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Le petit déjeuner a-t-il une influence sur les hormones ?

SPOM, endométriose, syndrome prémenstruel… Le petit déjeuner peut-il avoir un impact sur la santé hormonale féminine ?

hormo-miamSur les réseaux sociaux, œufs, skyr et autres petits déjeuners riches en protéines sont souvent présentés comme des alliés de l’équilibre hormonal. Derrière cet engouement, la science commence à explorer le rôle du premier repas de la journée
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Victoria  Berne

Victoria Berne

L'essentiel

  • A l’occasion de la Journée du petit-déjeuner, 20 Minutes s’interroge sur ce rituel gastronomique à la fois culturel et intime.
  • Le petit déjeuner pourrait jouer un rôle dans la gestion des troubles hormonaux féminins (syndrome prémenstruel, SPOM, endométriose).
  • Un petit déjeuner riche en protéines permet de stabiliser la glycémie et de réduire les fringales, tandis que le café à jeun va faire monter le pic de cortisol.

Pendant longtemps, le petit déjeuner a surtout été présenté comme le repas qui permettait d’éviter le coup de fatigue de 11 heures. Chez les femmes souffrantes de troubles hormonaux, la question suscite un intérêt particulier. Syndrome prémenstruel, SPOM (anciennement SOPK), endométriose ou encore périménopause sont autant de situations où les fluctuations hormonales jouent un rôle majeur. Sur les réseaux sociaux certaines jeunes femmes affirment observer une amélioration de leurs symptômes lorsqu’elles remplacent les viennoiseries ou le café à jeun par un repas plus riche en protéines.

Si la science ne permet pas encore d’affirmer qu’un petit déjeuner peut résoudre à lui seul ces problématiques, plusieurs travaux suggèrent qu’il pourrait influencer certains mécanismes clés comme le cortisol, la glycémie ou les neurotransmetteurs impliqués dans la satiété et l’humeur.

Syndrome prémenstruel, SOPM, endométriose : ce que l’on sait réellement

Ce qu’on sait réellement c’est que la santé hormonale féminine a longtemps été un domaine oublié de la science. De ce fait les certitudes sur le sujet sont rares et ne permettent pas de donner des recommandations. Mais de plus en plus de chercheurs s’intéressent au sujet. Par exemple les chercheurs Rodica Siminiuc et Dinu Ţurcanu rappellent dans une étude que l’alimentation influence le syndrome prémenstruel : « adopter une alimentation saine et gérer le stress sont des facteurs importants dans la prévention et la gestion du SPM », expliquent-ils.

Pour Eva Vacheau, biologiste et nutritionniste spécialisée dans les hormones féminines, autrice de Pulsions Sucrées (Courrier Du Livre) c’est clair : entre nutrition et santé hormonale féminine « il y a clairement un lien ». Interrogée par Ici, Eléna Bénard, diététicienne, revient sur le lien entre alimentation et endométriose en expliquant que « comme c’est une maladie inflammatoire, forcément l’alimentation anti-inflammatoire peut aider justement à limiter les symptômes ».

Le matin, un moment clé pour l’équilibre hormonal

Au réveil, l’organisme entre naturellement dans une phase d’activation. Le cortisol, souvent appelé « hormone du stress », atteint alors l’un de ses pics physiologiques quotidiens. « Le matin, le cortisol augmente naturellement. Le petit déjeuner va influencer la manière dont ce cortisol va ensuite se réguler au cours de la journée. », explique Eva Vacheau.

Selon la spécialiste, cette question concerne particulièrement les personnes dont l’équilibre hormonal est déjà fragilisé. « Les femmes qui ont un SPOM, qui dorment peu ou qui sont très stressées peuvent avoir davantage de difficultés à stabiliser leur fluctuation hormonale. Ne pas manger le matin peut constituer un stress physiologique supplémentaire pour l’organisme ». L’experte rappelle également que le cortisol agit directement sur la glycémie. « Le cortisol élevé augmente lui-même la glycémie, même lorsque l’on n’a pas consommé de sucre ».

Un petit déjeuner protéiné pour se stabiliser ?

Lorsqu’il est question d’équilibre hormonal sur les réseaux sociaux, un mot revient systématiquement : protéines. Pour Eva Vacheau, l’intérêt d’un petit déjeuner riche en protéines repose d’abord sur sa capacité à stabiliser les hormones, mais surtout la glycémie. Concrètement, les protéines ralentissent la digestion et favorisent une sensation de satiété plus durable. « Quand on mange protéiné le matin, on a moins de fringales dans le reste de la journée », souligne la nutritionniste.

Le café dès le réveil ? ce n’est pas l’allié de votre journée, bien au contraire. « Ça va faire monter le pic de cortisol vraiment haut. Quelqu’un qui prend que du café le matin, sur ventre vide, alors qu’il a déjà des problèmes hormonaux, il va faire des hyperglycémies même s’il n’a rien mangé de sucré ».

Existe-t-il un petit déjeuner idéal ?

Et faut-il toutes se mettre aux œufs au plat dès demain matin ? Malgré l’engouement pour les « petits déjeuners hormonaux », les scientifiques appellent à la prudence. Dans leur revue de littérature, Rodica Siminiuc et Dinu Ţurcanu rappellent que les preuves scientifiques restent encore limitées. Plus surprenant encore, les chercheurs n’ont pas identifié de lien direct entre la consommation de protéines et la réduction des symptômes du syndrome prémenstruel.

« On ne peut pas dire qu’il existe un petit déjeuner parfait pour tout le monde », confirme Eva Vacheau. La spécialiste rappelle que chaque femme possède un métabolisme, un mode de vie et des problématiques de santé qui lui sont propres. Pour autant, la nutritionniste observe que la majorité des femmes se sentent mieux lorsqu’elles consomment suffisamment de protéines dès le matin.

Notre rubrique A table

Plus qu’une recette miracle, le petit déjeuner apparaît comme l’un des nombreux leviers susceptibles d’influencer l’équilibre hormonal. Sommeil, activité physique, gestion du stress, alimentation globale ou encore santé mentale jouent eux aussi un rôle majeur. Autrement dit, les œufs au plat ne feront jamais disparaître un SPOM ou une endométriose. Mais pour certaines femmes, ils pourraient contribuer à améliorer un peu leur quotidien, le temps que la recherche rattrape enfin son retard sur la santé hormonale féminine.