Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
NFT, Web3… Ce week-end, le salon VivaTech promet « de la pédagogie »

Paris : NFT, Web3… Ce week-end, le salon VivaTech promet « de la pédagogie »

INTERVIEWLa 6e édition du salon VivaTech ouvre ses portes dès mercredi pour quatre jours autour de l’écosystème tech
Lina Fourneau

Lina Fourneau

L'essentiel

  • Le plus grand salon européen dédié à la tech s’installera une nouvelle fois à la porte de Versailles, du 15 au 18 juin.
  • Sur les quatre jours, trois sont réservés aux professionnels. Le samedi est lui accessible au grand public.
  • A quelques jours de son ouverture, on fait le point sur le programme avec la Directrice générale de Viva Technology, Julie Ranty.

En plein cœur de la Porte de Versailles, le célèbre salon VivaTech revient dès ce mercredi 15, et ce jusqu’à samedi 18 juin. Au programme : des innovations inédites, des conférences, des rencontres et des ateliers autour de l’écosystème tech européen et mondial. Pour découvrir ce qui vous attend, 20 minutes a rencontré sa Directrice générale, Julie Ranty.

A quoi faut-il s’attendre pour cette nouvelle édition de VivaTech ?

C’est notre grand retour après deux années assez compliquées. Avec la crise sanitaire, nous avons dû annuler l’édition de 2020 et en 2021, nous devions respecter une jauge pour limiter la circulation du Covid-19. Cette fois, nous nous attendons à un très grand format de VivaTech avec 45.000 m2, soit l’intégralité du Hall 1 de la Porte de Versailles. Nous attendons environ 2.000 exposants, dont 1.800 start-up. Ce sera aussi la rencontre avec 350 conférenciers et plus de 300 innovations présentées. Cette VivaTech, ça sera également la rencontre avec des figures intéressantes, comme Audrey Azoulay, la directrice générale de l’Unesco et une trentaine de très grandes start-up, des licornes pour la plupart européennes comme Checkout ou encore Vinted. »

Le salon Vivatech permet chaque année de découvrir les grandes innovations de demain. Quelles sont les dernières prouesses de la tech ?

A VivaTech, notre vision de la technologie est de présenter des innovations qui servent à quelque chose. Elle doit répondre aux grands enjeux de notre siècle qui sont l’environnement et la diversité. Nous avons de nombreuses innovations qui répondent aux enjeux de décarbonation, de préservation de nos océans et de la planète plus globalement. Un des plus marquants est sans doute le projet du CNRS, Carboneo, qui permet de capter le carbone qu’il y a dans l’air et de le transformer en matière première dans l’industrie. Nous présentons également des innovations qui, pour certaines, n’ont jamais été présentées au public. Il y aura par exemple deux véhicules électriques volants, fabriqués par Volocity et Jetson, qui préfigurent le futur de la mobilité dans les villes et qui commenceront à être utilisés en 2024 à l’occasion des JO.

Six thématiques sont mises en avant – la neutralité carbone, la mobilité, l’avenir du travail, l’inclusion, le web3 et le métavers, les entreprises européennes – avec des innovations qui s’articulent autour. Pourquoi avoir choisi ces thématiques et pas d’autres ?

Les sujets de l’environnement, de la diversité et de l’inclusion sont l’engagement de Vivatech depuis ses débuts. Nous avons toujours voulu mettre la technologie au service de grandes causes, car nous sommes convaincus que la tech est porteuse de solutions. Ce sont aussi bien l’invention de nouveaux matériaux qui vont remplacer le plastique que les nouvelles formes de mobilités qui ont recours à l’électrique ou à l’hydrogène. Il y a également des sujets plus d’actualité, comme le Web3. Nous ne pouvions pas passer à côté.

Justement, le Web3, le quantique, ou le métavers sont des grandes tendances actuelles, mais le grand public va-t-il vraiment s’en emparer ? N’était ce pas seulement un sujet fait par les acteurs de la tech et pour les acteurs de la tech ?

Il est important de rappeler que c’est un événement professionnel qui ouvre ses portes au grand public. Nous rassemblons donc les plus belles innovations pour un public professionnel, mais nous décidons de lever le voile dessus auprès des particuliers pour en faire bénéficier le plus grand nombre. C’est ce que nous faisons avec le Web3 par exemple. Notre objectif est de décrypter le phénomène, comprendre ses usages et ses applications concrètes. C’est la même chose pour les NFT. Nous voulons initier le grand public en utilisant des formats pédagogiques avec des façons ludiques d’apprendre.

Les NFT sont à la mode, mais des innovations permettent-elles de dépasser le marché de l’art ?

Nous pouvons par exemple les retrouver dans le luxe, où ils aident les marques à réinventer la relation clients. En attribuant un NFT à quelqu’un, on le fait rentrer dans une communauté assez fermée, à qui on donne des privilèges. Mais à VivaTech, nous présenterons également des exemples sur des enjeux d’environnement et de préservation des océans. On a une innovation qui s’appelle par exemple Aquaverse qui émet des NFT et permet à ses détenteurs d’agir sur la politique d’une entreprise qui développe des cultures d’éponges marines et permet de filtrer les océans.

Vous privilégiez également la mobilité qui a été un sujet largement discuté lors de la crise sanitaire. Est-ce qu’on remarque des bouleversements dans l’écosystème sur ce sujet ?

Sur la mobilité, il y a eu une accélération assez phénoménale de l’électrique, qui fait aussi écho à une loi qui vient de passer jeudi interdisant, dès 2035, la vente de véhicules thermiques. Il y a évidemment une évolution des usages et de la technologie. Ça se retrouvera à Vivatech avec des révélations en avant-première par exemple le premier modèle 100 % électrique et autonome d’Audi. Il y aura des formes de mobilités plus originales, par exemple avec une innovation japonaise, nommée Poimo, qui présente un véhicule gonflable qui tient dans un sac à dos et qui en quelques secondes peut devenir un scooter électrique. Ça réinvente complètement la manière de se déplacer en ville.

L’inclusion dans la tech prend aussi part au programme, mais le milieu est toutefois bien en retard sur la place des femmes. Comment on fait aujourd’hui pour rattraper ce retard ?

Notre objectif est de mettre le plus en avant des modèles de femmes dans la tech. Nous avons voulu pour cela respecter un quota de 40 % minimum de conférencières dans nos différents évènements organisés. Il est important de montrer des exemples de femmes qui ont réussi dans la tech pour susciter des vocations. Nous voulons également donner l’envie aux jeunes filles d’apprendre à coder, en mettant en place des cours. Enfin, pour celles qui ont déjà monté leurs entreprises, nous essayons de les accompagner au mieux, notamment vers la levée de fonds. On sait que non seulement, il n’y a pas assez de femmes qui créent leur start-up – elles ne sont que 10 % – mais en plus elles lèvent beaucoup moins de fonds que les hommes. Nous, à VivaTech, on s’est engagés à ce qu’elles rencontrent plus d’investisseurs.

La pandémie, puis la guerre en Russie, nous a fait prendre conscience de notre interdépendance à l’international. La tech européenne est-elle sur le bon chemin pour s’en libérer ?

Depuis le début, on est engagé à faire émerger des champions du numérique européens, d’avoir de plus en plus de start-up qui passe à cette échelle. Ces six dernières années, nous avons observé une accélération de l’écosystème tech européen qui s’est largement structuré. Avant, il y avait seulement trois licornes. Elles sont 26 aujourd’hui. Nous avons désormais des vrais champions du numérique français dans tous les domaines, que ce soit dans la mobilité avec Blablacar, dans la santé avec Doctolib ou dans le divertissement avec Deezer. Nous arrivons de plus en plus à faire rayonner ces entreprises françaises à l’international.