Unesco : Réélection de la Française Audrey Azoulay à la tête de l’institution

ORGANISATION INTERNATIONALE L’ancienne ministre de la Culture de François Hollande a placé son nouveau mandat de quatre ans sous le signe de l’éducation et de l’environnement

20 Minutes avec AFP
— 
Audrey Azoulay lors de sa réélection comme directrice générale de l'Unesco, à Paris le 9 novembre 2021.
Audrey Azoulay lors de sa réélection comme directrice générale de l'Unesco, à Paris le 9 novembre 2021. — Francois Mori/AP/SIPA

Les lignes directrices de ce second mandat devraient être l'éducation et la préservation de l’environnement. Sans surprise, la Française Audrey Azoulay a été réélue mardi à une très large majorité pour quatre ans à la tête de l' Unesco.

« Mes félicitations sincères au nom de tous les États-membres pour votre réélection », a déclaré Santiago Irazabal Mourao, ambassadeur permanent du Brésil à l’Unesco qui préside la conférence générale réunie à Paris, siège de l’institution, jusqu’au 24 novembre. Élue une première fois en 2017, Audrey Azoulay, était seule en lice pour ce nouveau mandat et a obtenu 155 votes pour 165 votants (9 contre, une abstention). Il est de tradition que les directeurs généraux fassent plusieurs mandats.

Encourager « la recherche sur l’apprentissage »

« Je veux d’abord vous dire merci du fond du cœur, pour cette confiance si clairement exprimée », a réagi la directrice générale, accueillie sous les applaudissements dans l’hémicycle de l’agence des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Avant de prendre la tête de l’organisation, elle avait notamment été ministre de la Culture dans le gouvernement du président François Hollande.

Pour ce nouveau mandat, elle a affiché des objectifs élevés avec un « nouveau contrat social pour l’éducation », « en encourageant la recherche sur l’apprentissage » et en « promouvant le dialogue avec la communauté éducative », car « l’éducation augmente la prise de conscience sur la fragile beauté de la nature ». Audrey Azoulay a également espéré « un nouveau contrat pour la planète », qui passera par « doubler la taille des territoires protégés par l’Unesco d’ici à 2030 » dans le but de « protéger 30 % de la surface de la terre ».

Instaurer « une nouvelle forme d’éthique environnementale »

« L’Unesco a une contribution unique à faire (…) en forgeant une nouvelle forme d’éthique environnementale », a-t-elle encore lancé. Il s’agira alors de « combiner la protection de la nature et l’emploi durable », ou encore de bâtir « une nouvelle diplomatie de l’eau ». « Nous devons nous engager en tant qu’humanité, via la Communauté des Nations, autour de ces biens communs dont nous avons la garde ici à l’Unesco », a encore harangué sa directrice générale, qui a souligné « l’unité » et le « soutien de partout dans le monde » exprimé « très tôt » pour sa personne, un signe selon elle de « confiance mutuelle » au sein d’une institution autrefois très divisée, qu’elle a contribué à apaiser durant son premier mandat.

La réélection d’Audrey Azoulay semble consacrer la stratégie de dépolitisation de l’institution qu’elle a voulue dès son élection. Elle avait en effet pris ses fonctions dans un contexte détérioré, notamment en raison du départ des États-Unis et d’Israël, coïncidant avec son élection. Les deux pays accusaient alors l’institution de parti pris pro-palestinien, sur fond de remise en cause frontale du multilatéralisme par l’administration Trump. Un dialogue est en cours avec ces deux pays afin qu’ils rejoignent à nouveau l’Unesco.