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5-2 à la 59e… Comment la résilience bavaroise a frustré Enrique et le PSG

PSG - Bayern : La résilience bavaroise et les regrets parisiens, « après le 5-2 tu penses pouvoir avoir autre chose »

toujours en vieLe Bayern Munich aurait pu sombrer à 5-2 mais à trouver les ressources nécessaires pour quitter le Parc des Princes avec un résultat acceptable. Un scénario frustrant pour Luis Enrique
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Le PSG a battu le Bayern Munich 5-4 en demi-finale aller de Ligue des champions. Il a mené 5-2 à l’heure de jeu après le dernier but parisien signé Ousmane Dembélé. La déconcentration des locaux, mêlée à l’abnégation bavaroise, ont permis aux Allemands de rester malgré tout dans le match.
  • Vincent Kompany s’est déclaré fier de la réaction de ses hommes : « L’équipe est revenue au score, c’était incroyable », tandis que Luis Enrique a exprimé quelques regrets. « On a gagné ce match, on est très contents, mais après le 5-2, tu penses pouvoir avoir autre chose ».
  • Pour le match retour périlleux à l’Allianz Arena, où Kompany promet l’enfer aux Parisiens, Luis Enrique et son staff estiment que le PSG devra inscrire au moins trois buts pour accéder à la finale de la Ligue des champions.

Luis Enrique et le reste des Parisiens auraient probablement signé les yeux fermés pour une victoire 5-4 contre le Bayern Munich avant la demi-finale aller de Ligue des champions. Mais c’était avant de toucher du doigt au scénario du mieux, un univers où le PSG mettait hors d’état de nuire son adversaire allemand huit jours avant un déplacement compliqué à l’Allianz Arena. Cette faille spatiotemporelle a existé. Paris s’y est engouffré pour mener jusqu’à 5-2 à l’heure de jeu grâce à un but de patron d’Ousmane Dembélé. Ou, pour reprendre les mots de l’entraîneur asturien en conférence de presse d’après-match : « on a démarré cette deuxième mi-temps mieux qu’eux, on a marqué trois buts dans un état d’apothéose. »

Mais les demi-finales de Ligue des champions étant ce qu’elles sont - un monde à part –, le Bayern a trouvé le moyen de rester en vie là où beaucoup d’adversaires du PSG auraient capitulé. Baisser les bras contre le champion d’Europe sortant n’aurait rien eu de scandaleux si les Bavarois n’étaient pas faits d’un autre bois. Alors ils ont réagi. D’abord en profitant dans un premier temps d’une déconcentration parisienne sur un long coup franc de Joshua Kimmich repris de justesse de la tête par Dayot Upamecano. D’aucuns y verront une punition pour Luis Enrique d’avoir enfreint une sacro-sainte règle de base du coaching qui veut que l’on effectue pas de remplacement sur un coup de pied arrêté défensif (en l’occurrence Ruiz pour Zaïre-Emery).

La fierté de Kompany, les regrets de Vitinha et Luis Enrique

Trois minutes plus tard et fort d’une prestation de grande classe, Khvicha Kvaratskhelia s’est laissé aller à l’enflammade sur son côté gauche, sans savoir que sa perte de balle ne serait pas compensée au milieu de terrain. João Neves en retard, Harry Kane a eu tout le loisir de faire parler ses nouvelles qualités de numéro 10 pour trouver Luis Diaz dans la surface. La suite appartient aux plus belles compilations YouTube de un contre un humiliants, un sort qu’aurait pu s’éviter Marquinhos s’il avait pensé à jouer le hors-jeu au lieu d’accompagner le Colombien.

« J’étais fier dans les moments difficiles, quand on était à 5-2, a déclaré Vincent Kompany an conférence de presse d’après-match. L’équipe est revenue au score, c’était incroyable. » Une réaction d’autant plus admirable que le Belge, suspendu pour cette demi-finale aller, n’a pas vraiment pu interagir avec ses joueurs pendant la rencontre.

Paradoxalement, c’est donc du côté du vainqueur que se trouve l’amertume. « Si vous me demandez si j’aurais préféré garder trois buts d’écart, bien sûr que oui, mais c’est du passé, balayait Vitinha en zone mixte après le match. C’est difficile de jouer contre le Bayern : même quand ils sont menés de trois buts, ils continuent d’attaquer et il est très dur de maintenir un tel avantage. En face, c’est une grande équipe, donc il ne faut pas avoir de regrets. » Un peu quand même, à en croire Luis Enrique, un brin philosophe. « On a gagné ce match, on est très contents, mais après le 5-2, tu penses pouvoir avoir autre chose. Mais on a mérité de gagner, on a mérité le nul, et on aurait aussi mérité de perdre ce match. »

« Combien tu penses qu’on doit marquer de buts au retour ? Minimum trois »

Le mal est fait - ou plutôt le moins bien, on parle tout de même d’une victoire face à la formation la plus régulière d’Europe -. Paris doit maintenant se préparer à un déplacement périlleux à l’Allianz Arena, où Vincent Kompany promet l’enfer au champion d’Europe.

« Il y a quelque chose de spéciale qui peut toujours se passer chez nous, s’enthousiasmait le Belge au micro de Canal +. Il va y avoir 75.000 personnes. Ça va être une ambiance de feu, un bruit, une masse. Il fallait juste que l’on puisse le jouer, ce match retour. Et à 5-2, ce n’était pas sûr. On n’abandonne jamais, on ne va pas lâcher. Ils vont venir chez nous, on va aller à fond, tout donner jusqu’à en crever s’il le faut. On les attend, on veut ce match. »

Bien conscient de la chose, l’entraîneur parisien attend déjà un minimum de buts inscrits par ses joueurs pour viser la qualification en finale à l’issue d’un second match qui s’annonce aussi ouvert que le premier. « J’ai posé la question à mon staff. ''Combien de buts tu penses qu’on doit marquer au retour''. Leur réponse, c’est minimum trois. » Trois, comme l’écart de buts entre le PSG et le Bayern à la 59e minute de la demi-finale aller. Coïncidence ? On ne pense pas.