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Retour à Rodez en 2009, dernière humiliation du PSG en Coupe de France

«Rodez, c'était le Barça», vous vous souvenez de la dernière humiliation du PSG en Coupe de France?

FOOTBALLLe PSG ne s'est pas souvent troué dans la compétition, mais ce jour de mars 2009, il s'est retrouvé complètement dépassé par une équipe de National...
Nicolas Camus

Nicolas Camus

Au moment de se serrer la main avant la rencontre, aucun Parisien ne prêtera particulièrement attention à lui. Pourquoi le feraient-ils, en même temps, ils n’ont sûrement aucune idée de qui il est et de son histoire. Pour le Niortais Jérémy Choplin, ce 8e de finale de Coupe de France contre le PSG, mercredi soir, remue pourtant bien des souvenirs. Et des bons.

Il y a huit ans presque jour pour jour, le 3 mars 2009, le défenseur (qui jouait alors milieu récupérateur) inscrivait un improbable doublé avec Rodez pour donner à ce petit club de National la victoire contre Paris (3-1 a.p.), au même stade la compétition. La dernière humiliation à ce jour du PSG, qui tient traditionnellement son rang comme aucun autre club de L1 dans les coupes nationales.

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Sauf que ce soir-là, les Parisiens se sont fait emporter dans la tempête aveyronnaise. C’était le PSG pré-Qatar, bien sûr, mais l’équipe emmenée par Landreau, Camara, Rothen et Hoarau était tout de même 2e du championnat à ce moment-là et restait sur une excellente dynamique (10 victoires sur les 13 derniers matchs). « Je n’ai plus jamais vécu de tels moments, nous raconte le héros du match. Je retiens mes deux buts, forcément, parce que je n’en marque presque jamais. Mais tout le match, en fait… (il cherche ses mots). On a joué le coup à fond, et tout s’est bien goupillé. On a été menés assez vite, ça nous a servi de déclic. »

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C’est là où les Ruthénois ont fait fort. Neuf fois sur dix, dans ce genre de rencontre, si le gros marque en premier, c’est terminé. Pas là. « On a commencé timidement, rattrapés par la pression de l’événement. Et on prend un but de Sammy Traoré [10e minute], rembobine pour nous Grégory Ursule, le capitaine. Et en fait, on se dit "on n’a plus rien à perdre, jouons". On a mis plus d’intensité dans l’engagement, on s’est mis au niveau techniquement. Le PSG a voulu gérer son match, c’est peut-être leur erreur. On a égalisé [67e minute] et puis après c’était parti, ils ne pouvaient plus nous rattraper. »

Ce parfum d’inéluctable, tout le monde l’a humé sur la pelouse. Même les Parisiens. Paul Le Guen, alors sur le banc, l’a avoué à Grégory Ursule quelque temps après, quand les deux hommes, qui se connaissaient de leur époque rennaise à la fin des années 90, se sont recroisés. « Franchement, Rodez, c’était le Barça, dit d’emblée le Parisien Tripy Makonda, entré en jeu à la 80e minute, quand on lui parle de ce match. J’exagère un peu, bien sûr, mais depuis le banc, j’étais assez impressionné. Ils se sont vraiment mis à notre niveau, et parfois même au-dessus. »

« Il y a une force collective qui s’est emparée de nous suite à ce but. Je ne sais pas comment l’expliquer, c’était irréaliste, reprend Ursule, aujourd’hui manager général de Rodez. Là où j’ai vraiment senti qu’on était plus fort, c’est quand on a commencé à prendre les ballons de la tête face à Hoarau. » Un duel, un deuxième, et bientôt l’escadron du RAF (Rodez Aveyron Football) passe en mode bombardement massif.

Le fameux tas ruthénois.
Le fameux tas ruthénois. - REMY GABALDA / AFP

Poussé en prolongations, Paris finit par flancher lors de cinq dernières minutes qui ne ressemblent à rien de ce que les Aveyronnais, joueurs de foot ou non, ont déjà vécu. « C’était dingue, vraiment. Déjà à la sortie pour l’échauffement il avait grêlé, un truc de fou. On voyait les gens en tribunes qui prenaient la flotte mais rien ne pouvait les empêcher de faire du bruit. Alors pendant cette fin de match… »

L’ex-capitaine n’a pas besoin de terminer sa phrase, on a bien compris. La frappe de mule de Choplin de presque 30 mètres [116e] et le petit coup de patte de Pacios [118e] ont achevé de faire entrer le petit stade Paul-Lignon et ses 7.000 spectateurs en fusion. « Pour nous, c’est comme si on avait joué au Maracana », se marre Ursule.

« C’était un 14 juillet, la Libération, ce que vous voulez ! »

A part la plage, la suite n’a rien eu à envier aux folles nuits de Rio de Janeiro. « C’était en semaine, mais toute la ville était dehors, comme après la victoire de la France en 98, retrace Choplin. On a fêté ça jusqu’au petit matin, une belle folie. Pas grand-monde n’a été travailler le lendemain matin, même les petits n’ont pas tous été à l’école. » Grégory Ursule, l’homme du cru, va plus loin :

« C’était une période compliquée pour la ville, un peu en crise sociale et économique. Les commerces ne fonctionnaient pas terrible. Ce soir-là, tout le monde s’est lâché. C’était un 14 juillet, la Libération, ce que vous voulez ! Pour moi qui suis né à Rodez, c’est un moment qui reste gravé, qui participe à une identité. Encore aujourd’hui, quand je croise des partenaires ou des élus, ils me reparlent de cette épopée. Ça a marqué la ville ».

La teuf PAR-TOUT dans Rodez.
La teuf PAR-TOUT dans Rodez.  - JOSE TORRES / AFP

A travers Jérémy Choplin, c’est un peu tout Rodez qui va revivre cet exploit, mercredi. Les chances de voir plier ce PSG, d’une autre dimension qu’à l’époque et qui vient de coller quatre buts à Barcelone et cinq à l’OM, sont très minces. Mais « la magie de la Coupe », les blessés parisiens, tout ça… En tout cas, l’ancien Ruthénois se dit « persuadé que Niort ne prendra pas une claque comme le Barça ou l’OM ». Le reste, on verra bien. Ce n'est pas le genre de chose qu'on peut prévoir.