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Moins amer et plus coloré, le spritz tente de se renouveler

Moins amer et plus coloré, le spritz tente de se renouveler

pause fraîcheurComme le mojito, le spritz est aujourd’hui un cocktail incontournable que de nombreuses marques tentent de détourner avec plus ou moins de succès pour renouveler la recette
Fiona Bonassin

Fiona Bonassin

L'essentiel

  • C’est les vacances, il fait chaud, on vous propose donc une pause fraîcheur à lire bien à l’ombre.
  • Glaces tendances, café glacé, bière aromatisée… Qu’est-ce que les réseaux et les marques vont nous inciter à consommer cet été ?
  • Le spritz, cocktail emblématique de l’apéro italien, connaît un renouveau en 2025 avec des variantes colorées, moins amères et moins alcoolisée, qui séduisent par leur esthétique instagrammable et leurs saveurs innovantes.

Un verre bombé rempli de glaçons, des bulles qui dansent, une terrasse ensoleillée : le spritz, c’est l’âme de l’apéro à la vénitienne. Mais en 2025, le classique Aperol Spritz, avec son orange flashy, partage la scène avec des déclinaisons qui réinventent le genre. Limoncello spritz, spritz à la fraise et à la rhubarbe, Hugo spritz : ces twists modernes secouent les codes avec des saveurs audacieuses et des couleurs qui claquent.

La star de nos soirées d’été

Le cocktail tel qu’on le connaît aujourd’hui s’est imposé dans les années 2000 grâce à un marketing d’école signé Campari Group. Pour Xavier Terlet, expert tendances et innovation de ProtéinesXTC, plusieurs points expliquent pourquoi le spritz est devenu un incontournable de nos étés : « Déjà je trouve que c’est le cocktail parfait. Il est joyeux et va très bien avec les goûts tendances du moment, sucré et amer comme le gingembre et le kombucha. C’est hyper photogénique, reconnaissable et instagrammable. On nous vend aussi l’Italie et la dolce vita. Mais surtout le marketing a été très efficace par Aperol. Grâce à leur stratégie maintenant tout le monde sait faire son spritz, pas besoin d’être un pro du cocktail. » Aujourd’hui, le spritz est même le quatrième cocktail plus consommé en France. Le Mojito restant pour l’instant indétrônable dans le verre des Français.

Depuis 2010, le spritz a envahi les terrasses de Paris, Berlin, Barcelone, jusqu’à devenir l’icône de l’apéro européen. Encore aujourd’hui, bon nombre de personnes se retrouvent en terrasse pour siroter leur boisson orange, « la consommation se porte très bien. Les produits sont sollicités surtout en période de canicule. L’amertume est très rafraîchissante surtout quand il fait chaud. » note Régis Syda, responsable technique, recherche et développement de la distillerie Wolfberger. « Mais maintenant notre souhait c’est de surfer sur ce mode de consommation en proposant des produits différents. On a trois gammes : pamplemousse, sureau et fraise/rhubarbe et grâce à ça on peut apporter autre chose au consommateur. » ajoute le boss des boissons alcoolisées.

Des couleurs pour tous les goûts

Car oui, à force d’omniprésence, le spritz est presque devenu ringard. Trop vu, trop sucré, trop orange, trop tout. En 2025, les marques de liqueurs rivalisent d’innovation avec des saveurs inédites. Leur idée ? Surfer sur la vague des cocktails légers, avec une teneur en alcool qui permet de siroter sans tituber. La marque Limoncè Aperitivo propose depuis mars de cette année un apéritif au citron spécialement pensé pour le spritz, « la différence entre un limoncello et notre produit c’est qu’il va déjà être 30 % moins sucré qu’un limoncello. Et il va avoir un taux d’alcool réduit parfait pour une dégustation en spritz. Quand un limoncello est aux alentours de 30 degrés, le limoncè est à 14,8. C’est ce qui fait qu’on se retrouve avec un cocktail qui est léger, facile à boire, accessible. » explique Lucile Pichard, cheffe de pôle chez Dugas. Ensuite, ils sont taillés pour les réseaux sociaux : jaune pétant, rose vif ou un Hugo Spritz avec sa menthe verdoyante, c’est du pain béni pour les stories Instagram.

Autre point positif des nouvelles propositions, elles permettent de se faire plaisir même si on n’aime pas l’amer de l’orange. On aura de la gourmandise pour la fraise, floral pour le Hugo, acidulé pour le citron. « Si on prend l’agrume citron, c’est une excellente alternative pour les consommateurs qui n’apprécient pas l’amertume des spritz avec de l’Aperol et qui sont à la recherche d’un apéritif qui soit frais, mais qui reste aussi aromatique. » ajoute Lucile Pichard.

Mais pour Xavier Tertel, les marques tentent des coups pour gagner des petites parts de marché : « Certains vont pouvoir surfer sur la tendance et le modèle du spritz. Mais je ne crois pas qu’un autre produit va avoir autant de succès » tranche l’expert. Car Campari et Aperol sont pour l’instant les deux grands gagnants de la guerre des amères. Et si certaines marques françaises (Saint Germain, Vedrenne…) valorisent leurs liqueurs à la fleur de sureau pour un spritz made in France, c'est bien un peu d'Italie qu'on boit à petite gorgée à l'heure de l'aperitivo.