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Après le fabuleux PSG-Bayern, comment survivre au « terrorifico » Atlético-Arsenal ?

Atlético - Arsenal : Après le match cinq étoiles PSG-Bayern, comment survivre au « terrorifico » ?

PURGE EN VUE ?La deuxième demi-finale de Ligue des champions entre l’Atlético de Madrid et Arsenal risque de souffrir de la comparaison avec le PSG-Bayern magique, en matière de jeu et d’ambitions
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Au lendemain d’un PSG-Bayern aux allures d’orgie romaine, la deuxième demi-finale de Ligue des champions met aux prises l’Atlético de Madrid et Arsenal, ce mercredi à 21 heures, du côté de Madrid.
  • Une rencontre qui promet tout autre chose que la piste aux étoiles du Parc des Princes, et qui pourrait même s’avérer dangereuse pour la santé pour peu que l’on ne s’y soit pas préparé.
  • Mais avec un Diego Simeone de moins en moins intransigeant sur l’aspect défensif de son équipe, et une équipe d’Arsenal qui doit encore quand même savoir jouer au ballon de temps en temps, les supporters des deux camps nous prédisent une possible bonne surprise. On n’est pas obligé de les croire pour autant.

Qu’on l’appelle le destin ou le hasard, le sort n’a pas fait dans la demi-mesure au moment de nous dessiner les affiches de ces demi-finales de Ligue des champions. D’un côté, un PSG-Bayern de rêve aux airs de finale avant l’heure entre les deux équipes les plus excitantes de la saison en Europe. De l’autre, ce que l’on a appelé le « terrorifico », entre deux équipes de l’Atlético de Madrid et d’Arsenal dont l’attrait pour le beau jeu est aussi faible que leur soif de titre est grande.

Et si on savait d’avance que la transition entre ces deux rencontres serait d’une violence inouïe, ce qu’on a vécu mardi soir au Parc des Princes, avec l’une des plus belles orgies de football - total - de toute l’histoire de la Ligue des champions, on se demande même ce mercredi s’il est bien prudent de passer de l’un à l’autre sans risquer de se brûler les rétines.

Si les deux équipes n’ont certes pas volé leur place à la table des grands dans le dernier carré de la C1, peut-on les imaginer nous offrir autre chose qu’une guerre de tranchées, entre un Diego Simeone docteur en endormissement de l’adversaire (et des spectateurs) et un Mikel Arteta devenu soudainement un fossoyeur du beau jeu ces derniers mois ? On peut aussi choisir de voir le verre à moitié plein et prendre la question à l’envers en se demandant si ce sommet du BTP européen ne serait-il pas ce qui se fait de mieux en terme de « HaramBall », ce néologisme venu tout droit des réseaux sociaux pour désigner les équipes fâchées avec le ballon et le beau de manière générale ?

« Programmez peut-être un réveil, au cas où »

Ancien Gunner de la grande époque, celle où Arsenal était capable de régaler sur le terrain ET de gagner des titres, Robert Pirès se marre à l’évocation de notre « terrorifico ». « Vous êtes durs ! C’est pas super gentil pour les joueurs, mais je comprends l’idée. C’est sûr que ce match fait moins rêver, concède le consultant sur Canal+, qui diffuse la demi-finale ce mercredi. Dans le jeu, que ce soit Arsenal ou l’Atlético, c’est ultra-défensif, ultra-frileux. Après, on ne peut pas dire non plus qu’Arsenal ferme totalement le jeu et refuse d’aller vers l’avant. Même si c’est moins flamboyant que les années précédentes, ils essaient quand même de proposer un jeu offensif. »

Interrogés chacun de leur côté, Ridler, ce créateur de contenu anglais fan des Gunners, et Abdul, supporter français de l’Atlético de Madrid et créateur de la page Facebook des fans tricolores des Colchoneros, ont suffisamment de recul et d’honnêteté pour ne pas prendre la mouche quand on évoque avec eux la possible purge à venir.

« Je comprends les doutes des gens avant ce match. Arsenal, surtout ces derniers temps, pratique un football très prudent tandis que l’Atlético de Madrid a toujours eu la réputation d’être l’une des équipes les plus défensives d’Europe, à plus forte raison lors des grands matchs. On s’attend donc à un match ennuyeux car aucune des deux équipes ne pratique actuellement le football offensif et ouvert du PSG ou du Bayern. Mon conseil à ceux qui vont regarder le match ? Préparez-vous une tasse de thé… et programmez peut-être un réveil au cas où vous vous piqueriez du nez devant votre télé ! »

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Pour Abdul, plus habitué encore que son homologue d’Outre-Manche à se faire chambrer pour le style de jeu de son équipe, les moqueries glissent sur lui comme un tacle rageur de Griezmann après un retour défensif de chien de la casse. « Ce sont des petites piques qui me font bien rire. J’aime bien ce côté taquin dans le football même si on en est souvent la cible ! C’est vrai que ce n’est pas toujours chouette à voir, je n’ai aucune honte à le dire. Cette saison, c’est un peu les montagnes russes : il y a des fois où tout nous sourit et on sort des masterclass, et puis d’autres où c’est tout l’inverse, où on n’a pas le choix de reculer et de subir, en offrant ce jeu “moche” que tout le monde nous reproche. »

Arsenal is the new Atlético

Attention tout de même à ne pas tomber dans le panneau des clichés mensongers. Les deux équipes ont beau se disputer le titre de l’équipe la plus besogneuse du continent, il faut bien admettre que les courbes du moche semblent s’être inversées ces derniers mois entre des Colochoneros clairement moins fermés et plus joueurs que par le passé, et Arsenal, qui se vautre chaque semaine un peu plus dans le moche, le uggly game, depuis le début de l’année 2026. Il fallait encore être solidement harnaché dans son canapé pour ne pas partir en courant devant le spectacle des Gunners contre Newcastle le week-end dernier. Mais à l’approche du money time, les supporters anglais ne feront pas les fines bouches si leur équipe remporte un titre majeur en fin de saison.

« C’est l’histoire de ces trois, quatre dernières saisons : Arsenal joue bien, c’est plaisant à regarder, mais à la fin tu ne gagnes pas de trophée. Aujourd’hui, les supporters sentent que c’est la bonne en Premier League et peut-être en C1, et tant pis si ça joue moins bien, valide l’ancien Gunner et actuel consultant sur Canal+. Au final, je pense qu’on peut être agréablement surpris parce que l’Atlético n’est plus tout à fait le même qu’il y a quelques années. J’ai vu le match face au Barça, on peut difficilement parler d’une équipe qui ne fait que défendre. »

Un Atlético moins solide mais plus joueur

C’est vrai que depuis quelques années, un peu à l’image de Deschamps avec les Bleus, le père Simeone a mis de l’eau dans son ciment en proposant à ses joueurs un projet de jeu un chouïa plus emballant, qui s’en ressent à la fois sur les stats offensives (l’Atlético marque plus) et défensives (cette équipe n’est plus aussi infranchissable et horrible à jouer que par le passé). S’il ne crache pas sur cet assouplissement philosophique de son coach, Abdul regrette malgré tout la solidité perdue de l’Atlético.

« Ça fait déjà plusieurs années que Simeone a abandonné son 4-4-2 et tente de mettre un peu plus de poids vers l’avant. Mais ça reste saupoudré d’un jeu "zéro risque", un peu trop lent à mon goût, et pas forcément plus efficace offensivement. Et en contrepartie, défensivement, ce n’est plus ce que c’était… On parle toujours de l’Atlético de Madrid comme d’une équipe qui sait défendre, mais aujourd’hui, nos rares clean sheets sont parfois liés à la chance. On ne défend plus avec autant d’aisance : ce n’est que panique, cafouillage et maladresse. Je regrette l’époque de Godín, Filipe Luis, Juanfran, Miranda… On n’a jamais su réellement les remplacer. »

C’est peut-être ce qui nous sauvera, nous, simples spectateurs sans parti pris, ce mercredi soir, devant notre télé. Robert Pirès : « Ça peut aussi profiter aux Gunners, qui aiment beaucoup avoir le ballon et qui ont des joueurs pour profiter des espaces et prendre un malin plaisir à entrer dans les brèches. Je pense qu’on peut être agréablement surpris. »

C’est vrai après tout, sur un malentendu, on n’est peut-être pas à l’abri de voir quelques buts du côté du Metropolitano de Madrid, comme ce fut le cas à l’Emirates en octobre avec une victoire (4-0) des Gunners contre la bande au « Cholo ». Et dans le pire des cas, si on ressort vivant de cette nuit de l’horreur, ce ne sera que pour mieux se projeter sur le match retour de furieux qui nous attend mercredi prochain à l’Allianz Arena entre Paris et le Bayern.