Tennis: Pourquoi les Français ne vont pas briller à l'US Open
NEW YORK•C'est le Grand Chelem qui réussit le moins aux Tricolores...J.L.
Le forfait probable de Gaël Monfils, après ceux de Jo-Wilfried Tsonga et de Gilles Simon, ne va pas arranger l’affaire. Sans parler de la retraite précipitée de Marion Bartoli. L’US Open est un Grand Chelem dont il ne sert à rien d’attendre grand-chose côté français. C’est même le seul où on ne compte pas un seul demi-finaliste en dehors de Cédric Pioline, dans un autre siècle. Et à moins de croire très fort en Richard Gasquet, ça ne va pas changer cette année. 20 Minutes vous dit pourquoi, sans (trop) de mauvaise foi.
Parce qu’il fait trop chaud et qu’il y a trop de vent
Le tennisman français est connu pour sa technique soyeuse. Celle qui lui permet de faire admirer sa classe naturelle en indoor, «là où on ne on ne se retrouve pas à la merci des conditions météo, nous expliquait Thierry Tulasne l’an passé à Bercy. C’est beaucoup plus facile d’exploiter les faiblesses techniques de l’adversaire». A New York, les conditions sont moins accueillantes. Quand ce n’est pas l’humidité, c’est la pluie, et quand ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est le vent, capable de faire ressembler une demi-finale à un premier tour de kermesse. Ce qui est toujours moins gênant que les jours de grande chaleur, assure l’ancien capitaine de Coupe Davis Jean-Paul Loth. «Tous les joueurs que j’ai entraînés me disaient à quel point l’humidité était infernale, surtout en fin de saison quand les joueurs sont fatigués.» Peut-être un peu plus côté français, où on axe d’abord sa préparation pour briller jusqu’au moins de juin et Roland-Garros.
Ah oui et trop de bruit aussi…
«A l’US Open, quand les avions passaient au-dessus, c’était catastrophique. La première fois, j’étais très impressionnée, ça faisait peur. Et puis dix ans après ils ont arrêté, ils ont détourné les avions, et c’était quand même beaucoup plus agréable». La confidence est signée Nathalie Tauziat. Même si l’aéroport de La Guardia n’est plus un objet de (trop) grande nuisance «il faut encore se faire aux gens qui parlent tous le temps sur les courts ou aux arbitres qui bougent pendant les points » ajoute Loth. Ainsi qu’aux odeurs de frites et de hot-dog plutôt tenaces si l’on en croit Julien Benneteau. Bref, l’US Open n’est pas le tournoi le plus propice à la concentration, surtout qu’il arrive après un mois d’exil un peu longuet en Amérique du Nord, quand les joueurs français rêvent avant tout de vacances au bord de la mer.
Parce qu’il n’y a jamais de surprise
La statistique parle d’elle-même. Depuis 1978 et son installation à Flushing Meadows, l’US Open a toujours été remporté par un numéro 1 mondial en puissance, à l’exception de Murray et Del Potro chez les hommes, ou Sabatini et Stosur chez les femmes. Or de numéros 1 mondiaux, la France n’en a jamais eu. Bref, le tennis français trouve sa «vraie valeur» à New York, là où les surprises sont les plus rares, avance Jean-Paul Loth. «Aujourd’hui, on a deux joueurs dans le top 10 dont un qui st blessé. Richard Gasquet est huitième, on peut espérer un quart de finale. C’est ce qu’il dit viser et c’est ce qu’il vaut. Il peut aller plus loin mais il lui faudra battre des joueurs qu’il n’a pas l’habitude battre.» La réflexion vaut aussi pour Benoît Paire, le deuxième français le mieux classé du tableau. A la 27e place.


















