Avec ses humanoïdes, l'entreprise belge Zorabots veut libérer le temps des humains

ROBOTIQUE Fabrice Goffin et Tommy Deblieck, cofondateurs de cette société belge, rêvaient d’un R2D2 et ils ont créé Zora

Charlotte Rabatel pour 20 Minutes

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Zorabots, une entreprise belge à la pointe de la robotique
Zorabots, une entreprise belge à la pointe de la robotique — Geeko

Le robot de l’entreprise Zorabots peut se tenir « à deux mètres de distance, vous n’avez pas besoin de le toucher, il est complètement manipulable à la voix, comme un Google Home ou un Alexa », explique Raphael Tassart pour Zorabots. Un bot comme Alexa, mais sur deux jambes. Ou deux roues. L’entreprise flamande s’est spécialisée dans la production des robots humanoïdes. Elle fait aujourd’hui partie des leaders au niveau global.

Zora et compagnie

L’entreprise a développé plusieurs programmes. Le plus répandu porte le nom de Zora. La petite humanoïde mesure 27cm. Elle appréhende très bien l’espace autour d’elle, notamment grâce à de nombreux capteurs installés dans ses pieds, ses mains et sa tête. Sa vue est précise : elle est équipée de deux caméras à haute résolution. Pour l’écoute et les paroles, Zora s’appuie sur quatre microphones et haut-parleurs.

Zorabots, une entreprise belge à la pointe de la robotique
Zorabots, une entreprise belge à la pointe de la robotique - Geeko

Pour l’accueil de clients notamment, il y a Pepper le majordome. Il se déplace sur trois roues et présente un écran sur son buste. Pepper sait se repérer : il retrouve son chemin dans un lieu donné et peut reconnaître des produits. Il peut accompagner les clients jusqu’à un point donné, à un rythme de 3km/h.

Des robots pour tous

Ces robots sont très utiles dans les magasins. Le robot « peut guider les visiteurs à travers l’espace, vers le bon endroit, dans le bon rayon, au bon espace », explique Raphael Tassart. Avec la reconnaissance faciale, le programme peut reconnaître un client qui participe à un programme de fidélité (avec son accord préalable) et lui indiquer s’il peut profiter d’une promotion par exemple.

Les robots peuvent également animer « des séances de kinésithérapie, de gym, d’exercice physique », dans les maisons de repos. Raphael Tassart explique « qu’avec un robot parfois le jugement, la peur, l’appréhension que vous avez n’est plus du tout la même, ça peut libérer la parole et c’est ce qui se passe, très bien ». L’entreprise a d’ailleurs mis à disposition ses robots durant le confinement. Avec un programme simplifié, plusieurs exemplaires de Zora ont notamment permis aux personnes isolées de passer des appels vidéo.

Zora et Pepper ne viendront pas voler votre travail. « Le robot est là pour animer, apporter une autre expérience, soutenir, supporter, aider dans les tâches répétitives », explique Raphael Tassart. Dans certains cas, il va tout de même prendre des tâches assignées à un être humain. Dans cas là, Raphael Tassart précise que c’est dans le but de « libérer du temps et d’accorder plus de temps sur une tâche où l’être humain a une valeur ajoutée ».

Un corps et une tête

Zorabots crée des robots mais ne les fabrique pas. « Si on doit être intellectuellement honnête à la base c’est un robot qui s’appelle Nao et qui est fabriqué par un japonais », explique Raphael Tassart. Un robot est constitué de deux choses, une enveloppe plastique et un programme qui lui sert de cerveau. Zorabots développe le cerveau de ses robots.

Les deux cofondateurs Fabrice Goffin et Tommy Deblieck sont des fans de la saga Star Wars. « Ils avaient une grande envie, c’était de créer leurs propres R2D2, leurs propres robots », explique Raphael Tassart. Ils ont découvert le petit Nao, fabriqué à l’époque par l’entreprise française Aldebaran Robotics (aujourd’hui, Soft Bank Robotics).

Zorabots développe un logiciel qui permet à tout le monde de prendre en main le robot, « et faire plein de choses avec », explique Raphael Tassart. Fabrice Goffin et Tommy Deblieck voulaient des robots « qui ne soient pas que des gadgets », c’est-à-dire « créer des robots qui rendent service ». Zora est donc un logiciel intégré au robot Nao, de l’entreprise japonaise Softbank Robotics.

Le logiciel développé est intuitif, Raphael Tassart explique que « vous avez juste des cases et des boxes à bouger sur une timeline, c’est hyper facile ». Il estime qu’en « une heure montre en main vous êtes capable de faire tout ce que vous voulez avec le robot ». Au départ, les robots étaient destinés à de la rééducation kinésithérapeutique. L’entreprise a rapidement étendu ses activités : « après petit à petit on s’est ouvert à d’autres types de robot, d’autres types de hardwares », explique Raphael Tassart.