VIDEO. L’impression 3D pour tous à moins de 300 euros avec Dagoma

IMPRESSION 3D Basée à Roubaix, la société Dagoma a décidé de rendre l’impression 3D accessible à tous avec des équipements simples et accessibles

Christophe Séfrin

— 

L'imprimante 3D Magis vendue 499 euros.
L'imprimante 3D Magis vendue 499 euros. — DAGOMA
  • Créée en 2014 par deux ingénieurs de 30 ans, la société roubaisienne Dagoma est parvenue à faire sauter les verrous de l’impression 3D.
  • Avec ses imprimantes simples d’emploi vendues à partir de 300 euros seulement, l'entreprise veut séduire un public large grâce à des appareils ludiques et pratiques.
  • En 3 ans, Dagoma est déjà parvenue à vendre 25.000 machines qu’elle fabrique aussi en 3D, dans ses locaux.

Jugée trop chère ou trop compliquée, l’impression 3D n’était pas encore parvenue à convaincre le grand public. Cette appréhension va pouvoir voler en éclats. Dagoma, une société roubaisienne, a imaginé des imprimantes 3D pour tous, simples et accessibles. « L’acheteur de chez Leroy-Merlin est notre client type », explique-t-on chez Dagoma.

Des plans pour toutes les audaces

Vendue 499 euros, l’imprimante « 3D Magis » que nous avons pu voir à l’œuvre est d’une facilité d’usage confondante. « Notre but était de créer la Nespresso des imprimantes 3D », explique Florent Vanhove, ideas developer chez Dagoma. Et pour cause : la 3D Magis n’a besoin que d’un seul bouton pour fonctionner.

L'impression 3D ludique et pratique.
L'impression 3D ludique et pratique. - DAGOMA

Fournie avec un guide de formation, l’imprimante s’utilise avec un filament de plastique et, évidemment, des plans. On en trouve en cascade sur le web sous forme de fichiers numériques en «.slt ». Ils sont à l’impression 3D ce que sont les fichiers MP3 à la musique. Alternative : créer ses propres plans. Là encore, facilité : des logiciels comme Ultimaker Cura ou Tinkercad permettent de nombreuses audaces. Et en cas de pépin, la communauté d'utulisateurs Dagoma sait se serrer les coudes. Début 2019, elle avait relevé le pari d'inprimer collectivement  les 68 pièces d'une moto. En cinq jours, un travail de 1.000 heures d’impression avait ainsi été bouclé.

1h49 pour imprimer le logo de 20 Minutes

La modélisation du logo 20 Minutes en 3D avec le logiciel Tinkercad montre qu’il est assez simple de se débrouiller par ses propres moyens : choix de l’échelle, de la densité (creux, rempli, renforcé), de la qualité, de la qualité du filament (plastique, flexible, à base de laiton)… autant de critères que l’on peut sélectionner simplement. Reste à enregistrer son plan sur une carte SD, à la glisser dans l’imprimante et à appuyer sur son unique bouton…

L'impression du logo 20 Minutes avec l'imprimante 3D Magis.
L'impression du logo 20 Minutes avec l'imprimante 3D Magis. - DAGOMA

Au final, l’impression 3D de notre logo de 28 grammes aura quand même pris 1h49, mais son coût de revient aura été minime: 93 centimes d'euro. On imagine avec quelle simplicité il peut devenir possible de fabriquer pour la remplacer la pièce défectueuse ou cassée d’un appareil électroménager.

Engagement environnemental

« Réparer plutôt que de jeter, et permettre à chacun de devenir un acteur local de la consommation » font partie des messages forts que l’on essaye de véhiculer, explique-t-on chez Dagoma. Qui revendique de fortes affinités environnementales.

Un enceinte fabriquée à l'aide d'une imprimante 3D Dagoma.
Un enceinte fabriquée à l'aide d'une imprimante 3D Dagoma. - CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

Ses imprimantes sont d’ailleurs fabriquées à Roubaix… et notamment en 3D ! Ainsi, jusqu’à 450 imprimantes 3D peuvent fonctionner de concert dans les locaux de Dagoma pour façonner les pièces des trois modèles d’imprimantes que la société produit pour le grand public. Selon Florent Vanhove, « cela permet aussi de faire évoluer la production en fonction des commandes, de procéder à des améliorations si l’on n’est pas satisfait ».

Bas les armes

Les équipes de Dagoma ont décidé de lutter contre les fichiers disponibles sur les réseaux pour imprimer des armes en 3D. Pour participer à l’éradication de ce fléau, Dagoma a téléchargé des centaines de fichiers d’armes, les a transformés pour qu’ils soient inopérants, puis les a substitué aux fichiers originaux… téléchargés depuis plus de 13.000 fois! Ainsi, Dagoma a discrètement modifié plus de 400 pièces d’armes, rendant ces dernières parfaitement inoffensives une fois imprimées en 3D. Et pan!