Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : Les autorités tentent de rassurer mais l’inquiétude demeure sur les risques

POLLUTION Le feu est éteint mais de nombreux habitants s’inquiètent, vingt-quatre heures après l’incendie de l’usine Seveso

20 Minutes avec AFP

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Le panache de fumée a attiré les badauds, pourtant, ce n'est pas sans risque.
Le panache de fumée a attiré les badauds, pourtant, ce n'est pas sans risque. — Stephanie Peron/AP/SIPA

Au lendemain du spectaculaire incendie de l’usine Lubrizol à Rouen les inquiétudes demeurent sur les conséquences sanitaires et écologiques de cet accident industriel, et la dangerosité du site. « Je comprends cette inquiétude car c’était extrêmement impressionnant. La préfecture était dans l’axe du panache » qui a mesuré jusqu’à 22 km de long, a déclaré vendredi matin le préfet de Normandie Pierre-André Durand sur France Bleu Normandie Seine-Maritime/Eure, répétant que cette fumée ne présentait « pas de toxicité aiguë ».

Déclenché dans la nuit de mercredi à jeudi, vers 2h40, « maîtrisé » vers 11h, le feu était éteint vendredi matin, mais les pompiers restaient sur place pour surveiller les points chauds, ce qui « va prendre plusieurs jours », a précisé le haut fonctionnaire. Cette catastrophe industrielle n’a fait aucune victime, selon les autorités.

Les établissements scolaires restent fermés

Alors qu’une odeur d’hydrocarbure « déplaisante », selon le préfet, persistait vendredi matin à Rouen et qu’une fumée blanche émanait encore de l’usine, nombre d’habitants ou de personnes qui étaient à Rouen jeudi se plaignaient d’irritation à la gorge. Mais « au-delà du côté irritant pour les yeux ou les muqueuses respiratoires », liées aux « odeurs d’hydrocarbures », « il n’y a pas de toxicité aiguë. On n’est pas confronté à un nuage de chlore », a confirmé le médecin généraliste Stéphane Pertuet interrogé par la radio.

Les établissements scolaires restent fermés dans 12 communes de l’agglomération de 500.000 habitants jusqu’à lundi matin. Et il est recommandé aux personnes fragiles de rester à l’abri jusqu’à vendredi soir dans ces villes et demandé aux agriculteurs de veiller à ce que leurs animaux « ne consomment pas d’aliments souillés ».

Une enquête ouverte mais les associations réclament plus

Les « quelques » habitants d’un périmètre de 500 mètres autour de l’usine évacués jeudi matin ont pu regagner leur domicile jeudi soir, selon la préfecture. Après le déploiement de barrages, la pollution de la Seine a été évitée, selon les autorités.

Concernant l’incendie de jeudi, le parquet a annoncé l’ouverture d’une enquête pour destructions involontaires, qualification qui « pourra éventuellement évoluer ». L’association de défense de l’environnement Robin des bois a elle aussi réclamé vendredi que « des usines comme Lubrizol soient beaucoup plus surveillées » et que le préfet déclenche une enquête environnementale.