Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : Un groupe Facebook propose d’héberger ceux qui veulent quitter la ville

SOLIDARITE La page Facebook regroupe plus de 2.700 personnes, et déjà près d’un millier de propositions d’hébergement aux quatre coins de la France

Hakima Bounemoura

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La fumée de l'incendie, qui s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi, dans l'usine chimique Lubrizol a envahi la ville de Rouen.
La fumée de l'incendie, qui s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi, dans l'usine chimique Lubrizol a envahi la ville de Rouen. — Stephanie Peron/AP/SIPA

Après l’incendie qui a touché l’usine chimique Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), la solidarité s’organise. Créé le jeudi 26 septembre, jour du sinistre, un groupe Facebook propose d’héberger les habitants qui voudraient quitter la ville. Intitulé Groupe soutien et hébergement pour les habitants de Rouen, il regroupe plus de 2.700 personnes, et déjà près d’un millier de propositions d’hébergement aux quatre coins de la France.

« Nous avons eu de nombreuses propositions d’hébergement », explique à 20 Minutes Lucie, l’une des administratrices de la page. « Ce que nous souhaitons aujourd’hui, c’est que chaque Rouennais ait la possibilité matérielle, financière et professionnelle de choisir de rester sur place ou pas. Ne fut-ce que quelques jours, le temps que les analyses tombent. Principe de précaution oblige ».

« La santé des gens est en jeu »

Ce sont plusieurs mères de famille, qui échangeaient sur une page de conseils pour bébés, qui ont eu l’idée de créer cette page Facebook. « Une dame du groupe habite Rouen. Elle s’inquiétait pour ses enfants et se demandait ce qu’elle pouvait faire », raconte Jordane Ott, également administratrice de la page, au site Actu.fr.

« Tout le monde se pose beaucoup de questions après ce qu’il s’est passé (…) C’est urgent ce qu’il se passe ! La santé des gens est en jeu : il y a des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées qui ont été exposées… On ne peut pas laisser faire ça, il fallait bien que quelqu’un fasse quelque chose », ajoute la mère de famille.

« Chambre deux personnes dispo. Possibilité un couchage gonflable en se serrant »

Très rapidement, les propositions d’hébergement se sont multipliées sur la page Facebook. « Nous pouvons accueillir deux personnes à Royant, et avec de l’organisation un enfant. Possibilité de venir vous chercher à la gare si besoin. Nous ne demandons rien. Juste que vous restiez en bonne santé », a ainsi posté samedi matin sur Facebook une internaute. « Je suis dans l’Aveyron, un peu loin de chez vous. Mais j’ai une chambre avec un lit deux places et une chambre pour enfants, et si besoin j’ai un matelas supplémentaire. Voilà la maison et grande au calme à la campagne… », a également écrit une femme originaire d’ Occitanie.

Région parisienne, Pas-de-Calais, Hautes-Pyrénées mais aussi sud de la France… Au total, près d’un millier de propositions d’hébergement ont ainsi été faites sur ce groupe Facebook. Et la solidarité continue de s’organiser…. « Les propositions viennent de tout le pays. Hélas, les réalités du quotidien des Rouennais (travail, enfants, finances) ne leur permettent pas de s’éloigner », explique Lucie à 20 Minutes.

De nombreuses personnes proposent d'héberger à titre gracieux les habitants de Rouen désirant quitter la ville.
De nombreuses personnes proposent d'héberger à titre gracieux les habitants de Rouen désirant quitter la ville. - Capture d'écran Facebook
De nombreuses personnes proposent d'héberger à titre gracieux les habitants de Rouen désirant quitter la ville.
De nombreuses personnes proposent d'héberger à titre gracieux les habitants de Rouen désirant quitter la ville. - Capture d'écran Facebook

« Il faut un peu de temps pour que les collectifs se forment »

Face au succès de cette initiative, les administrateurs de la page Facebook ont annoncé samedi la création d'un second groupe, fermé, destiné à répondre plus spécifiquement aux besoins des habitants de Rouen.

D’autres actions d’entraide et de sensibilisation pourraient avoir lieu dans les prochains jours. « Laissons les choses se décanter. Comme lors des précédents incidents industriels, il faut un peu de temps pour que les collectifs se forment. Ça n’est que le début », indique l’une des administratrices du site à 20 Minutes.