Tennis: L'US Open, ce très bruyant tournoi du Grand Chelem
TENNIS – Le public américain est très agité…Romain Baheux
La transition est brutale. En moins de deux mois, le calendrier du tennis amène les joueurs du tournoi du Grand Chelem le plus feutré et traditionnaliste, Wimbledon, au plus novateur et exubérant, l’US Open. Loin du silence religieux des courts britanniques, la quinzaine américaine entamée lundi est inséparable de ses tribunes agitées, au fort volume sonore. «Il y a un bruit de fond constant, raconte l’ancienne joueuse Sarah Pitkowski. Sur le court, tu es obligé de faire avec. Si tu es bien, ça va. Si tu es contrarié avant la rencontre, tu as beaucoup de mal à évacuer ce stress.»
Les causes? Elles sont multiples. Les courts de Flushing Meadows sont situés au bout des pistes de l’aéroport new-yorkais de La Guardia. «Dans les années 80, c’était infernal, raconte l’ancien joueur et ex-directeur technique national Patrice Dominguez. Le court central vibrait. Les avions survolaient les courts une vingtaine de secondes après le décollage, on voyait les trains d’atterrissage rentrer.» Depuis, les avions ont été détournés et ne survolent plus directement le stade mais leur ballet aérien participe encore à perturber l’attention des joueurs.
Le bruit et l’odeur
Autre problème, l’attitude du public. Elevé dans une culture de sports américains, le public discute, se lève et bouge pendant les échanges des joueurs. Plus grand des courts principaux des tournois du Grand Chelem, le court Arthur-Ashe et ses plus de 23.000 places incitent à ce brouhaha permanent. «Lors des sessions du soir, le sentiment d’impunité est encore plus important dans les tribunes, explique Dominguez. Ca gueule encore plus fort, des gens téléphonent pendant les échanges.» Ajoutez à cela la musique entre les points, une fanfare pour animer les allées du stade et un écran géant et il devient impératif de savoir faire abstraction du dérangement pour espérer faire un résultat sur le sol américain.
Mais le bruit n’est pas le seul problème. Aux heures de repas, des odeurs d’hamburger et de poulet frit envahissent les tribunes. «Quand vous jouez, des gens sont accoudés aux ballustrades, sortent des sandwichs et des chips peuvent tomber sur le court», raconte Pitkowski. «Il faut imaginer un linéaire de cinquante mètres dans les allées du stade où l’on vous vend de la bouffe, décrit Patrice Dominguez. Vous réunissez tout ça et vous obtenez une jungle sur asphalte.»


















