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Ligue 1: «Je ne me mets pas au-dessus des entraîneurs et des joueurs», assure Eric Carrière

Ligue 1: «Je ne me mets pas au-dessus des entraîneurs et des joueurs», assure Eric Carrière

FOOTBALLConsultant pour Canal +, l’ancien milieu de terrain de Nantes explique sa méthode…
Antoine Maes

Antoine Maes

Pour certains, c’est l’anti-Pierre Ménès. Pour d’autres, il est tout simplement le meilleur consultant de Ligue 1. A 41 ans, Eric Carrière, qu’on prédestinait à une carrière de coach, brille à l’antenne de Canal +. Miracle: sans jamais tomber dans la critique facile ni la polémique stérile.

C’est quoi la méthode Eric Carrière?

Je me vois comme quelqu’un de passionné par le jeu et par les valeurs du football. C’est le rôle que j’aime bien tenir, qui va bien avec ma personnalité et avec la façon que j’avais de jouer. J’essaie d’avoir du recul, pour me rappeler que quand on est pro, on ne peut pas être bon tout le temps. Le droit à l’erreur existe, mais il faut savoir analyser le pourquoi. L’autre point, c’est que j’ai passé les diplômes d’entraîneur jusqu’au BE2, j’ai aussi un diplôme de manager. Ça apporte un peu de légitimité, même si je n’ai pas celle de quelqu’un qui a une expérience complète dans un club.

Vous l’aviez déjà en tant que joueur ce recul?

Il faut du temps avant d’assimiler le tout. Moi ça fait quatre ans, j’ai fait quelques matchs quand même. Quand je jouais, j’avais cette envie de savoir pourquoi on me faisait faire des choses. Je n’aimais pas qu’on me laisse dans l’ignorance. Et quand j’étais remplaçant, j’avais toujours envie de discuter avec celui qui était à côté de moi sur le jeu. Même quand je regarde la télé, j’ai toujours envie de donner mon avis. Ce qui plaît je pense, c’est que je ne me mets pas au-dessus des présidents, des entraîneurs ou des joueurs, mais je dis ce que j’ai à dire.

Avez-vous envie de devenir entraîneur ou manager?

Pas pour le moment. Je pensais quand je jouais, que j’enchaînerai comme entraîneur. Et en fait, plus le temps a passé, plus je me disais que j’allais prendre le temps. Je me suis aperçu que pour l’équilibre familial, c’était un peu délicat. C’est un choix de vie. Entraîneur ou manager ça me plairait beaucoup, mais c’est presque 100% du temps.

Si un club appelle avec un projet solide, vous n’irez pas?

Je ne pense pas. Ce n’est pas dans mes envies. J’ai d’autres activités en plus: dans la vente de vin et j’ai deux restaurants aussi. Ça permet de sortir de la bulle de foot. Pour pas mal d’entraîneurs et de joueurs, ça serait pas mal de sortir de ce milieu et de comprendre qu’il y a une vie après le football.

Donc vous serez consultant à vie?

On a un deal moral avec Cyril Linette (directeur du service des sports de Canal +, ndlr). Je ne lui demande jamais «mets-moi sur tel match». C’est plutôt l’inverse d’ailleurs: «Si tu pouvais ne pas me mettre sur tel match, je pars en famille.» Là j’ai un foot samedi après-midi, j’ai demandé à ne pas commenter le match de 17h. Je suis parti deux week-ends d’affilée au ski début mars… J’ai un nombre de prestation à l’année, mais j’ai freiné un peu, parce que je n’ai pas envie d’être trop exposé, et j’ai envie d’avoir du temps. Quand je dis que j’ai une activité à côté, ce n’est pas une blague, c’est un job.