Californie : Une loi interdit l’utilisation de la reconnaissance faciale sur les caméras des policiers

TECHNOLOGIE Les logiciels de reconnaissance faciale sur les appareils embarqués de la police seront prohibés pendant trois ans

20 Minutes avec agences

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Un policier américain teste un système de caméra embarquée sur ses lunettes.
Un policier américain teste un système de caméra embarquée sur ses lunettes. — F.FAUR/AFP

Les policiers de Californie n’auront pas le droit d’utiliser des logiciels de reconnaissance faciale sur leurs caméras embarquées pendant trois ans, selon une loi ratifiée cette semaine par le gouverneur démocrate. Le texte a été porté par Phil Ting, un élu de San Francisco. En mai dernier, la ville était déjà devenue la première dans le pays à bannir toute utilisation d’outils de reconnaissance faciale par les forces de l’ordre.

« La technologie de reconnaissance faciale revient à transformer les caméras embarquées » portées par les policiers « en outil de surveillance 24 heures sur 24, permettant aux forces de l’ordre de suivre à la trace nos moindres mouvements », a ainsi expliqué Phil Ting.

Identifications erronées

Celui-ci estime que la technologie « n’est pas encore mûre ». Selon lui, « elle associe à tort des gens innocents à des photos de police, moi y compris », a-t-il écrit sur Twitter. L’élu faisait en effet partie des 26 parlementaires qui avaient été « reconnus » de façon erronée par un logiciel parmi les visages figurant dans une base de données de délinquants, lors d’une démonstration organisée par l’association de défense des droits civiques ACLU.

Le géant technologique Amazon, créateur du logiciel Rekognition employé lors de cette démonstration, avait alors dénoncé ce test comme un coup de publicité. Il avait affirmé que le logiciel n’avait pas été correctement utilisé.

Problème de fiabilité

Autre argument avancé par la loi adoptée en Californie : ces techniques de surveillance biométriques sont moins fiables quand il s’agit d’identifier des femmes, des jeunes gens ou des « gens de couleur », ce qui crée pour ce pan de la population un risque accru et « néfaste » d’identification erronée.

Le moratoire de trois ans ne s’applique cependant qu’aux caméras corporelles mais n’empêche pas les forces de l’ordre d’utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour des caméras fixes ou d’autres applications.