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Consommation : Non, le Royaume-Uni n’a pas fait la promotion de la viande humaine cultivée
FAKE OFF•La vidéo en question explique que le Royaume-Uni serait en train de produire de la « viande humaine cultivée ». Mais il s’agit d’un faux documentaire construit sous la forme d’une satireLina Fourneau
Et si l’avenir de la barbaque résidait moins dans le végétarisme que dans la culture d’une autre viande ? D’après une publication devenue virale sur Facebook, le Royaume-Uni ferait actuellement la promotion « de la viande humaine cultivée en laboratoire ». Ce serait, selon les internautes, une façon de réduire « la crise du coût de la vie ». « La bonne grosse fenêtre d’Overton », insiste la publication… faisant référence à une théorie visant à faire accepter l’inacceptable au sein d’une société.
La publication s’appuie surtout sur la vidéo d’un homme, filmé au milieu des rayons d’un supermarché. Selon lui, la viande devenant de plus en plus coûteuse, il existerait une solution moins coûteuse : une viande « faite d’humains pour les humains ». Elle serait commercialisée par l’entreprise Good Harvest et coûterait seulement 99 centimes. En plus de son prix cassé, la viande aurait même plus de goût. Plus tard dans la vidéo, l’homme - qui s’appellerait Gregg Wallace - va visiter une usine de fabrication où un homme est disséqué sur une table d’opération pour récupérer des tranches de chair. Les images sont peu ragoûtantes, mais elles n’ont rien de vraies. 20 Minutes vous raconte pourquoi.
FAKE OFF
A la fin de la vidéo, un nom apparaît : « The british miracle meat ». Comprenez « le miracle de la viande anglaise » en français. En réalité, il s’agit d’un faux documentaire prenant la forme d’une satire. Dans The Guardian, le documentaire est décrit comme « l’une des parodies les plus audacieusement satiriques jamais diffusées à la télévision britannique ». Gregg Wallace, lui, est un présentateur télévisé qui s’est notamment fait un nom en présentant l’émission Master Chef. Après sa diffusion sur Channel 4, fin juillet, le faux documentaire aurait même reçu des dizaines et des dizaines de signalements auprès du régulateur britannique des médias, l’Ofcom, l’accusant de faire la promotion du cannibalisme. La plupart auraient pris au mot le documentaire, sans y voir la moindre satire.
En réalité, tout est construit pour se moquer des évolutions de la société. Filet pour cheveux sur la tête, Gregg Wallace visite notamment l’usine de l’entreprise Good Harvest, où « six tonnes de viande humaine artificielle » seraient produites chaque jour. Mais l’entreprise Good Harvest n’existe pas et n’est autre qu’un groupe de musique. Un faux site de l’entreprise avait tout de même été créé, mais n’existe plus aujourd’hui.
« Je me sens en colère contre l’injustice »
Auprès de la BBC, le directeur du programme a souhaité revenir l’ambition de documentaire critiqué dès sa diffusion. Le tout était de « faire la satire de la façon dont la misère du coût de la vie est devenue normalisée ». « Je me sens en colère contre l’injustice de notre pays et contre le fait qu’il soit horrible que nous acceptions cet état de choses […] En plus de cibler l’establishment, nous nous moquons également du fait que les documentaires télévisés peuvent être très superficiels. Les présentateurs ne posent pas de questions difficiles et les détails problématiques sont rapidement ignorés », poursuit-il.
Mais surtout, le but n’était pas de tromper le téléspectateur. « Certains pensaient que c’était crédible. Et leur réaction prouve notre point de vue : si les gens pouvaient croire que c’était réel, cela montre à quel point les choses sont devenues sombres », a-t-il encore déclaré auprès du média britannique.
En réalité, le documentaire s’inspire - voire parodie - un autre essai A modest Proposal ( « Modeste proposition » en français) de l’écrivain Jonathan Switch, publié en 1729. « Pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande de devenir un fardeau pour leurs parents ou leur pays, et pour les rendre bénéfiques au public », l’auteur explique que les parents pauvres devraient offrir la chair de leurs enfants aux plus riches.


















