Alimentation saine : Est-ce vraiment pertinent d’acheter tous nos produits en version « hyperprotéinée » ?
Les protéines sont, entre autres, bonnes pour les muscles et la satiété, ok. Mais est-ce qu’on n’en fait pas un peu trop maintenant ? Une diététicienne nous répond.Dora Christian
L'essentiel
- La tendance à l’hyperprotéiné sur les réseaux sociaux et dans le marketing peut être trompeuse, car selon la nutritionniste Laura Martinez, « Le marché de la nutrition du sport est en plein essor, donc beaucoup de marques tentent de surfer sur la vague ».
- Consommer trop de protéines n’est pas bénéfique. Les besoins en protéines varient selon le style de vie et l’activité physique de chacun.
- Il est recommandé de consulter un professionnel de santé pour déterminer ses besoins spécifiques et éviter les excès ou les carences.
Sur les réseaux sociaux c’est souvent la carte du « tout ou rien ». On passe de la tendance des mukbangs et ses dégustations de plats industriels, gras et hypercaloriques à du fait maison HYPERprotéiné. De la pâte à pizza au banana cake, tout doit désormais être hyper riche en protéines. Mais en voulant constamment doubler ses portions de protéines, le mieux devient-il l’ennemi du bien ? La diététicienne et nutritionniste Laura Martinez a répondu à 20 Minutes.
Gare aux titres « protéinés » du marketing
On le sait bien, les protéines sont essentielles pour récupérer, être rassasié, préserver sa masse musculaire et même perdre du poids. Mais vouloir en consommer en importante quantité peut nous jouer des tours. Dans nos rayons de supermarchés, on voit de plus en plus de versions hyperprotéinées de pâtes, pain, yaourt, etc., remarque la diététicienne et nutritionniste Laura Martinez. Celle-ci confie qu’il y a pourtant « une grosse part de marketing là-dedans ». « Le marché de la nutrition du sport est en plein essor, donc beaucoup de marques tentent de surfer sur la vague ».
Pour illustrer son exemple, la professionnelle prend le cas des produits naturellement riches en protéines, comme les petits-suisses, le fromage blanc qui contiennent peu d’ingrédients et autant de protéines que des barres ou yaourts alternatifs soi-disant hyperprotéinés mais riches en sucre. En plus d’être « 2 à 5 fois plus chers, ils sont souvent ultratransformés », ajoute la nutritionniste. Parfois, ils sont tout simplement vendus plus cher, comme le Skyr qui contient autant de protéines qu’un fromage blanc à 0 % de matières grasses mais nettement moins cher.
« Les protéines c’est une chose mais il y a tout le reste de l’assiette à équilibrer qui est aussi important ! », nuance la professionnelle, craignant qu’une fixette sur les protéines entraîne leur surconsommation, et une négligence inconsciente pour les autres familles de macronutriments.
Manger toujours plus de protéines, ça ne sert à rien ?
Manger des protéines c’est une chose, mais « il n’y a aucun intérêt à dépasser la fourchette haute de ses besoins journaliers, » assure Laura Martinez. « Contrairement à ce que l’on entend, ce n’est pas 'plus j’apporte de protéines plus je vais construire de la masse musculaire'. C’est faux ». Par ailleurs, des études montrent qu’au-dessus de 2,4 g de protéines par kg de poids de corps, les protéines ne sont plus assimilées. En clair, ce ne sera pas plus bénéfique. Et cela peut même conduire à des risques d’inconfort digestif, prévient la nutritionniste.
C’est également pour cette raison que suivre toutes les recettes protéinées proposées sous la tendance « what I eat in a day » sur les réseaux sociaux, sans prendre en compte le style de vie de la personne n’est pas pertinent. La diététicienne du sport explique que les personnes sédentaires n’auront pas les mêmes besoins en protéines qu’un sportif ou un bodybuilder. Et là encore, des différences se créent selon le type de sport pratiqué, les objectifs et d’autres indicateurs (maintien musculaire, perte de poids ou encore sexe, morphologie, etc.)
Pour calculer et ajuster ses besoins journaliers, la professionnelle invite à consulter un professionnel de santé pour éviter, autant les excès inutiles que les insuffisances dans son alimentation.



















