Lille : Prévenir l’endormissement au volant grâce au rythme cardiaque

INNOVATION Une entreprise et le Centre hospitalier de Lille créent un système scientifique qui empêche les automobilistes de s’endormir

Mikaël Libert
La somnolence au volant est la première cause d'accidents mortels sur autoroute (illustration).
La somnolence au volant est la première cause d'accidents mortels sur autoroute (illustration). — F.Elsner / 20 Minutes
  • La somnolence première cause d’accidents mortels sur les autoroutes.
  • Une société lilloise et le centre hospitalier de Lille ont travaillé sur cette question.
  • Ils ont élaboré une solution permettant de prévenir ce phénomène bien en amont.

Dormir, c’est parfois mourir. L’endormissement au volant est la première cause d’accidents mortels sur les autoroutes, avant l’alcool et la vitesse. Un phénomène qui n’épargne personne et contre lequel il n’existe aucune arme efficace à 100 %. Aucune ? Peut-être plus. Appuyée par le travail de scientifiques du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille, la société lilloise Core affirme avoir mis au point un système permettant de prévenir la somnolence.

La somnolence est un phénomène qui entraîne des périodes de microsommeil dont la durée varie entre une et quatre secondes. Allongé dans son canapé, ce n’est pas un problème. Au volant d’un véhicule en marche, cela peut être fatal pour soi et pour les autres. « C’est encore plus marquant pour les professionnels de la route comme les chauffeurs routiers », assure Nicolas Vera, directeur général de Core.

Un algorithme utilisé pour mesurer la douleur dans les blocs opératoires

En 2015, les fondateurs de Core ont mis au point un système permettant de mesurer, grâce au rythme cardiaque, le niveau de stress et de confort des personnes. L’algorithme est notamment utilisé par les anesthésistes pour évaluer le niveau de douleur des patients dans les blocs opératoires. « Nous nous sommes dit que cela pouvait être aussi efficace pour prévenir de l’endormissement au volant », poursuit Nicolas Vera.

Pour faire simple, un capteur analyse le rythme cardiaque, les transforme en données physiologiques qui sont ensuite exploitées par l’algorithme développé par Core. « Cela permet de prévenir entre 10 et 20 minutes avant que la somnolence survienne et cela fonctionne à 100 % », insiste le DG. Le capteur peut être contenu dans un brassard ou une montre. Il est relié à une application sur smartphone qui avertira le conducteur. « Cela pourra aussi être relié directement au véhicule pour interagir avec, par exemple, l’éclairage, la température ou la lumière et réveiller le conducteur ou l’amener à se garer », imagine Nicolas Vera.

Dans un premier temps, ce système vise essentiellement les professionnels, comme les transporteurs routiers. « En moyenne, un accident non mortel coûte près de 130.000 euros à une société de transport. Notre système est un bon investissement en termes de sécurité mais aussi d’image et de rentabilité pour l’entreprise », insiste le DG de Core. Des arguments qui ont déjà séduit plusieurs professionnels de la logistique, notamment dans le Nord. L’idée de se diversifier au grand public est dans les tuyaux de la société lilloise, mais pas pour tout de suite.