Coronavirus : Visée par des injures et des menaces physiques, la professeure Karine Lacombe quitte les réseaux sociaux

CYBERHARCELEMENT La cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris a ouvertement critiqué la méthode de l’essai clinique du professeur Raoult

L.Be.

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Professeure Karine Lacombe pendant une conférence de presse  avec le Premier ministre à Paris, le 28 mars 2020.
Professeure Karine Lacombe pendant une conférence de presse avec le Premier ministre à Paris, le 28 mars 2020. — VAN DER HASSELT/POOL/SIPA

La violence en ligne n’a pas pris fin avec le confinement. Certains médecins, comme la professeure Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine de Paris, en ont fait les frais. Interrogée ce lundi sur BFMTV, elle a confié avoir quitté les réseaux sociaux pour se concentrer sur son travail de recherche contre le coronavirus.

Karine Lacombe mène actuellement l’essai clinique Coviplasm qui consiste en la transfusion de plasma de patients guéris du Covid-19, contenant des anticorps dirigés contre le virus, sur des patients souffrant du Covid-19. Invitée du journal de 20 heures samedi, elle avait ouvertement critiqué les résultats et la méthode du professeur Didier Raoult sur l’hydroxychloroquine contre le coronavirus.

Menaces physiques et injures

« J’ai essayé, dans ce débat qui était très clivant, de rester sur une ligne de crête, c’est-à-dire ne pas être trop alarmiste, ni trop rassurante en apportant des éléments concrets, scientifiques, au débat, a-t-elle souligné. Et bien sûr, c’est allé à l’encontre de certaines théories qui étaient propagées sur Internet. J’ai reçu des menaces physiques, des injures. Tous les jours dans mon service, mes secrétaires et mon personnel soignant reçoivent des coups de fil anonymes et injurieux. J’ai reçu des mails extrêmement désagréables ».

Et de confirmer : « J’étais sur Twitter et j’ai désactivé mon compte parce que c’était un déversement de propos tous plus désagréables les uns que les autres ». La professeure a préféré s’assurer une tranquillité intellectuelle pour se concentrer sur les patients et sur la recherche. « J’ai décidé de quitter complètement les réseaux sociaux, où j’essayais de faire passer de l’information objective, mais qui finalement était noyée par le flot de jugements à l’emporte-pièce », a-t-elle déploré.