Coupe Davis: Qui est Marco Chiudinelli, l’homme qui va (peut-être) remplacer Roger Federer?

TENNIS Aujourd’hui 212e mondial après avoir frôlé le top 50 en 2009, le meilleur ami de Federer ne semble pas armé pour faire trembler les Bleus…

J.L. avec F.L. à Lille.

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Marco Chiudinelli et Roger Federer, le 14 septembre 2014 à Genève.
Marco Chiudinelli et Roger Federer, le 14 septembre 2014 à Genève. — Salvatore Di Nolfi/AP/SIPA

Surmonter la déception de ne pas voir Federer à l’œuvre ce week-end, sauf si son dos se remet miraculeusement en place d'ici dimanche, ne va pas se faire tout seul, même avec une bonne bouteille de whisky. Mais le pire, c’est qu’il en faudra une petite deuxième au moment de parcourir le CV de son remplaçant attitré, le très sympathique Marco Chiudinelli. On dit sympathique, car Chiudinelli est davantage connu sur le circuit pour être le meilleur ami du Maître sur le circuit que pour ses résultats (212e mondial à l’ATP).

Meilleur ami de Federer

Les deux hommes, rassemblés dans un pôle d’excellence à 8 ans, ont appris le tennis –et la vie– ensemble. Ils ne se lassent d’ailleurs pas de raconter leur premier match l’un contre l’autre, en finale d’un tournoi junior en Suisse. La parole à Chiudinelli: «On jouait au meilleur des huit jeux, j’ai mal commencé et me suis mis à pleurer. Roger a essayé de me consoler au changement de côté, puis après j’ai inversé la tendance et c’est lui qui s’est mis à pleurer. C’était la seule fois où j’ai pu le battre.» Ensuite, l’affaire s’est en effet un peu gâtée pour Marco, pendant que Federer explosait petit à petit. «Humainement, c’est un gars super-cool, modeste et humble, résume Pierre-Marie Dupuis, commentateur des matchs de la Suisse sur la RTS au pays. Sa carrière a été pourrie par les blessures. Sans ça, il aurait pu faire beaucoup mieux.»

Voyons voir dans le détail: une 52e place mondiale en 2009, sa meilleure année, et un 3e tour de Grand Chelem il y a mille ans contre un Richard Gasquet prépubère. Son année 2014? Quatre matchs sur le circuit principal, quatre défaites, auxquelles on ajoutera deux demi-finales en challenger pour être gentil. Bref, du très léger pour une finale de Coupe Davis, même si Chiudinelli défendra chèrement sa peau, promet Dupuis. «Il a quand même 14 ans sur le circuit, ce n’est pas un "vert". Il ne va pas "mouiller" comme un junior. Il n’a pas de grand coup mais il n’a pas non plus de faiblesses réelles. Il est capable de tenir le coup sur le plan physique notamment sur terre battue, une surface qui nivelle les valeurs. Je pense qu’il sera à la hauteur.»

Une seule victoire de référence en Coupe Davis

Notons en effet que le garçon a une certaine expérience de la Coupe Davis. 22 matchs, pour quelques victoires, la plus probante face à Verdasco en 2007, mais aussi beaucoup de défaites homériques avec Wawrinka, comme ce double de sept heures finalement perdu face aux Tchèques 24-22 au cinquième set, l’an passé. Le tout dans l’anonymat le plus total. Les Bleus n’ont pas prononcé son nom une seule fois depuis le début de la semaine. «Je n’ai pas trop lu ce qu'il se passe dans l’équipe suisse. Je ne suis même pas vraiment au courant et je n’ai pas envie de savoir, a par exemple réagi Tsonga, son possible adversaire vendredi. Notre seul objectif est de rendre une copie parfaite. Alors, nous allons nous concentrer sur nous.» On n’est pas obligé de le croire.