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« Je ne peux pas le chouchouter et en dévorer d’autres »… Ils sont devenus végés ou végans après avoir adopté un animal

votrev vie votre avisPour certains, l’adoption d’un animal a été le déclencheur d’une prise de conscience qui les a menés au végétarisme, voire au véganisme
Pour certains, l'adoption d'un animal de compagnie est une étape vers le végétarisme ou le véganisme.
Pour certains, l'adoption d'un animal de compagnie est une étape vers le végétarisme ou le véganisme. - Alek B from Pixabay / Pixabay
Anissa Boumediene

Anissa Boumediene

L'essentiel

  • Manger moins de viande est une tendance qui gagne du terrain ces dernières années, et de plus en plus de personnes se définissent comme flexitariennes.
  • En revanche, seule une petite partie de la population française est végétarienne, voire végan.
  • Parmi cette portion, certains le sont devenus après avoir adopté un animal, déclenchant chez ces personnes une prise de conscience autour de la souffrance animale. Nos lecteurs et lectrices partageant ce cheminement racontent à « 20 Minutes » leur expérience.

Un bon burger, les grillades sur le barbeuc' ou des spaghettis bolo… Longtemps, rien ne leur a fait plus plaisir. Mais ça, c’était avant. Avant que l’amour ne les touche en plein cœur. Un amour qui les fait fondre à chaque fois qu’ils et elles croisent le regard de cette petite créature à poils ou à plumes, chat, chien ou poule, qui a changé leur regard sur la condition animale et la manière dont ils composent leur assiette.

Comment continuer à manger de la viande et du poisson quand on vit avec un animal que l’on aime comme son enfant ? Telle est la question que se posent des femmes et des hommes qui n’avaient jamais songé auparavant à passer à une alimentation pesco-végétarienne, végétarienne ou végane. Pourtant, ils l’ont fait, et racontent leur parcours à 20 Minutes.

« Les animaux ont des émotions »

Dans la famille d’Adeline comme dans beaucoup d’autres, un repas équilibré, c’était de la viande, avec un accompagnement. « Une assiette se composait obligatoirement d’une portion de protéine animale. Je charriais même mes potes végétariens parce que j’étais persuadée qu’on ne pouvait pas s'en passer. J’ai pourtant grandi avec des chats, et même si mes parents ont toujours mangé de la viande, ils m’ont élevée dans le respect des animaux : ils ne m’ont jamais emmenée au zoo ni faire du poney, jugeant que c’était participer à une forme d’exploitation animale. J’étais sensibilisée mais je ne me sentais pas concernée ».

Cela a duré jusqu’à la veille du second confinement, quand Adeline a adopté Ravy, un chaton aux longs poils roux et blancs. « En vivant avec lui, je me suis rendu compte qu’il avait des émotions, sa propre personnalité. J’ai commencé à me questionner sur mon rapport à la viande, à penser à ces pays où le rapport aux animaux n’est pas le même, où certains considèrent une vache comme sacrée et d’autres où on peut manger du chien ou du chat. De là, je me suis demandé qui peut décider quel animal on peut manger ? S’il m’est impensable de manger mon chat, pourquoi serait-il plus acceptable de manger du porc ou du bœuf ? »

« Ne pas cautionner les pratiques de l’élevage industriel »

Une réflexion partagée par Véronique *, 56 ans : « il y a quatre ans, peu après avoir adopté un adorable chien senior, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus continuer à manger des animaux, ni à cautionner les pratiques de l’élevage industriel et des abattoirs. J’ai pris conscience qu'ils ont des individualités et que cela ne se limite pas aux seuls animaux domestiques ». De la même manière, c’est après avoir adopté « Red Cherry, une petite Cavalier King-Charles », qu’Aurélien*, 48 ans, a remis en question son goût pour la viande. « Quatre mois après son entrée dans ma vie, je me suis dit que je ne pouvais pas chouchouter mon animal et en dévorer d’autres. C’était incohérent, injuste et abominable. Ce changement a été une évidence, au point de regretter de ne pas y avoir songé plus tôt ».

Ce même cheminement, Anna*, 32 ans, l'a eu après avoir adopté des poules, dont « certaines de réforme [utilisées dans un élevage industriel de poules pondeuses et remplacées par un nouveau lot] qui ont subi des horreurs et qui sont pourtant tellement affectueuses. En outre, j’habite à quelques pas d’un élevage de chèvres, où elles naissent dans un hangar, y passent toute leur misérable vie entassées, à produire du lait pour les fromages, sans jamais voir le ciel ni fouler la terre, avant d’être tuées pour être transformées en saucisson. De quoi me convaincre de devenir végétarienne ». Des motivations largement partagées : selon un sondage Ifop pour France Agrimer publié en mai 2021, « les végétariens, végans et pesco-végétariens le font avant tout dans le souci de la cause et du bien-être animal : 68 % évoquent les conditions d’élevage et d’abattage, et 63 % déclarent l’avoir fait car ils pensent qu’il est cruel d’élever les animaux pour les tuer ».



« J’ai commencé par réduire la viande »

Si pour Véronique, « devenir végétarienne s’est fait très simplement, en un week-end », pour d’autres, cela demande un temps d’adaptation. A l’instar de Mélanie *, 30 ans, qui a toujours eu des chats. « J’ai commencé par réduire ma consommation de viande, puis quand j’ai pris mon appartement et adopté mon chat il y a cinq ans, j’ai cessé d'en consommer chez moi, avant d’arrêter totalement en 2020. Aujourd’hui, je suis pesco-végétarienne. Je ne cuisine pas plus qu’avant, il y a de plus en plus d’options végétales au supermarché, bien moins chères que la viande ».

Comme elle, Adeline y est allée par étapes : « Je pensais que ce serait dur, mais j’en suis arrivée à un stade où la viande me dégoûte, je l’ai éliminée depuis plusieurs mois ». Ce « dégoût pour la viande est évoqué par 43 % des végétariens, végans et pesco-végétariens », observe le sondage Ifop. Adeline poursuit sa transition alimentaire et « essaie d’arrêter totalement le poisson, mais c’est plus dur ». Un nouveau régime qui a poussé cette femme de 37 ans à revoir son alimentation au quotidien. « Avant je commandais, j’allais chez le traiteur, mais aller vers le végétarisme m’oblige à cuisiner comme jamais, donc à manger plus sainement. C’est un peu plus compliqué pour trouver des restaurants proposant des alternatives végés sympas, et pas juste une assiette de légumes ou des frites. Idem à la cantine où je déjeune, relève la professeure des écoles : sans viande, l’assiette se résume souvent à du riz ou des petits pois carottes. Il y a des efforts à faire ».

« J’ai arrêté de manger des cadavres, mais aussi du miel »

Aurélien, lui, a « d’abord opté pour le végétarisme. Ma transition de végétarien à vegan s’est faite progressivement, en un an et demi, et ç’a été très facile : il n’y a aucun dérivé animal que j’ai eu du mal à cesser de consommer, et après avoir arrêté de manger des cadavres, les produits laitiers, les œufs et le miel n’ont plus jamais trouvé leur place chez moi ». Pourquoi le miel ? « Un peu comme pour les poules : on enferme les abeilles, on les utilise afin qu’elles produisent plus et lorsqu’elles meurent d’épuisement, on les remplace. Comment pouvais-je continuer à en manger ? »

Féru de cuisine, Aurélien a appréhendé sa transition végane « comme un challenge, pour adapter des recettes traditionnelles en version végétale, comme mon tiramisu, que mon entourage adore ! A tel point que plusieurs proches sont devenus végans. De manière générale, tout le monde a très bien réagi ». Une compréhension que Mélanie a aussi observée : « cela demande juste de revoir le menu lors des réunions de famille ».

Comme Aurélien, Adeline aimerait devenir végan, « d’ici un an ou deux, le temps de maîtriser toutes les alternatives ». Grâce aux conseils d’amis, la jeune femme découvre une nouvelle manière de cuisiner, « n’achète plus de laits, yaourts et fromages d’origine animale et maîtrise la recette des pâtes à la carbo vegan. La prochaine étape, c’est de m’en passer à l’extérieur, mais aussi d’arriver à cuisiner sans œufs, et de ne plus manger de miel ». Une évolution née de la rencontre avec son chat, « au point que s’il disparaissait, cela me poserait un problème éthique d’en adopter un autre dans mon petit appartement. Désormais, ce serait en contradiction avec mes convictions ».

* Le prénom a été modifié

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