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Comment lire les étiquettes des produits antitranspirants

Déodorant, antitranspirant, antiperspirant... On décrypte les étiquettes

transpiOn a demandé à la dermatologue Laurence Netter de nous expliquer les différences entre ces produits ainsi que leur utilisation
Dora Christian

Dora Christian

L'essentiel

  • Le déodorant est un produit qui ne fait qu’atténuer les odeurs grâce à des molécules parfumées. L’antitranspirant ou antiperspirant vise en revanche à diminuer la transpiration sous les aisselles.
  • Les sels d’aluminium peuvent être irritants, surtout sur peau humide.
  • Si la transpiration est excessive quelle que soit la température, il existe des solutions médicales durables.

Antiperspirant, antitranspirant, déodorant… En rayon vous ne savez plus où donner de la tête. Faut-il acheter ceux avec ou sans sels d’aluminium ? Que faire quand rien ne marche ? 20 Minutes a consulté le Dr Laurence Netter, dermatologue esthétique, afin de nous éclairer sur le sujet de la transpiration et des mauvaises odeurs.

La différence entre déodorant, antitranspirant et antiperspirant

Le déodorant. C’est un produit qui contient des molécules parfumées et agit de manière temporaire sur l’odeur. Les déodorants n’auront donc « aucun impact sur l’humidité », en l’occurrence aucune action sur la sueur, explique Dr Netter.

Son utilisation : Le matin, vous pouvez mettre votre déodorant avant de démarrer la journée. En revanche, son utilisation n’aura pas grand intérêt le soir après votre nettoyage puisque vous n’aurez pas d’odeurs à camoufler. Pour vraiment éliminer les odeurs fortes, préconisez surtout un lavage quotidien des aisselles avec un savon antiseptique afin de diminuer la présence des bactéries à l’origine des mauvaises odeurs.

L’antitranspirant. Antitranspirants, antiperspirants, ne cherchez pas la différence, c’est la même chose. Les deux produits auront pour but de diminuer l’humidité, la quantité de sueur sur la zone concernée, et par conséquent, l’apparition d’auréoles parfois gênantes. A l’inverse du déodorant, ces deux produits n’auront pas d’action sur l’odeur.

Son utilisation : Vous pouvez utiliser votre antitranspirant ou antiperspirant le soir, après la toilette. Mais attention, toujours sur peau sèche, pas récemment rasée. « Dès lors que vous voyez des résultats, vous pouvez espacer l’application », indique la docteure qui recommande les compositions avec de l'alcool.

Le point sur les sels d’aluminium dans les antitranspirants

Le principal actif des antitranspirants est souvent le sel d’aluminium, qui agit en « bouchant les canaux excréteurs de sueurs ». Malgré les controverses liées à cet actif, Dr Netter souligne qu'« aucune étude à ce jour n’a prouvé un lien entre le cancer du sein et les utilisateurs d’antiperspirants ». « Sous l’aisselle, nous n’avons que 2 % de l’ensemble des glandes sudorales », avance Dr Netter. Diminuer leurs sécrétions n’aura donc « aucune importance » par rapport à la fonction de la sueur, au rôle uniquement thermorégulateur.

Cependant, « les sels d’aluminium sont des molécules qui peuvent être irritantes », prévient toutefois la docteure. Et elles le sont d’autant plus si elles sont appliquées sur peau humide. « Par prudence, la concentration de sels d’aluminium dans les antitranspirants a d’ailleurs été limitée par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) » ajoute le Dr Netter.

Son utilisation : La docteure préconise de les mettre le soir, sur des aisselles sèches qui n’ont pas récemment été rasées, afin d’éviter leur pénétration dans le corps.

Attention à la transpiration anormale

Si votre transpiration est normale, tous ces produits vont vous apporter du confort, avance la docteure. Mais s’il fait 40°, vous transpirerez quoi qu’il arrive. En revanche, si vous jugez que vos auréoles sous les bras ne sont pas en rapport avec la température extérieure, que vous avez en permanence les mains moites, ou des gouttelettes sur le front quand vous parlez en public, c’est probablement lié à une origine psychologique de la transpiration : l’hyperhidrose, alerte Dr Netter.

Cette pathologie touche 3 % de la population, mais il existe des solutions médicales. Parmi elles, le botox sous les bras, reconnu comme un traitement officiel de l’hyperhidrose par la Sécurité sociale. « C’est 100 % d’efficacité », indique la docteure, « on reste complètement sec quelle que soit la température. Par contre, ça ne dure que six mois ». Il existe aussi un traitement via l’utilisation de micro-ondes qui vont détruire ponctuellement les glandes sudorales sous les bras qui « fonctionnent trop ». Selon les études, on arrive à une amélioration de 80 % de diminution des odeurs et de l’humidité en une seule séance sur cette technique, affirme la docteure. Dans d’autres cas encore, la prise de comprimés spécifiques par voie orale peut également être envisagée.