Les écrans 90Hz s'imposent comme une petite révolution sur nos mobiles

SMARTPHONE Si l’on prête souvent attention à la résolution de l’écran ou la technologie employée par les constructeurs, on a en revanche souvent tendance à ignorer le taux de rafraîchissement de l’écran

Jennifer Mertens pour 20 Minutes

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Les écrans 90Hz, la petite révolution dans le mobile
Les écrans 90Hz, la petite révolution dans le mobile — Geeko

Au moment d’acheter un smartphone, on a l’habitude de vérifier rapidement la fiche technique, histoire de se convaincre qu’on fait le bon choix. Un smartphone à 1.300 euros est censé proposer le top du top en matière d’expérience utilisateur. Et pourtant, ni l’iPhone 11 ni le Galaxy Note 10 ne proposent un écran 90 Hz.

La révolution silencieuse

L’écran est souvent un facteur déterminant dans le choix d’un mobile. Le consommateur aura tendance à choisir son nouveau smartphone sur base de la technologie employée (LCD ou OLED), de sa taille (généralement entre 5 et 6,5″), voire, pour les consommateurs les plus regardants, sur la densité de pixels (PPI) ou la luminosité de l’écran (les fameux nits). Une nouvelle variable est désormais à prendre en considération : le taux de rafraîchissement de l’écran.

De façon générale, la fluidité d’un appareil est définie par la puissance de son processeur, l’optimisation du logiciel et la RAM. Un appareil qui embarque beaucoup de RAM, un processeur puissant et qui est parfaitement optimisé par des ingénieurs, aura tendance à être plus rapide qu’un modèle low-cost. Apple est ainsi passé maître dans l’optimisation du logiciel. A armes égales, ses iPhone écrasent la concurrence. Pour concurrencer l’iPhone, les fabricants de smartphones Android se sont lancés dans la course à la RAM. C’est ce qui explique qu’on retrouve aujourd’hui des appareils avec 8 ou 12 Go de RAM. En termes d’optimisation, difficile de faire mieux aujourd’hui, si ce n’est en upgradant l’écran.

Un écran plus fluide

OnePlus a été l’un des premiers à introduire un écran 90Hz avec son OnePlus 7 Pro. Le constructeur chinois a introduit il y a quelques jours son successeur, le OnePlus 7t, qui hérite de cette fonctionnalité dont beaucoup ignorent jusqu’à l’existence. Lorsqu’on prend le smartphone en main, difficile de noter la différence. Et pourtant, après plusieurs jours d’utilisation, difficile de revenir à un écran 60 Hz – qui n’affiche que 60 images par seconde, contre 90 pour les écrans 90Hz. La fluidité des écrans 90 Hz est difficile à cerner, mais c’est sur la durée qu’ils parviennent à convaincre. Le constructeur chinois nous explique d’ailleurs que plusieurs ingénieurs ont dû travailler sur son intégration durant pas moins de 3 ans avant de pouvoir proposer les premiers smartphones 90 Hz.

D’autres constructeurs lui ont emboîté le pas, à l’image d’Asus, Razer ou Google. Outre le confort d’utilisation, c’est surtout l’argument des performances en gaming qui séduit. Un plus haut taux de rafraîchissement signifie un meilleur frame-rate en gaming, et en théorie un léger avantage sur les concurrents, notamment dans les shooters en ligne. C’est ainsi que les marques de gaming Razer et ASUS se sont emparées du phénomène et ont même livré les premiers smartphones 120 Hz. Pour la majorité des consommateurs, passer à un écran 120 Hz ne représente que très peu d’intérêt. L’œil humain n’est plus capable de détecter de différence dans la navigation sur l’écran du smartphone, mais entre 60 et 90 Hz, la différence est notable.

On notera d’ailleurs que Samsung et Apple s’intéressent également à cette technologie. Le géant américain est supposé investir dans des écrans 90 et 120 Hz pour sa prochaine génération d’iPhone. Une chose est sûre, il faudra éduquer le consommateur à ce nouvel élément qui restera sans doute pendant plusieurs années très abstrait aux yeux des consommateurs, mais qui a toutefois son importance au niveau du confort d’utilisation.