Bientôt un contrôle d'identité pour empêcher les mineurs d'accéder aux sites pornographiques?

PORNOGRAPHIE Le gouvernement réfléchit à la mise en place de « tiers de confiance », des sites sur lesquels il faudra prouver que l’on est majeur…

H. B.

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Illustration d'un site pornographique.
Illustration d'un site pornographique. — BORDAS/SIPA

La question de l’encadrement de l’accès aux sites pornographiques revient dans le débat politique. Le secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, a expliqué sur RFI que le gouvernement envisageait de contrôler l’identité et l’âge des utilisateurs de contenus classés X. Il a évoqué la possibilité de créer un « tiers de confiance », autrement dit un site chargé de contrôler l’identité et l’âge des utilisateurs.

« Vous envoyez votre pièce d’identité [à ce site], sauf que le site porno, lui, n’aura jamais eu, à aucun moment, d’informations sur qui vous êtes », a détaillé Mounir Mahjoubi. « Il aura un token – un carton – qui dit "cette personne est bien majeure". On sépare celui qui contrôle l’identité de celui qui sait si vous êtes majeur ou pas », a expliqué le secrétaire d’Etat.

Un système « le plus éclaté possible »

Mounir Mahjoubi s’oppose en revanche fermement à ce que les sites pornographiques organisent eux-mêmes ce contrôle de l’âge. « La tentation, notamment pour les plus gros d’entre eux, c’est l’opportunité incroyable de créer une méga-base de données intermédiaire », a-t-il estimé. Selon le secrétaire d’Etat, la mise en place d’un « tiers de confiance » limiterait ce risque, avec un système « le plus éclaté possible, sans avoir à créer [de] compte ».

Cette proposition du secrétaire d’Etat au Numérique rejoint celle avancée par Marlène Schiappa​ le 9 septembre dernier. Afin de mieux protéger les mineurs, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes avait évoqué  la création de « filtres » permettant de réserver l’accès des sites pornographiques aux internautes majeurs. « On ne peut pas laisser des enfants pré-pubères et des jeunes adolescents avoir comme seule représentation de la sexualité une représentation issue de la pornographie », avait confié la ministre sur franceinfo.

Respect de la vie privée ?

La mise en application d’un filtrage, qui passerait par la demande de pièces justificatives à l’internaute, pourrait avoir des conséquences importantes concernant le respect de la vie privée, note le site NextINpact. La mise en place de « tiers en confiance » pourrait en effet se heurter à la nouvelle réglementation entrée en vigueur le 25 mai dernier, le règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD).

Un tel système comporterait également certains risques, notamment le fait que les données ainsi récoltées puissent fuiter.