Il avait menacé Edouard Philippe sur Facebook… Un sympathisant « gilet jaune » encourt 70 heures de travail d’intérêt général

RESEAUX SOCIAUX « Quelqu’un te chopera tôt ou tard, c’est certain », avait écrit le prévenu sur Facebook le 29 février 2020, sous une vidéo de l’ancien Premier ministre

H. B. avec AFP

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L'ancien premier ministre Edouard Philippe.
L'ancien premier ministre Edouard Philippe. — Robin Letellier/SIPA

Le parquet de Tours a requis 70 heures de travaux d’intérêt général à l’encontre d’un sympathisant « gilet jaune », qui comparaissait jeudi devant le tribunal correctionnel pour avoir menacé Edouard Philippe, alors Premier ministre, sur les réseaux sociaux.

« Quelqu’un te chopera tôt ou tard, c’est certain », avait écrit le prévenu sur Facebook le 29 février 2020, sous une vidéo de l’ancien Premier ministre qui annonçait le recours à l’article 49.3 pour faire passer le projet de loi sur la réforme des retraites.

« Ça ne fait aucun doute, ce sont des menaces »

L’homme, âgé de 42 ans, était poursuivi pour « menace de commettre un crime ou un délit à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique », après une plainte du cabinet du Premier ministre.

« Ça ne fait aucun doute, ce sont des menaces. Tous les mots ont un poids, on ne s’adresse pas au Premier ministre comme à ses amis du café du commerce. D’autre part, votre commentaire aurait pu être incitatif », a lancé au prévenu le substitut du procureur de la République de Tours, David Arnault.

« C’était l’expression d’une colère »

Ce sympathisant des «gilets jaunes» père de deux enfants, sans emploi, qui bénéficie d’une reconnaissance d’adulte handicapé, a avoué être l’auteur de ce commentaire, évoquant « un ras-le-bol ». « C’était l’expression d’une colère, d’une expression politique, mais en rien une menace », s’est défendu le prévenu, qui avait fait l’objet d’une perquisition à son domicile d’Indre-et-Loire en novembre 2020.

« Je n’aurais d’ailleurs jamais tenu ces propos si j’avais rencontré Edouard Philippe », a-t-il ajouté pendant l’audience. Son avocate, Me Laura Izemmour a ainsi plaidé la relaxe estimant que « l’infraction n’était pas caractérisée ». Son client n’avait « aucunement eu l’intention de troubler la tranquillité du Premier ministre », a-t-elle expliqué.