VIDEO. VivaTech: La start-up Mercurio invente le scanner low-cost pour numériser en masse les œuvres d’art

INNOVATION Développé par un jeune ingénieur marseillais, ce scanner s’adapte à toutes les tailles d’objet et rend compte de leur aspect et de la façon dont ils réagissent à la lumière

Caroline Delabroy

— 

La start-up Mercurio a mis au point un scanner 3D pour générer de manière automatisée des modèles 3D réalistes d'objets d'art.
La start-up Mercurio a mis au point un scanner 3D pour générer de manière automatisée des modèles 3D réalistes d'objets d'art. — — Mercurio
  • La start-up Mercurio développe à Marseille une machine inédite pour créer rapidement des modèles 3D d’œuvres d’art, de la plus petite à la plus grande.
  • Outre les musées, qui pourraient ainsi mieux valoriser leurs collections, le jeune fondateur espère s’attaquer au marché de l’art en ligne.

Difficile d’imaginer plus belle exposition pour cette toute jeune start-up née à Marseille, répondant au nom de  Mercurio . Pour sa première participation au salon VivaTech à Paris, le CNRS l’a en effet sélectionnée pour faire partie de son stand. Et présenter au public l’innovation de ce scanner au look de sphère futuriste. « Il n’existait pas de solution à la fois low-cost et automatique qui permette de créer rapidement des modèles 3D réalistes d’objets d’art de toutes tailles », explique son fondateur, Eloi Gattet, passé par le laboratoire MAP (pour Modèles et simulations pour l’architecture et le patrimoine) qui lui a permis de déposer un brevet fin 2016 et fondé sa start-up il y a six mois.

Qu’est-ce qui a amené ce jeune ingénieur à imaginer cette mécanique capable de scanner vases, sculptures et autres artefacts ? « C’est un domaine qui me touche, explique-t-il. Le patrimoine est souvent caché. Pour un objet exposé dans un musée, il y en a vingt en réserve. Le but est de sortir les collections de ces réserves, de donner aux musées les moyens de valoriser ces trésors qui dorment. » Car, quand une numérisation 3D classique va se faire à la main, nécessiter une journée et beaucoup d’expertise, l’invention portée par Mercurio va permettre de scanner de façon automatique 50 à 100 objets dans la journée, pour un coût évidemment moindre.

Offrir une « expérience de l’objet »

Outre les musées et conservateurs, Eloi Gattet espère convaincre aussi le marché de l’art privé en promettant ce qu’il appelle « l’expérience de l’objet ». Ce n’est pas la copie exacte qui l’intéresse dans la numérisation, mais « la couleur, l’apparence visuelle, la brillance et la rugosité » et encore : « la façon dont un objet réagit à la lumière ». « Les gens achètent peu d’art en ligne car ils ont besoin d’inspecter l’œuvre, pense-t-il. J’espère casser ce plafond de verre et permettre aux amateurs d’art d’être rassurés sur l’aspect d’une œuvre, d’avoir l’essentiel de l’expérience d’un objet sur l’écran, comme s’il le tenait dans la main. »

Le fondateur de Mercurio a encore des réglages à travailler pour finaliser sa technologie. Modulable à la manière d’un Lego, le scanner est conçu pour s’adapter aux besoins de l’utilisateur. « Si ce n’est un outil de valorisation ou d’accès à la culture, c’est au moins une solution pour permettre d’avoir une sauvegarde si jamais le patrimoine disparaît, affirme Eloi Gattet. Avec l’incendie de Notre-Dame, on se rend compte à quel point il faut sauvegarder le patrimoine ». Et le numériser, serait-on tenté d’ajouter.