orange e-Ligue1 (Fifa 18 sur PS4 et XBOX One), compétition officielle de la Ligue de football professionnel, mais aussi un tournoi amateur grand public « Racing e-sport Cup » (Fifa et PES).

Un double événement qui permet au RCSA de rejoindre les autres clubs ayant déjà succombé aux sirènes de l’eSport. Sur la scène française, le PSG fut le premier à se lancer, en grande pompe. Suivi de Monaco, Nantes, Lyon ou plus récemment encore Dijon.

Chercher un nouveau public, parler aux “Millennials”

« Le potentiel “boule de neige” est énorme », commente Shaunz, 26 ans, ancien joueur pro puis coach en ligue des champions d’eSport et directeur sportif, désormais ambassadeur et prof… Bref, une pointure qui voit sa discipline prendre de plus en plus d’importance auprès des clubs : « La marque, la ville ou le club accordent de l’importance aux jeunes, aux Millennials, qui passent du temps sur Internet, sur les jeux vidéo, qui ne regardent plus la télévision. Si un jeune voit que le club se lance, il va se dire que ce club est vachement in, dans le move. Il va alors peut-être regarder un match, venir au stade, devenir supporter. »

La recherche de la visibilité, d’une notoriété auprès d’un nouveau public est clairement le premier objectif. « L’élément déclencheur, c’est l’énorme communauté de jeunes qui aime l’eSport, analyse Clément Calvez, responsable commercial du club strasbourgeois. Il est naturel de chercher à capter ce public, à créer des passerelles entre les fans de foot et les fans d’eSport en leur apportant du contenu. »

Y a-t-il de nouveaux revenus à chercher pour les clubs ? « Ça dépend du tournoi, du cadre de l’événement, répond Shaunz. Si un club trouve un sponsor pour ses tournois, il peut s’y retrouver. Ou s’il fait payer le public. » Clément Calvez affirme que l’argent, « ce n’est pas l’idée dans un premier temps. On entend beaucoup parler des revenus générés par l’eSport, mais on a du mal à identifier les ressources pour un club ».

« Ça ne demande pas grand-chose »

L’argent n’étant visiblement pas le nerf de la guerre, les « petits » clubs peuvent peut-être plus facilement se lancer le sport électronique. « Ça ne demande pas grand-chose. Un mec porte le maillot du club, il s’entraîne chez lui, il participe à des tournois pour le club… Il faut peut-être quelqu’un pour le conseiller. Mais c’est facile d’accès », assure l’ancien eSportif pro.

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Il pointe tout de même une difficulté, « comprendre les codes. C’est comme le hockey sur gazon : si tu arrives et que tu veux imposer tes règles, la communauté de fidèles ne va pas te suivre. Il faut une sorte d’expert, quelqu’un pour guider les clubs. Si la marque respecte ça, c’est bon. On l’a vu avec Dijon, qui a noué un partenariat avec Vitality. En invitant des joueurs aux matches, etc. Là il y a un capital sympathie énorme ! »

Vers un centre de formation strasbourgeois ?

Strasbourg pourra compter sur l’expertise de Powerhouse Gaming, école d'eSport de Mulhouse, son partenaire sur sa première journée qui fait office de test avant d’aller plus loin. Même si le Racing a déjà une idée de ce qu’il veut faire. « Il y a des clubs qui commencent directement en constituant des équipes en recrutant des joueurs pro. Nous ne sommes pas dans cette démarche », clame Clément Calvez.

Strasbourg veut avancer « à la façon Racing ». Comprendre : construire sur le long terme, en s’appuyant sur la structure mulhousienne pour chercher des pépites locales et les former dans une pépinière. Un « centre de formation » en quelque sorte. « On n’entre pas de la même manière que les autres. On a voulu appliquer le même modèle que dans le sport, avec un très fort ancrage territorial, une méthode alsacienne », explique Terrence Figueiredo, fondateur et directeur de Powerhouse Gaming qui, dans l’idée, accueillera une salle Racing dans son école. Avant, qui sait, que cette pépinière d’e-talents ne soit installée dans les murs d’un stade de la Meinau rénové et digitalisé…