Rennes: La «digital love» aide-t-elle les humains dans leurs relations amoureuses?

NUMERIQUE Plusieurs conférences autour de l’amour et du numérique sont organisées vendredi dans le cadre de la Digital Tech à Rennes...

Camille Allain

— 

Le pont des arts, à Paris, s'était transformé en promenade des amoureux. Ici photographié en 2015.
Le pont des arts, à Paris, s'était transformé en promenade des amoureux. Ici photographié en 2015. — Houpline / SIPA
  • Une conférence sur la « digital love » est organisée ce vendredi à Rennes dans le cadre de l’événement Digital Tech.
  • Les sites de rencontre fleurissent et les utilisateurs ne s’en cachent plus.
  • Une sexologue s’interroge sur le bien-fondé de ces sites dans la recherche amoureuse.

Badoo, Tinder, Meetic, Elite, Adopte un mec… Depuis quelques années, le marché des sites de rencontre connaît un énorme essor, porté par la croissance des réseaux sociaux et la multiplication des smartphones dans les poches des Français. D’après une enquête menée par BVA en 2016, 9 % des couples français qui se sont formés entre 2005 et 2013 se sont connus via un site de rencontre.

A Rennes, ville qui a vu naître le Minitel et les premiers « dating en ligne », plusieurs visions de la « digital love » vont s’affronter ce vendredi dans le cadre de la Digital Tech, grand raout des technologies de demain. Si certains sites prétendent aider les célibataires, d’autres estiment que ces plateformes ne favorisent pas les rencontres. La « digital love » va-t-elle tuer les relations amoureuses ? 20 Minutes ouvre le débat.

La France, 18 millions de célibataires

En 2016, la France comptait environ 18 millions de célibataires, selon une étude menée par l’Insee. Et un Français sur cinq a déjà eu recours à un site de rencontre. « Ce n’est plus un secteur de niche. Aujourd’hui, les gens n’ont plus honte de dire qu’ils sont inscrits. C’est accepté, peu importe l’âge ou le sexe », estime Xavier Debaillenx, responsable de l’innovation chez Meetic.

Et c’est un fait. En 2018, les sites de rencontre sont de plus en plus utilisés par la jeune génération. Sont-ils plus nombreux à trouver l’amour ? Difficile à dire. « Il y a 30 ans, 94 % des Américains avaient un partenaire sexuel. Aujourd’hui, on est à 85 %. C’est bien la preuve que les gens sont moins actifs », rappelle la sexologue Iris de Villars.

« Un contact avec un humain »

Passée par l’école 42 de Xavier Niel, elle interviendra ce vendredi à Rennes pour évoquer la « lovetech » et la « sextech », outils numériques pour trouver l’amour ou le sexe. « La technologie devrait aider les gens à s’épanouir. En ce moment on parle beaucoup de robots et de poupées. Est-ce ça le futur ? L’humain cherche plutôt un contact avec un humain », s’interroge-t-elle.

Pour casser cet aspect virtuel, les sites de rencontre tentent de miser sur l’échange direct. Depuis deux ans, Meetic travaille sur un robot « d’intelligence conversationnelle » qui accompagne les utilisateurs​. Appelé Lara, ce « bot » peut discuter avec l’internaute et même lui conseiller des profils susceptibles de l’intéresser. « Sur notre site, elle peut demander aux clients quelle est leur femme ou homme idéal », détaille le responsable de l’innovation.

Aujourd’hui cotée en Bourse, la plus vieille marque française de dating refuse de nous donner son nombre d’inscrits ou son pourcentage de réussite. Tout juste saura-t-on que 400.000 profils ont « discuté » avec Lara depuis son lancement. Et combien en sont tombés amoureux ?