05:43
VIDEO. Sheldon, créateur d'un site piège à clics: «Je fais ça pour le fun»
FAKE OFF•Le site Made In Belgium mêle divertissement et fausses infos. Pour son créateur, un Belge au passé de geek, Facebook joue un rôle important dans la popularité du site...Mathilde Cousin
L'essentiel
- Made in Belgium reprend des fausses infos qui sont ensuites rediffusées sur Facebook.
- Sheldon, son créateur, explique avoir créé ce site pour le fun, même s'il tire aussi des revenus limités de la publicité générée sur le site.
- Sheldon s’appuie sur un réseau de pages et de groupes Facebook pour faire connaître son site.
Edit : La vidéo a été ajoutée en avril 2018.
Sheldon (un pseudo) explique à 20 Minutes avoir lancé son site pour le « fun ». Un fun d’un genre assez particulier : « La première église de Satan française ouvrira bientôt à Paris » ou encore « L’état civil refuse que leur bébé s’appelle Biloute » sont quelques-uns des titres que l’on retrouve sur made in Belgium, un site récent qui est rapidement devenu populaire.
Si vous trouvez ces titres étranges, c’est normal : ils viennent de sites parodiques. Made in Belgium est un étonnant mélange de reprises d' articles parodiques, de conseils sur les relations amoureuses et de tops sur la Belgique. La limite est souvent fine entre divertissement et fausses infos.
Sur les articles venant de sites parodiques, seul un tag « fake » indique qu’il ne faut pas prendre l’info au premier degré. Parfois, la source est également ajoutée. Le créateur du site défend sa méthode : « Chaque article (repris des sites parodiques) est dans une catégorie " fake " visible au-dessus de chaque article, et nous sommes en train de mettre (le site) à jour afin que le lecteur puisse savoir la source de chaque article, fake ou pas. » Depuis notre interview avec Sheldon, le tag « fake » a été transformé en « fake news ».
Un succès dû à… Facebook
Comment expliquer que ce site connaisse un tel démarrage ? Lancé début février, made in Belgium recevait 1.602 visiteurs par jour moins de quinze jours après sa mise en ligne. Il est le 21.220e site le plus consulté en Belgique. Un succès dû en grande partie à… Facebook.
Sheldon et sa compagne, qui gère le site avec lui, sont les administrateurs de neuf pages Facebook et de plusieurs groupes privés. Ils se servent d’au moins cinq de ces pages, qui totalisent 206.000 abonnés, et des groupes pour partager des publications de Made in Belgium. Les clics, les partages et les « j’aime » font le reste du travail.
Facebook a également joué un rôle central dans la création du site, soutient Sheldon : « Ma page " Le Belge dans toute sa splendeur " se démarque avec presque 100.000 abonnés, donc j’ai eu l’idée d’ajouter un site internet. »
a150 euros par mois grâce à la pub
Qu’est-ce qui l’a poussé à créer ce site ? Étant donné le nombre de publicités qui s’affichent sur le site internet, il est difficile de ne pas penser à une motivation, au moins en partie, financière. « Je n’ai pas créé Made in Belgium dans un but financier, se défend Sheldon, en mettant en avant son emploi de responsable webmarketing, qui lui apporte des revenus réguliers. C’est pour le fun. » Le Belge souligne « qu’il y a de la pub partout sur Internet » et « qu’il existe Adblock, que nous n’interdisons pas. » Il reconnaît quand même toucher 150 euros par mois grâce à la publicité, qui, précise-t-il, « ne vont rien changer à ma vie. »
Sheldon n’en est à pas à son coup d’essai. « J’ai eu des sites d’hébergement web, de chat, de jeux, etc. », énumère le Belge de 32 ans. Le « geek » et « hacker », comme il se définit lui-même, a aussi créé une webradio qui réunissait « 4.000 auditeurs simultanés en moyenne toutes les soirées. » Il est aussi derrière un site piège à clics, mdr.wtf, auquel est associée, bien évidemment, une page Facebook. Le circuit est bien rodé.
>> Vous souhaitez que l’équipe de la rubrique Fake off vérifie une info ? Réagissez dans les commentaires ou envoyez un mail à l’adresse [email protected].
20 Minutes est partenaire de Facebook pour lutter contre les fake news. Grâce à ce dispositif, les utilisateurs du réseau social peuvent signaler une information qui leur paraît fausse.


















