Nice : Caméra, reconnaissance faciale, détecteur de bruits… Un collectif lancé pour « résister à la surveillance »

SECURITE La Quadrature du Net, la Ligue des droits de l’Homme, CGT Educ’Action des Alpes-Maritimes et la Fédération des conseils de parents d’élèves s’associent

Mathilde Frénois

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Une camera de surveillance au dessus de la Promenade des Anglais à Nice, en 2012
Une camera de surveillance au dessus de la Promenade des Anglais à Nice, en 2012 — Valery Hache AFP
  • Le mouvement entend « résister à la surveillance totale de nos villes et de nos vies ».
  • « On a constaté un développement de ces dispositifs de surveillance sans vraiment de contrôle, sans aucun débat public, sans réflexion sur les droits fondamentaux », explique Martin Drago de la Quadrature du Net.

Dans une petite salle sans fenêtre du centre-ville de Nice, ça cause « big data », « smart-city » et « intelligence artificielle ». Des mots qui, accolés aux questions de sécurité, inquiètent les responsables de la Quadrature du Net, de la Ligue des droits de l'Homme, de la FCPE 06 et de la CGT 06. Ces quatre organisations lancent « Technopolice », une campagne « contre la surveillance technologique de l’espace urbain à des fins policières ». Le mouvement entend « résister à la surveillance totale de nos villes et de nos vies ».

Si le collectif Technopolice a choisi Nice pour lancer sa campagne, ce n’est pas vraiment un hasard. C’est ici que la reconnaissance faciale a été expérimentée lors du carnaval et qu’un lycée va tester les portiques intelligents. C’est aussi dans la capitale azuréenne que la détection des émotions dans le tram est en projet et que le programme Safe-city met en relation toutes ces données.

« On a constaté un développement de ces dispositifs de surveillance sans vraiment de contrôle, sans aucun débat public, sans réflexion sur les droits fondamentaux, explique Martin Drago de la Quadrature du Net. Les questions de libertés ne sont pas assez abordées. Or, on ne va pas sortir manifester dans la rue de la même façon si on sait qu’on va être identifié. La notion de consentement, la finalité du traitement de nos données, l’anonymisation des données personnelles sont des questions importantes. » Contactée, la ville de Nice n’a pas souhaité réagir.

« Il y a toujours ce flou »

Ces quatre associations s’étaient déjà réunies. C’était en février pour une procédure commune. Ensemble, ils ont saisi le tribunal administratif pour s'opposer à l’expérimentation de la reconnaissance faciale dans les lycées de la région Sud.

Désormais rassemblées en collectif, elles ont créé un site web avec un forum, une base de données documentaires et une plateforme afin de coordonner les recherches et les actions autour de la « surveillance technologique ». « On dénonce l’opacité de ces projets. Qu’est-ce que ça va donner ? Quand ça va commencer ? On ne comprend pas, affirme Martin Drago. Il y a toujours ce flou où c’est à nous d’aller creuser pour savoir ce qui va se passer. » Technopolice a déjà tracté devant le lycée Ampère de Marseille, toujours au sujet des portiques de sécurité.

Le collectif s’inquiète de la confidentialité et de la marchandisation des données. « On est convaincus que les enfants sont de futurs citoyens, pointe Laetitia Siccardi de la FCPE 06. La question des libertés fondamentales n’est pas à mettre de côté. Il faut que nos enfants soient conscients qu’ils ont des libertés et que c’est précieux. »