Coronavirus à Lille : Le CHU met en garde contre un relâchement face à l’épidémie

CORONAVIRUS Le centre hospitalier de Lille entend relativiser l’optimisme ambiant malgré certains signes positifs

Mikaël Libert
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Le Centre Hospitalier (CHR) de Lille.
Le Centre Hospitalier (CHR) de Lille. — M.Libert/20 Minutes

Une augmentation qui diminue reste une augmentation. Ce mercredi matin, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille faisait le bilan hebdomadaire de son activité autour de l’épidémie de coronavirus. Et si tout n’est pas encore rose, tout n’est pas non plus noir. Et inversement. Mais pour l’hôpital une chose est sûre, nous ne sommes pas tirés d’affaire. Il faut donc éviter à tout prix le relâchement, notamment en ce qui concerne le confinement.

Selon l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France, environ 400 personnes sont actuellement hospitalisées en réanimation et en soins intensifs dans le Nord-Pas-de-Calais. Au CHU de Lille, on en est a environ 200 malades pris en charge ce jeudi, « nous avons pu aller jusqu’à 250 il y a quelques jours », assure Frédéric Boiron, le directeur général de l’hôpital. En réanimation, 110 des 130 lits disponibles sont occupés, « mais essentiellement par des patients lourds dont certains proviennent d’autres hôpitaux de la région », poursuit le DG. En hospitalisation Covid-19 hors réanimation, le CHU décompte environ 90 patients sur 148 lits.

Davantage de malades du Covid-19 nécessitent une hospitalisation

« Aujourd’hui, on a effectivement un peu plus de marge alors qu’on était à la course au remplissage il y a seulement quelques jours », reconnaît Frédéric Boiron. Une marge qui permet d’ailleurs de décharger des structures beaucoup plus tendues comme c’est encore le cas à Amiens. « On peut et on fait face à cette épidémie et nous aurons la même capacité en cas de rebond », estime le DG.

Mais si la courbe semble s’infléchir, il faut rester vigilants. « Je tiens à relativiser l’optimisme ambiant car si le nombre de cas augmente moins, il augmente néanmoins toujours », insiste le professeur Patrick Goldstein, patron du Samu et des urgences. Selon lui, c’est le nombre de patients lourds qui est loin de baisser. « On note une augmentation de 40 % des hospitalisations de personnes diagnostiquées positives », déplore-t-il. « Le confinement a bel et bien permis de ralentir la progression de l’épidémie. Mais il ne faut surtout pas se relâcher maintenant car nous n’avons aucun modèle certain sur ce qui va se passer dans les semaines à venir », renchérit Frédéric Boiron.

Il y a un autre message que le CHU tient à faire passer. « S’il vous plaît, soignez-vous, martèle le patron du Samu. Il y a clairement un retard de prise en charge des maladies chroniques ou aiguës. Et les conséquences de ces retards pourraient être dramatiques dans un avenir proche », explique-t-il. « Il ne faut pas renoncer à vos soins urgents ou indispensables de peur de gêner le fonctionnement de l’hôpital. Nous sommes organisés pour pouvoir traiter cela », enchaîne le DG du centre hospitalier. Et s’il s’agit d’une peur de contracter le coronavirus dans l’enceinte du CHU, là encore, aucun risque : « Les circuits de soins Covid et les autres sont bien séparés », précise Frédéric Boiron.